Accès au contenu
Alpes Sud Isère

Le plein d'idées pour le prochain contrat de développement

Desserte forestière, exploitation, transformation et commercialisation des bois... Le débat sur « le rôle des territoires dans le développement de la filière bois » organisé le 19 novembre à Vizille dans le cadre du forum forêt et filière bois du contrat de développement Alpes Sud Isère a balayé l'ensemble des champs d'intervention publique dans la filière. Autant d'idées pour le prochain plan d'actions, à partir de 2012.
Le plein d'idées pour le prochain contrat de développement
« Le rôle des territoires dans le développement de la filière bois », tel était le thème principal du forum forêt et filière bois organisé le 19 novembre à Vizille par le contrat de développement Alpes Sud Isère en réunissant l'ensemble des partenaires du secteur*. « Nous ne partons pas de rien, a d'abord rappelé Emmanuel Serre, maire de Beaufin et co-président de la commission forêt du contrat de développement. L'objectif est de mettre l'accent sur ce qui marche et d'identifier ce qui pourrait fonctionner chez nous afin de préparer le prochain contrat de développement ».
Chargé d'aiguiller quelque six millions d'euros de subventions de la Région et du Département sur des projets de portée intercommunale concernant l'ensemble des aspects de la vie quotidienne (activité économique, transport, environnement...) depuis 2006, le contrat de développement Alpes Sud Isère a en effet commencé à évaluer les résultats de son premier programme d'actions, qui se poursuit jusqu'à la fin de l'année prochaine.
Déjà de nombreuses réalisations
Même si le développement de la filière bois n'était qu'une des six actions de valorisation des ressources locales retenues dans le contrat signé en 2005, le chargé de mission forêt et filière bois d'Alpes Sud Isère, Lionel Courtois, a listé de nombreuses réalisations ayant bénéficié du soutien du contrat de développement : le schéma de desserte forestière du Sud grenoblois, le plan d'approvisionnement territorial, la charte forestière et le pôle bois du Trièves, la coupe à câble qui vient d'avoir lieu à Oz-en-Oisans, le projet de réseau de producteurs de plaquettes forestières porté par la chambre d'agriculture, Coforêt et Coop de France...
« Ce qu'il faut souligner à partir de ces exemples, c'est que l'obtention d'une aide régionale par l'intermédiaire du contrat de développement donne accès à d'autres sources de financement. L'effet levier joue à plein, notamment pour mobiliser des crédits européens », a commenté Lionel Courtois. Un premier rôle à jouer pour les collectivités dans le domaine du développement de la filière bois était ainsi mis en évidence.
Des actions tous azimuts dans le Trièves
Mais c'est l'exemple de la charte forestière du Trièves qui a permis de prendre toute la mesure de l'étendue des champs d'intervention possibles. « Dans la foulée de la mise en place d'un Agenda 21 et de la réalisation d'un diagnostic forestier, l'une des premières actions, il y a cinq ans, a été d'actualiser le schéma de desserte, a raconté son animateur, Thibault Bécourt, employé par le syndicat d'aménagement du Trièves. Nous avons ensuite contacté les propriétaires forestiers pour leur proposer de regrouper leurs parcelles.
L'enjeu sur l'aval était également fort, dans la mesure où le bois utilisé dans le territoire était rarement produit sur place. Nous avons donc créé un pôle d'excellence rurale sur le bois énergie et nous soutenons l'action de valorisation du bois construction menée par Bois des Alpes. Un bureau d'études a aussi été mandaté pour prendre des contacts commerciaux. Voilà pour le volet économique.
Au-delà, la charte forestière soutient l'association Bâtir autrement et la manifestation de cyclotourisme « Des racines et des cimes », organisée par la maison du mont Aiguille. C'est aussi dans le cadre de la charte forestière que nous avons mené une étude sur les zones humides et que nous réfléchissons avec le conseil général aux espaces naturels sensibles qui pourraient être créés dans le territoire. »

Les approches plus spécialisées également intéressantes
Complète, la charte forestière du Trièves a surtout le mérite de « créer une émulation, selon Thibault Bécourt. Dans le domaine environnemental par exemple, le lien a été fait avec l'étude sur les corridors biologiques et le diagnostic biodiversité, qui pourraient déboucher sur un plan d'actions quinquennal soutenu par la Région Rhône-Alpes ».
Portée par l'agence de développement économique de l'arrondissement d'Albertville, l'autre charte forestière présentée lors du forum : celle d'Arlysère et du val d'Arly (en Savoie), s'est largement spécialisée dans l'accompagnement des entreprises de transformation du bois. « Même si toute une partie de ces entreprises sont de simples poseurs de bois, qui ne s'impliquent pas dans la structuration de la filière et se contentent de construire en important du bois au plus bas coût, cette charte a un effet indéniable sur l'amont, dans la mesure où le soutien public est conditionné à l'approvisionnement en bois local », a expliqué Jean-Luc Chenal, de Coforêt.
Une urgence : le plan régional de développement forestier
Axée sur la création des plans pluriannuels régionaux de développement forestier (PPRDF) par la dernière loi de modernisation de l'agriculture, l'intervention d'Olivier Périn, conseiller en développement forestier de la chambre d'agriculture, a, quant à elle, souligné l'urgence de définir des priorités afin de tirer le meilleur parti possible de ces nouveaux crédits à destination de la forêt. « Le caractère relativement modeste des financements en question (520 000 euros en 2011 ; 680 000 en 2012) oblige à cibler les actions. Par ailleurs, les critères définis par la loi (massifs de plus de 100 hectares et moins de 500, comprenant au maximum un tiers de feuillus et présentant des difficultés particulières en termes d'accès ou de morcellement par exemple) excluent un grand nombre de zones forestières, a détaillé le technicien. Mais, en Isère, nous voulons également prendre en considération les autres secteurs ». Les PPRDF devant être opérationnels au mois de mars prochain, les collectivités locales ont un nouveau dossier forestier urgent à traiter.
Cécile Fandos
* Les propriétaires forestiers privés, l'office national des forêts, les communes forestières, mais aussi l'association pour le développement de l'agriculture dans l'Y grenoblois (Adayg), Bois des Alpes, la chambre d'agriculture de l'Isère, Coforêt, la compagnie de chauffage de l'agglomération grenobloise, Créabois...