Accès au contenu
Visite préfectorale à Chatte

Le Préfet sensibilisé aux contraintes rencontrées par les nuciculteurs

Expliquer sans cesse à de nouveaux interlocuteurs les contraintes rencontrées au quotidien fait partie des missions que doivent se fixer de nombreux organismes agricoles. La filière nucicole vient de le faire en accueillant le préfet Eric Le Douaron, à Chatte, au sein de la Senura.
Le Préfet sensibilisé aux contraintes rencontrées par les nuciculteurs
C'est à une opération de communication que se sont livrés les principaux responsables de la filière nucicole vis-à-vis du préfet de l'Isère, Eric le Douaron, la semaine dernière à Chatte. Les représentants de l'Etat changeant assez régulièrement, les dirigeants des différentes organisations agricoles (OPA) ont à coeur de les inviter rapidement sur des sites importants de l'agriculture iséroise afin de leur faire découvrir la réalité que chacun des élus professionnels est amené à défendre tous les jours, face à des interlocuteurs quelquefois éloignés de leurs préoccupations agricoles. Pour le préfet Le Douaron, ce n'est pas le cas. Même si son parcours professionnel n'a pas été spécifiquement agricole, l'homme connaît bien, par son entourage proche, le milieu paysan. Il se sentait donc à l'aise et intéressé par la visite du pôle agricole constitué à Chatte autour de la noix et de l'enseignement.
Yves Borel, président du CING, Pierre Gallin-Martel, président de l'AOP Dynamic noix, Jean-Luc Revol et Gérard Seigle-Vatte, co-présidents de la Senura, ont expliqué tour à tour le rôle de leurs organismes et les difficultés rencontrées par les inflexions de la politique agricole nationale.

Campagne publicitaire

Yves Borel a rappelé les efforts considérables de restructuration de l'AOC Noix de Grenoble menés actuellement par le CING. Un sujet en pleine actualité, puisque la récolte vient de se terminer, et que l'on peut entendre tous les jours, à la radio (France Inter en l'occurrence) des spots publicitaires vantant les mérites de la noix. « Notre souhait est d'accroître la notoriété et la consommation de noix de Grenoble en France, rapelle-t-il, même si l'année connaît un aléa de production important ». Selon les secteurs, la chute des volumes oscillerait entre 25 et 40%, mais une campagne publicitaire doit être calée, presque un an à l'avance. « Le marché est là, insiste le président, et il est difficile de le tenir l'année suivante lorsque l'on a un déficit de production, mais il faut faire avec ».
La filière avance quand même, tant au niveau régional que national, comme l'a souligné Pierre Gallin-Martel, au titre de l'AOP nationale qu'il préside. « Elle regroupe les deux tiers de la surface des vergers en France et doit piloter la stratégie commerciale de la production de noix en AOP » décrit-il. Mais il regrette immédiatement la suppression des crédits à la recherche opérée de la part de l'Etat car « elle est dommageable à la recherche variétale, alors qu'une collection importante de 300 hybrides existe à Bordeaux ». La profession a pris en charge le portage de cette recherche, mais elle ne pourra pas le faire longtemps de l'avis de l'ensemble des responsables présents.
Revenant au local, Pierre Gallin-Martel a également brossé rapidement le portrait de Coopénoix qu'il préside et qui commercialise 45 % de la production de noix de Grenoble (et emploie 18 salariés permanents).

La recherche et l'expérimentation sont fondamentaux

Pour sa part, Jean-Luc Revol a décrit l'activité de la Senura depuis sa reprise par la profession en 1993. Et de rappeler que le développement et la recherche sont les axes centraux de son activité. « La véritable avancée est d'avoir réussi à fédérer les acteurs de la recherche et ceux de l'expérimentation, c'est fondamental » avance de son côté Gérard Seigle-Vatte. Au cours de la visite de l'atelier de tri et de séchage de la Senura, Philippe Pascal, membre de son conseil d'administration, a tenu à sensibiliser le représentant de l'Etat aux problèmes posés par la mouche du brou. « Aujourd'hui, on ne pourra plus éradiquer la présence de ce parasite, il faut vivre avec. Il faut donc revenir à un traitement à la parcelle, estime-t-il, surtout que les reproches des riverains augmentent d'année en année, lorsqu'ils nous voient traiter ». Autrement dit, une évolution de la réglementation en la matière est nécessaire.
Jean-Marc Emprin