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Emploi

Le recrutement des cadres à la hausse

Le recrutement des cadres était à la hausse en 2017 et le sera également en 2018, selon l’enquête annuelle menée par l’Apec.

Le recrutement des cadres à la hausse

« Aujourd'hui, on a atteint un niveau excessivement haut de recrutement dans toutes les régions françaises en termes de prévision.» Patricia Ozil, responsable de centre à l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) présente les résultats de l'enquête annuelle menée auprès de 11 000 entreprises, dont 1 294 en Auvergne-Rhône-Alpes à propos du recrutement des cadres. Depuis cette année, le panel ne se limite plus aux entreprises privées : il intègre également les entreprises qui ont une participation de l'Etat.

Plus de 240 000 cadres ont été recrutés au niveau national en 2017 soit +10% par rapport aux prévisions annoncés dans le précédent panel, +23% en région Auvergne-Rhône-Alpes soit 27 810 cadres recrutés. Ce sont 53 800 nouveaux postes de cadres créés au niveau national, 8 650 dans la région. Concernant les fonctions, le top 3 change peu : l'informatique, représentant 23% des recrutement en 2017, les études recherche et développement avec 19%, et le secteur commercial avec 17% des recrutements de cadres. Les secteurs porteurs changent peu également : les services recrutent le plus, représentant 65% de recrutement, suivis par l'industrie (20%), le commerce (8%) et la construction (6%). « L'industrie réinvestit. Ce n'était pas le cas avant. On voit un changement dans le niveau de confiance », détaille Pascale Ozil.

En revanche, 241 400 cadres, soit +10%, sont partis en raison d'une démission, d'un licenciement ou d'un départ à la retraite au niveau national, 25 220 cadres au niveau régional soit +13%.

Changer de profil

Cette belle lancée devrait se poursuivre en 2018. En France, entre 248 000 et 271 000 recrutements sont prévus, soit une évolution entre +3 et 13%. Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes,  28 950 à 31 840 recrutements sont attendus soit une évolution entre +4 et +14%. « On pense que cela devrait continuer sur le long terme car il y a des compétences que les entreprises n'ont pas en interne, notamment en raison de la digitalisation. Mais il y a toujours des éléments que l'on ne maîtrise pas comme un effondrement de la bourse... » explique Pascale Ozil. Malgré une hausse générale, une disparité perdure entre les deux anciennes régions : 94% des futurs recrutements des cadres auront lieu en Rhône-Alpes contre 6% en Auvergne. L'Isère est le département le mieux orienté pour 2018 avec 18% des entreprises qui prévoient de recruter contre 2% qui pensent diminuer le nombre de cadres.

Selon Patricia Ozil, le problème principal se porte avant tout sur les profils recrutés. « Les entreprises courtisent toujours les mêmes profils. On doit éduquer les entreprises à aller chercher des profils différents de ceux qu'ils espéraient en recrutant des jeunes sortis d'écoles ou des personnes avec plus de 10 ans d'expérience. » 30% de recrutements de 2017 étaient de jeunes cadres ayant entre 1 et 5 ans d'expérience, contre 21% pour ceux qui ont moins d'un an d'expérience, seulement 5% pour ceux qui ont plus de 20 ans d'expérience. Pour les secteurs en émergence, tel que l'intelligence artificielle ou a réalité virtuelle, le problème est autre : « Il y a dans certains secteurs des difficultés de recrutement non pas par manque de volonté mais par pénurie de main d'œuvre. Les secteurs les plus porteurs ont aussi les plus fortes difficultés de recrutement. »

Virginie Montmartin