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Alpes sud Isère

Le regroupement des propriétaires forestiers a commencé

Toutes les forêts privées de l'Oisans, Matheysine et Trièves sont concernées par la nouvelle association de gestion forestière créée l'an dernier. Objectif : gérer durablement l'ensemble de ce patrimoine végétal.
Le regroupement des propriétaires forestiers a commencé

Dans l'Oisans, le Trièves et la Matheysine, les conditions pour une bonne gestion de la forêt sont en train de se mettre en place. C'est en tout cas ce que considère l'ASLGF Alpes Sud-Isère (Association syndicale libre de gestion forestière), présidée par Patrick Chion. Cette nouvelle association vient de tenir son assemblée générale à Saint-Martin-de-Clelles, fin janvier.

Grande surface

Créée il y a moins d'un an, la structure prend peu à peu ses repères. Aujourd'hui, elle regroupe 211 hectares de forêt répartis entre 44 propriétaires, mais son potentiel, lié à la surface qu'elle souhaite couvrir (70 communes) est beaucoup plus important. Ce point a été fortement discuté lors de la rencontre ; René Sabatier, ingénieur du CRPF (1) pour l'Ain et l'Isère, a attiré l'attention de ses interlocuteurs dessus. « La surface concernée est vaste ce qui peut faire perdre de l'efficacité dans la volonté de regroupement. Il est nécessaire de trouver des cohérences locales et des massifications des actions, avance-t-il. L'ASLGF des Bonnevaux est étendue elle aussi, mais on y a affaire quasi exclusivement qu'à du taillis de châtaignier. Dans Alpes Sud-Isère, nous avons une diversité d'essences. »

Dans sa phase de lancement, l'ASLGF s'appuyant sur l'AFTBM (2), a créé un noyau dur essentiellement réparti sur cinq communes (Gresse, Le Gua, Saint-Baudille, Saint-Guillaume et Saint-Michel). Mais Patrick Chion insiste sur « la volonté de gérer globalement et durablement la ressource par massif, qui en s'étendant des abords de Grenoble à l'Oisans en passant par le Trièves et la Matheysine, offre une plage de travail pour les acteurs de la filière intéressante car bien étagée en altitude ». « Nous redonnerons du pouvoir aux propriétaires forestiers par la densification de l'offre », martèle-t-il. Cela passe par la mise en place d'un plan simple de gestion (forestière) qui va permettre de faire un état des lieux des parcelles des propriétaires adhérents, d'imaginer les objectifs qu'ils veulent atteindre puis de coordonner les actions (coupes ou travaux) destinées à gérer la forêt durablement.

Coupe à blanc puis reboisement

La rencontre a permis de faire apparaître une colère locale quant à la gestion actuelle de certaines parcelles dans le Trièves. Un propriétaire s'est fortement ému des coupes à blanc réalisées ces derniers temps par des acteurs locaux qui semblent oublier d'indiquer aux propriétaires de petites parcelles l'obligation de replanter ensuite. Ces opérations ont lieu dans le cadre de recherche de bois énergie, c'est-à-dire pour alimenter essentiellement la chaufferie de Grenoble. « Quand le travail de coupe est bien fait et le terrain laissé propre et en bon état, il est très facile de reboiser dans l'année qui suit », s'accorde à dire l'ensemble des spécialistes présents, en rappelant qu'une coupe à blanc ne se régénère pas toute seule. Alors même si le propriétaire a cinq ans pour replanter, l'attente joue en sa défaveur car cela lui coûtera plus cher, par les repousses incontrôlées et par les dégradations du terrain qui auront pu se produire dans ces zones en pentes, surtout si le déboisement n'a pas été fait proprement. Lorsqu'il est mis au courant, le CRPF envoie des courriers d'information aux personnes concernées, mais n'a aucun rôle répressif, que seul détient la DDT (3) pour l'application des arrêtés préfectoraux.

Le sujet pose la question de la réelle gestion des parcelles. Bois énergie et bois d'œuvre sont deux destinations complémentaires dans une parcelle bien gérée, la première permettant d'aboutir à la qualité de la seconde. Mais certains agissent par ignorance ou appât du gain immédiat, d'où la nécessité de mettre en place une gestion globalisée, tout en restant volontaire, de ce patrimoine local.

 

(1)  Centre régional de la propriété forestière

(2)  Association forestière Trièves-Beaumont-Matheysine

(3)  Direction départementale des territoires

Jean-Marc Emprin

En bref

Demande d'aide en cours

Une demande de subvention a été adressée à la région Rhône-Alpes pour aider la mise en place du plan simple de gestion concertée. Ce plan doit regrouper au moins 10 propriétaires et 25 hectares et faire l'objet d'un document de gestion.  La subvention régionale apporte 80% d'aide du coût d'intervention du prestataire plafonné à 10 000 euros ((HT) pour le projet.

 

 

Encadré

 

Gestion forestière / Pour gérer une parcelle, il faut savoir ce que l'on veut en faire. Le PSG aide la réflexion.

Concertation autour d'un plan

Le plan simple de gestion concertée (PSG) élaboré par le technicien de l'ASLGF (1) Alpes sud-Isère, Rémy Mallein, et le gestionnaire forestier professionnel Olivier Chandioux, va passer par plusieurs étapes.
La première va consister en un état des lieux de la forêt « regroupée », c'est-à-dire des parcelles des adhérents de l'association. Visite des parcelles, description des peuplements et du potentiel, estimation de la desserte et des problématiques locales (forêt de protection, usage en pâture ou cynégétique...) feront partie des éléments recherchés. Ensuite, la définition des objectifs envisagés par le propriétaire sera indiquée. « Il n'y a jamais une seule solution, indique Olivier Chandioux. Le travail permettra de rapprocher les objectifs individuels et de trouver une cohérence  générale de gestion ». Le prélèvement autonome de bois de chauffage freine quelquefois certains détenteurs de parcelles dans leur volonté d'adhésion à un PSG ou à l'ASLGF. « Il est tout à fait possible de le prévoir dans le document et cela ne constitue aucune entrave à la validité du plan », souligne René Sabatier, ingénieur du CRPF, garant du respect des bonnes pratiques sylvicoles dans le PSG. « Le PSG reste un document de description simple et rapide », confirme-t-il. Dans la souplesse d'application, il note que les coupes ou travaux prévus comportent un pas de temps de quatre ans dans leur réalisation afin de laisser une marge d'adaptation face aux contraintes climatiques ou factuelles.
Le PSG engage le propriétaire pour le temps prévu dans son contenu (au moins 10 ans), mais des avenants annuels sont possibles pour adapter les orientations. En cas de dévolution de propriété (vente ou succession) une information du nouveau propriétaire doit être réalisée.
JME