Le réseau au service de la création d'entreprise
« J'avais une idée simple à réaliser dans mes cordes », explique Julien Laigneau, le créateur de Métrocafé. Son projet, lancé en février 2016, a reçu le prix « Talent de l'économie » remis par le Club de la presse de Grenoble dans le cadre des Oscars de l'entrepreneuriat organisés par la CCI de Grenoble.
Le jeune homme travaillait dans la restauration mais désirait changer de voie. C'est lors d'un voyage à l'étranger qu'il découvre le concept de café ambulant. A Grenoble, cette offre de service de petits déjeuners en direction des usagers des transports en commun n'existait pas. Il suffisait de la créer. « J'ai étudié différents projets et j'ai fait le choix du plus concret et où j'avais un savoir-faire », déclare l'entrepreneur. « C'est une micro-entreprise auto-financée », poursuit-il. Il se lance avec l'achat d'un triporteur et demande les autorisations de stationner au niveau des arrêts de tram grenoblois Victor-Hugo et Chavant. L'affaire décolle avec succès, mais le créateur d'entreprise découvre rapidement qu'il peut développer un autre pan de son activité : le service traiteur sur site et les prestations évènementielles, qui vont du petit déjeuner à la pause café.
Soyez accompagnés
Si Métrocafé a su séduire une clientèle de particuliers métropolitains et des entreprises, c'est aussi parce qu'elle se veut éco-responsable. « Ce sont des produits bio et faits maison, le vélo ne consomme pas d'énergie, son bilan carbone est égale à zéro et le café est recyclé en jardinerie », précise-t-il. Mais surtout, « je connaissais un peu le marché du café », reprend Julien Laigneau. Il travaille avec la société Terra-Khawa, à Goncelin, qui propose un café d'Ethiopie selon une démarche « alter-responsable ». « C'est un café naturel et sauvage, cueilli à la main et qui permet le financement d'une maison d'insertion en Ethiopie », explique le cafetier ambulant. En Isère, Terra-Khawa travaille aussi avec un Esat pour le conditionnement du café. « Il n'a pas de label, ni bio, ni équitable, mais c'est une démarche magnifique », insiste Julien Laigneau.
Plus d'un an après la création de son activité, le jeune entrepreneur tire un bilan positif, même s'il reconnaît que son offre a connu un repositionnement. Il vend en moyenne 150 cafés par jour, le prix d'appel étant fixé à un euros, mais son activité est surtout portée par la prestation traiteur.« Ne foncez pas tout seul, soyez accompagné, il existe des organismes pour cela, conseille-t-il aux futurs créateurs. Il faut bien s'entourer ». Tous les lauréats des Oscars de l'entrepreneuriat ont en effet fait état de la qualité des réseaux locaux, notamment celui des chambres consulaires, qui permettent aux entreprises d'être accompagnées et de relever le défi de la création.
Isabelle Doucet
Témoignages
Les créateurs sont dans le concret
« Il faut un brin de folie pour créer », estime de son côté Delphine Chartron, la créatrice des articles de sécurité pour cyclistes Vasimimile. Elle a créé son entreprise en mai 2015 à Meylan et a été lauréate dans la catégorie Espoirs de l'économie. Son conseil : « Dans la vie, il faut faire ce qu'on a envie de faire. »Quant à Raphaël Meyer, le créateur de Lancey Energy Storage, le lauréat du prix Paul-Louis Merlin, qui a mis au point le premier radiateur avec une capacité de stockage, il déclare : « Ce n'est pas compliqué d'avoir une bonne idée. Il faut partir du bien-être et être dans le concret. C'est partir par exemple d'un truc aussi ringard qu'un radiateur électrique, mais qui correspond à une réalité ». Son appareil a en effet été accueilli avec enthousiasme par les bailleurs sociaux, dans le cadre de la lutte contre la précarité énergétique. « La quête de sens est l'épine dorsale d'un projet », reprend le lauréat.
La cuvée des Oscars de l'entreprises de la CCI était tellement jeune et enthousiaste que le dernier récompensé à cité le jeune Premier ministre canadien Justin Trudeau : « Les jeunes ne sont pas les leaders de demain, ils sont les leaders d'aujourd'hui ! ».