Le réseau fait un carton
« Faire d'un petit contretemps une opportunité ». Un simple commentaire émis suite au retard pris lors du déménagement de son entreprise qui lui a permis d'optimiser sa mise en place ? Pas seulement. Cela peut aussi résumer l'état d'esprit de Didier Madaire, le président de DPF groupe (Diffusion-Prestation-Fiabilité, 16 millions de chiffre-d'affaires, 80 salariés), société d'emballage en carton en pleine expansion. A l'occasion des 25 ans de l'entreprise et de l'inauguration de ses nouveaux locaux, cet homme de passion et de réseaux revient sur les piliers qui ont contribué au développement de la société qu'il a fondée en 1991. Pour ce patron de PME, le travail, le culot pour être capable de « dégoupiller » au bon moment, et la curiosité pour « générer l'enthousiasme, puis l'adhésion » sont indispensables.
Vous êtes très impliqué dans le milieu du rugby. Est-ce uniquement par passion du jeu ?
Je suis tombé dans le rugby quand j'avais huit ans. Je n'en suis jamais sorti, même lorsque j'ai arrêté ma carrière de rugbyman, au moment où j'ai créé mon entreprise. Si je suis passionné par ce sport, j'estime aussi que c'est une belle école de la vie, avec des valeurs telles que le travail en équipe, l'humilité, le goût de l'effort, le sens des responsabilités, ou la convivialité, qui sont aussi importantes lors d'un entraînement, ou lors d'un match, que dans le quotidien d'une entreprise. D'ailleurs tout le management que je mets en œuvre au sein de ma société repose sur ces qualités.
Vous êtes président du cercle 1892(1), de Rhône-Alpes Packaging(2), auparavant de l' Unirv (Union des industries de la région voironnaise). Que vous apporte la culture du réseau ?
J'ai toujours aimé cela. Cultiver son réseau permet de rencontrer d'autres personnes que celles que l'on peut avoir l'habitude de côtoyer, de nouer de nouvelles relations. C'est une richesse. Que ce soit au niveau personnel ou professionnel. On ne le fait pas pour ça, mais cela peut aider. Cela permet aussi de sortir le chef d'entreprise de l'isolement. Car il est parfois difficile de relever la tête. Cela aide à se rendre compte que nous ne sommes pas seul à rencontrer les mêmes problématiques. Le développement d'un réseau au sein de mon secteur d'activité, via notamment Rhône-Alpes Packaging et ACDC Packaging(3), nous permet de jouer la carte de la complémentarité plutôt que celle de la concurrence. Avec ACDC Packaging, nous avons regroupé nos expertises de façon à pouvoir répondre à de gros donneurs d'ordres sur une offre plus large. Cela nous ouvre de nouveaux débouchés.
Pratiquez-vous cette ouverture vers d'autres secteurs d'activités ?
Absolument. L'échange avec différents corps de métier permet d'acquérir d'autres expériences. Que ce soit en matière de management, de démarche environnementale, de sécurité des personnes au travail, de conduite de l'entreprise. Et dans le domaine de l'innovation, les échanges avec des entreprises d'autres secteurs tels que la plasturgie, la découpe..., contribuent à percevoir des particularités qui permettent d'être plus performant. En connaissant les expertises de chacun, nous arrivons à proposer des solutions plus adaptées à leurs besoins.
(1) Le Cercle 1892, est un réseau économique qui rassemble une centaine d'entreprises partenaires du FCG Rugby.
(2) Premier pôle français de l’emballage, Rhône-Alpes Packaging compte une trentaine de PME - PMI de la filière Emballage. Le développement d'axes nouveaux de production autour de projets collectifs tournés vers la conquête de nouveaux marchés et l’amélioration de leur performance est leur objectif.
(3) ACDC Packaging rassemble les sociétés DPF, Pack up et Cotte Emballage.