Le rêve du neuf, la désaffection de l'ancien
Le désir d'accession à la propriété est intact. Les taux d'intérêts des prêts immobiliers sont au plus bas (« historiquement bas » même, dit-on, tous les mois dans le milieu à chaque nouvelle baisse du point). Et pour autant, les primo-accédants à la propriété ne sont pas plus nombreux. Au contraire, ils deviennent même de plus en plus rares, faisant naître la crainte d'un engourdissement du marché d'ici dix ans.
Un accroissement des friches de l'habitat
Les politiques de soutien à la construction, qui se sont succédées depuis la crise de 2009, ont conduit à la création d'une situation quelque peu anarchique. La qualité des logements neufs n'a cessé de s'accroître (notamment en terme de performance énergétique), mais leur prix aussi, de façon à ce que ces biens deviennent inaccessibles aux primo-accédants. Et, en parallèle, il existe pléthore de biens issus du parc immobilier des années 1960, mais qui, contrairement aux logements neufs, sont de véritables « passoires énergétiques ». Au décès de leur propriétaire historique, il sera probablement très difficile de leur trouver des successeurs. « On connaîtra alors un accroissement des friches de l'habitat », craint maître Gabriel Nallet, notaire à Grenoble et délégué à la communication de la chambre des notaires. Pour tenter de pallier ce problème, le professionnel préconise qu'à chaque construction de logement neuf, on associe la rénovation d'un logement ancien.
Des lots de 350 mètres carré
Si le rêve de la maison individuelle a la vie dure, ses caractéristiques ne sont plus les mêmes qu'auparavant. « Ce rêve reste un idéal bien français, mais il a évolué. Il y a dix ans, personne n'aurait osé proposer un lot à la construction de 350 mètres carré. Aujourd'hui, non seulement, cela ne pose pas de problème, mais en plus, ces terrains trouvent un acquéreur », explique maître Nallet. « En particulier dans les zones péri-urbaines, car les accédants à la propriété n'ont plus la volonté de passer leur week-end à tondre la pelouse et à tailler la haie ».