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Immobilier

Le rêve du neuf, la désaffection de l'ancien

A l'occasion des rencontres des acteurs du foncier, organisées le 14 novembre à Voiron, maître Gabriel Nallet, notaire à Grenoble et délégué à la communication de la chambre des notaires, a livré ses impressions concernant les évolutions du marché immobilier isérois.
Le rêve du neuf, la désaffection de l'ancien

Le désir d'accession à la propriété est intact. Les taux d'intérêts des prêts immobiliers sont au plus bas (« historiquement bas » même, dit-on, tous les mois dans le milieu à chaque nouvelle baisse du point). Et pour autant, les primo-accédants à la propriété ne sont pas plus nombreux. Au contraire, ils deviennent même de plus en plus rares, faisant naître la crainte d'un engourdissement du marché d'ici dix ans.

Un accroissement des friches de l'habitat

Les politiques de soutien à la construction, qui se sont succédées depuis la crise de 2009, ont conduit à la création d'une situation quelque peu anarchique. La qualité des logements neufs n'a cessé de s'accroître (notamment en terme de performance énergétique), mais leur prix aussi, de façon à ce que ces biens deviennent inaccessibles aux primo-accédants. Et, en parallèle, il existe pléthore de biens issus du parc immobilier des années 1960, mais qui, contrairement aux logements neufs, sont de véritables « passoires énergétiques ». Au décès de leur propriétaire historique, il sera probablement très difficile de leur trouver des successeurs. « On connaîtra alors un accroissement des friches de l'habitat », craint maître Gabriel Nallet, notaire à Grenoble et délégué à la communication de la chambre des notaires. Pour tenter de pallier ce problème, le professionnel préconise qu'à chaque construction de logement neuf, on associe la rénovation d'un logement ancien.

Des lots de 350 mètres carré

Si le rêve de la maison individuelle a la vie dure, ses caractéristiques ne sont plus les mêmes qu'auparavant. « Ce rêve reste un idéal bien français, mais il a évolué. Il y a dix ans, personne n'aurait osé proposer un lot à la construction de 350 mètres carré. Aujourd'hui, non seulement, cela ne pose pas de problème, mais en plus, ces terrains trouvent un acquéreur », explique maître Nallet. « En particulier dans les zones péri-urbaines, car les accédants à la propriété n'ont plus la volonté de passer leur week-end à tondre la pelouse et à tailler la haie ».

Isabelle Brenguier

Des accédants plus âgés

Les primo-accédants acquièrent leur bien de plus en plus tard : à l'âge de 37,4 ans aujourd'hui, contre 32,7 ans en 2004. Avec des revenus plus élevés (dans l'Est de la France, les ménages qui sollicitent un prêt auprès des banques disposent en moyenne de 4 300 euros de revenus nets, quand les Franciliens avancent 6 462 euros, et les Parisiens 7 998 euros). Et un apport personnel plus important (35 000 euros en 2004, un peu plus de 50 000 euros en 2010, et 68 808 euros aujourd'hui), dont une partie non négligeable provient de la solidarité familiale.
Source : Etude réalisée par le courtier en crédit immobilier Meilleurtaux.com en novembre 2014