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Impressions

Le saint-marcellin ne veut pas être copié

Les producteurs de saint-marcellin partagent les mêmes problématiques que d'autres AOP, notamment l'utilisation abusive de signes de qualité. Le sujet a été abordé lors de l'assemblée générale du Cnaol*.
Le saint-marcellin ne veut pas être copié

Les copies de sacs à main ou autres produits de luxe sont monnaie courante. Dans le milieu des fromages, cela surprend davantage. Pourtant l'utilisation abusive des AOP ou des IGP se pratique aussi. Au grand dam de Bruno Neyroud, président du Cism (Comité pour le saint-marcellin), qui a déjà fait ce constat d'usurpation du saint-marcellin à différentes reprises. L'évocation de ce sujet lors de l'assemblée générale du Conseil national des appellations d'origine laitière (Cnaol) le 30 septembre, à laquelle il a participé l'a donc intéressé au premier chef. « Certains n'hésitent pas à utiliser le format et l'image du saint-marcellin, cherchant à faire passer un fromage non labellisé pour un IGP. Cela pose problème », explique Bruno Neyroud. « Nous avons pu constater une différence de fonctionnement entre les services de répression des fraudes italiens et la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). En Italie, dés qu'un constat d'usurpation est réalisé, le produit est retiré de la vente. En France, avant de pouvoir le faire, il faut respecter toute une procédure, étape par étape, qui prend beaucoup de temps et qui permet aux fraudeurs de s'installer sur le marché. Il faudrait pouvoir améliorer cela ». D'autant que la pratique ne semble pas être si marginale. Sur 35 AOP, 35% savent qu'elles ont déjà été copiées à un moment ou à un autre.

Origine France

Grâce aux changements de statut de la Fnaop (Fédération nationale des appellations d'origine protégée), qui compose avec l'Anaof (Association nationale des appellations d'origine laitière française) le Cnaol, le Cism va pouvoir adhérer à l'association. Une satisfaction pour Bruno Neyroud, qui reconnaît qu'il sera intéressant de partager ce type de problématiques. « Notre IGP se rapproche davantage d'une AOP fromagère, qui a, comme elle, une zone identique entre la production et la transformation, que des autres IGP. C'est essentiel que nous puissions adhérer », estime-t-il. L'obligation pour les produits d'afficher l'origine France est un autre sujet que la profession devra suivre. « Il semble qu'il y ait une dérogation pour les AOP. Nous souhaiterions nous y soustraire aussi dans la mesure où nous avons les mêmes exigences qu'une AOP en matière de zone de production », explique Bruno Neyroud.

 

* Conseil national des appellations d'origine laitière

IB