Le sens du contact
« En Belledonne, les producteurs sont peut-être davantage à l'écoute de la marque Is(h)ère parce que les exploitations sont souvent en circuit court et en vente directe », explique Jacqueline Rebuffet, vice-présidente de la chambre d'agriculture et éleveuse à Laval. Au comice des Balcons de Belledonne, qui s'est déroulé dimanche dernier à Sainte-Agnès, les discussions allaient bon train autour des stands de producteurs, habitués à aller à la rencontre des consommateurs dans leurs exploitations, sur les marchés ou dans les points de vente collectifs. Et le stand de la marque Is(h)ere, laquelle garantit l'origine, la qualité des produits et la juste rémunération des produteurs, a sucité la curiosité, autant de la part des agriculteurs que des visiteurs. Si la marque est encore peu connue, le principe séduit et les questions ont fusé. La charte, la demande d'agrément, l'adhésion, les étiquettes, les produits déjà labellisés, le coût : les animateurs étaient présents pour répondre aux intéressés. « L'accueil est bon, constate Alexandre Escoffier, membre du bureau de la FDSEA Isère, les gens veulent savoir d'où viennent les produits. Ils aiment bien manger quelque chose de chez eux. »
Au moment des discours, Jacqueline Rebuffet a rappelé les ambitions de cette marque terriotiale soutenue par la chambre d'agriculture et le Département au service du développement de la vente de produits locaux. Aux agriculteurs de s'en emparer, de la faire vivre et grandir.
La filière bois
Mais un comice en Belledonne, c'est aussi toute une économie de montagne qui se met en scène, ainsi qu'en témoigne l'exposition de photos anciennes ou récentes et de coupures de presse, qui retracent l'histoire de la manifestation depuis sa création en 1973. A l'époque, chacun amenait sa vache sans trop se poser de question. Aujourd'hui, il faut que les bêtes soient exemptes d'IBR. Le président du comice est intraitable sur cette question et la règle est la même pour l'ensemble des comices agricoles de l'Isère. Cela a bien fait un peu grincer les dents au début, mais dimanche, il y avait 45 bovins, 13 éleveurs et onze races représentées dont des vosgiennes, une parthenaise, une simmental et une galloway aux côtés des races habituellement présentes en Isère.
Le maire de Saint-Agnès, Alain Rimet, a rendu hommage aux agriculteurs « qui entretiennent les espaces au quotidien ». Dans cette commune de 570 habitants, il y a sept exploitations agricoles. « Nous leur devons le respect », a ajouté le maire, en rappelant qu'un espace sans agriculture, c'est la place laissée à l'urbanisme et à l'enfrichement. Il a souligné le travail de soutien et de solidarité réalisé en lien avec l'Adabel et la communauté de communes du Grésivaudan.
La commune étant aussi fortement boisée avec ses 550 hectares de forêt, le comice était aussi placé sous le signe de la sylviculture. « L'activité agricole est liée historiquement à celle de la forêt », indique Alain Rimet. Cette ressource fait l'objet d'un important travail de régénérescence naturelle et de jardinage entrepris avec l'ONF. « C'est une vraie filière, avec des emplois locaux, qui valorise de beaux produits et un savoir-faire », insiste le maire pour lequel la production de bois d'œuvre est une priorité. Cet engagement était symbolisé par la construction d'un abris en bois avec les enfants des écoles et les artisans locaux.
Lors de l'inauguration, les sénateurs Guillaume Gontard et Michel Savin ont été interpelés sur les délicates questions du foncier, des dégâts de sanglier et du loup. Enfin, Claudine Chassagne, vice-présidente à l'agriculture à la communauté de communes, a proposé de réunir les deux comices de Belldonne* lors de l'édition 2018. « Il en s'agit pas de fusionner, mais cela donnerait une plus grande visibilité au massif », a-t-elle déclaré.
Isabelle Doucet
*Comice agricole Grésivaudan-Belledonne et comice agricole des Balcons de Belledonne