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Travail du sol

Le strip-till contre l'érosion

Des agriculteurs et des partenaires se sont retrouvés à Saint-Just-Chaleyssin (Isère) début juin pour une rencontre bout de champ autour de l'utilisation du strip-till. Ce temps de partage d'expériences et d'échanges s'inscrit dans le cadre de l'action de maîtrise des risques d'érosion mené dansle territoire de l'agglomération lyonnaise.
Le strip-till contre l'érosion

Depuis plusieurs années, une convention de lutte contre l'érosion lie des agriculteurs et des collectivités territoriales impliquées dans le programme d'actions agricoles de l'agglomération lyonnaise (Psader-Penap). Parallèlement, des agriculteurs du Geda de l'Ozon s'approprient les techniques de travail du sol sans labour. C'est le cas notamment des associés de l'EARL de la Croix d'Azieu, Jean-Claude Sertier et Jean-Yves Barge de Genas qui sont propriétaires d'un strip-till depuis 2012 et réalisent des interventions sur les parcelles du Gaec de la Vallière, à Saint-Just-Chaleyssin (Isère).
Une vingtaine de personnes ont ainsi répondu à l'invitation des chambres d'agriculture du Rhône et de l'Isère, pour la rencontre bout de champ sur deux parcelles (maïs et soja) du Gaec de la Vallière spécialisé en élevage caprin et en grandes cultures sur 153 ha. « Il y a cinq ou six ans, nous avons choisi de travailler en non-labour avec un système à dents tout en poursuivant le travail du sol. Puis, nous sommes passés au système strip-till. Ce changement de stratégie est issu de notre volonté de réorganiser notre temps de travail, de réduire nos charges et correspond à une vision d'avenir de l'agriculture », présente Thierry Gabriel, l'un des associés.

Retours d'expériences

Jean-Yves Barge, de l'EARL de la Croix d'Azieu est sur la même longueur d'onde. « Nous étions confrontés à des problèmes de battance et d'érosion donc nous sommes passés aux techniques culturales simplifiées (TCS). Nous avons d'abord remplacé la charrue par un outil à dents avant d'utiliser le strip-till pour les cultures en lignes (maïs, soja, tournesol...) et nous avons ensuite investi dans un semoir de semis direct notamment pour les cultures d'automne telles que le blé et l'orge. Un voyage d'études aux Etats-Unis nous a aidés à sauter le pas. Les raisons sont les mêmes que Thierry. Le strip-till nous permet en effet de limiter les coûts de production car il rend l'apport en éléments minéraux plus efficients (au plus près de la plante). »
Favoriser un meilleur écoulement des eaux, redonner vie au sol donc accroître sa fertilité, tendre vers une réduction des doses de traitements phytosanitaires, réduire sa consommation de carburant, de fertilisants, rendre le métier encore plus passionnant en améliorant sans cesse ses techniques... sont parmi les raisons invoquées par les agriculteurs, qui ont toutefois pointé quelques bémols. « Ces techniques culturales simplifiées sont en perpétuelle évolution, ce qui oblige à accepter parfois des échecs et à se remettre en question pour avancer sur son exploitation ; on peut aussi être confronté à une baisse de rendement les premières années, à l'apparition d'adventices que l'on ne rencontrait pas avant. On apprend aussi beaucoup sur le tas grâce aux techniciens, au réseau Base et à des échanges d'expériences comme les favorise le Geda. C'est en effet essentiel de ne pas se lancer seul », prévient Jean-Yves Barge.
Place ensuite à la partie technique, Jean-Yves Barge a présenté les principales caractéristiques du de son strip-till et de son semoir, avant que Thierry Gabriel détaille ses itinéraires techniques en maïs et soja et ses rotations de cultures.

Emmanuelle Perrussel

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Semis couvert 3 novembre
125 kg / ha : seigle + avoine.

Destruction des couverts 5 mai
2,5 l / ha de glyphosate + 1 l / ha de Mixin + 3 kg / ha de sulfate d'ammoniac

Strip-till 13 mai
Humifirst 2 l / ha+ Epsotop 5 kg / ha + Fertilec bore MO 15 l / ha

Semis 13 mai
Variétés : Mentor et Soprana
Désherbage sur la ligne de semis : Mercantor gold 0,8 l / ha
Antilimace : 6 kg / ha

Fertilisation 14 mai
Patenkali 120 kg / ha

Désherbage 2 juin :
Pulsar 0,6 l / ha + Actirob B 1 l / ha

Ce tableau présente l'itinéraire technique du Gaec de la Vallière sur la parcelle de soja étudiée lors de la rencontre Bout de champ en juin.