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Coordination rurale

Le système va mal

Le système va mal

L'assemblée générale départementale de la Coordination rurale (CR) la semaine dernière à La Côte-Saint-André a été une violente charge contre « le système ». « On a l'impression que les élus ne se rendent pas compte de l'ampleur de la crise », estime Catherine Laillé, ancienne secrétaire générale CR, invitée. « En visitant une ferme avec nous, Bruno Retaillaud, bras droit de Fillon, a appris beaucoup de choses sur le revenu des éleveurs », dit-elle.
« Une grande partie des budgets agricoles passe par les Régions, rappelle Jean-Louis Ogier, président de la section Fruits et légumes de la CR. Mais ces collectivités sont les otages de la FNSEA et ce sont toujours les mêmes idées qui reviennent... » Laurent Wauquiez, président d'Auvergne-Rhône-Alpes appréciera. La seule entité qui trouve grâce aux yeux de la CR est le Département. « On ne reproche rien au conseil départemental », tient à souligner François Ferrand, président de la CR 38 à l'adresse de Robert Duranton, vice-président du Département, présent une partie de la réunion.
Pour pallier les baisses de revenus, la CR prône une régulation des productions dans le lait comme dans les céréales. « Tant qu'il y a surproduction et exportation à un cours mondial, nous resterons dans la même situation, et ce n'est pas un système assurantiel qui viendra nous sauver » entend-on dans le débat. « C'est tout bénef pour les assureurs, estime Jean-Louis Ogier. Vous serez rackettés, il y aura de grosses franchises et pas de reversement. Groupama a fait beaucoup d'essai mais ça n'a jamais marché. » Le Graal serait dans la TVA sociale que « seule » la CR « réclame ». « C'est une justice par rapport à ceux qui ne respectent pas les normes. »
Jean-Louis Ogier se montre très inquiet sur « la disparition des produits phytosanitaires ». Le retrait du diméthoate pour lutter contre les mouches d'un certain nombre de fruits « condamne la production d'endives comme celle de cerise ». Cela vient s'ajouter aux réglementations « policières » que « met en place la Fredon en matière de sharka, qui fait disparaître les productions fruitières dans la région et en France, au profit de l'Espagne. »

Jean-Marc Emprin