« Le Tour de France offre une visibilité extraordinaire »
Les agricultteurs se sont mobilisés à Saint-Romans, à l'occasion du passage du Tour de France. Quel message vouliez-vous faire passer ?
Nous avons voulu profiter de l'événement pour montrer et faire connaître les produits phare de notre département au plus grand nombre. Le Tour de France offre une visibilité extraordinaire : il est retransmis dans 190 pays. Cette action s'inscrit dans le cadre d'un partenariat entre la FNSEA et la société organisatrice du Tour, Amaury sport organisation (ASO). Chaque année depuis 2008, ce partenariat se traduit par un concours de visuels géants réalisés dans les champs qui se trouvent sur le parcours du Tour. Nous avons créé une fresque représentant les trois AOP iséroises, le saint-marcellin, la noix de Grenoble et le bleu du Vercors-Sassenage, mais c'est toute l'agriculture de l'Isère et la marque Is(h)ere que nous avons souhaité rendre visibles à travers cela. Notre idée était de montrer que, derrière ces produits de qualité, il y a des gens, des savoir-faire, des traditions et des filières. Ça a également permis de mettre un coup de projecteur sur nos collègues laitiers, dont la situation est toujours compliquée. Nous aurions aussi voulu évoquer le problème du loup, car c'est une problématique qui touche de nombreux territoires isérois, mais c'était trop complexe.
Comment avez-vous fait pour mobiliser les agriculteurs en plein mois de juillet ?
C'est vrai que c'est une période où ce n'est évident pour personne. Ni pour les producteurs de céréales qui sont en pleine moisson, ni pour les éleveurs, ni pour nous, les nuciculteurs, qui devons suivre nos vergers et piloter nos systèmes d'irrigation. Mais nous avons un bon ancrage local, et passer 20 secondes à la télévision à l'occasion d'un événement comme celui-là, ça fait plaisir à tout le monde. Nous avons ainsi réussi à mobiliser une cinquantaine d'agriculteurs pour réaliser la fresque durant la semaine qui a précédé le passage du Tour et venir en force le jour J. Sur le plan humain, c'est bien, ça crée une émulation. En tout cas, le Tour de France peut repasser tous les ans : maintenant, on sait faire ! J'en profite pour signaler qu'il y aura d'autres manifestations tout au long de l'été. A chaque comice, nous allons faire la promotion des produits de la marque Is(h)ere, expliquer cette démarche partenariale au public et montrer en quoi elle est intéressante pour les agriculteurs. Le Tour de France, c'était l'occasion de lancer la dynamique.
Quels espoirs placez-vous précisément dans cette marque ?
Si ça pouvait booster les prix payés aux producteurs, ce serait bien. Le but, à terme, c'est de parvenir à mieux valoriser les produits agricole et faire en sorte que les prix soient plus rénumérateurs afin que les agriculteurs puissent vivre du fruit de leur travail. C'est peut-être un rêve, mais c'est un rêve qui devrait devenir réalité. Tous les collègues le méritent.
A ce propos, dans quel état d'esprit sont-ils actuellement ?
Le sentiment est mitigé. A la « Fédé », nous avons envie que ça avance. Mais on sent que de nombreux agriculteurs sont défaitistes. Beaucoup disent ne pas voir le bout du tunnel. C'est pour cela que nous nous investissons autant dans la promotion de la marque territoriale : ça va dans le bon sens. Cela dit, nous sommes bien conscients de la nécessité de convaincre.
Propos recueillis par MB