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Environnement

Le trèfle et la phacélie, rois du Trièves

Dans le Trièves, les agriculteurs et les apiculteurs s'associent pour identifier un mélange d'espèces intéressantes sur le plan apicole qui s'intègrent bien dans les cultures. Un protocole est mis en place.
Le trèfle et la phacélie, rois du Trièves

Une vraie réunion de travail. C'est ainsi que l'on peut qualifier la rencontre entre agriculteurs et apiculteurs organisée par le comité de territoire, Sitadel, le 25 mars à Mens. L'objectif des participants était d'identifier les espèces et mélanges, intéressants sur le plan apicole, qui pouvaient être implantés dès ce printemps dans les prairies et surfaces en cultures du Trièves. L'objectif est d'accroître la ressource en protéines pour les abeilles sous forme de pollen au moment où les colonies en manquent.

Un mouton à cinq pattes

Phacélie, trèfle de perse ou d'Alexandrie, moutarde, vesce, avoine,  tournesol... Autant d'espèces évoquées dont les caractéristiques ont été étudiées avec soin tout au long de cette rencontre. Le but étant d'identifier les variétés qui présentaient le maximum de bénéfices pour l'ensemble des parties : propriétés mellifères, appétence pour les animaux, faible coût, peu gourmande en azote, bonne adaptation au territoire du Trièves, rendements suffisants, faible agressivité envers les cultures en place. Pas facile de trouver la variété et la combinaison de variétés la plus adaptée. L'exercice s'avère délicat. Presqu'autant que de trouver un mouton à cinq pattes. Et le retour d'expérience en la matière est insuffisant.

Pratiques innovantes ou oubliées

D'où l'idée de tester, d'associer différentes essences qui semblent être intéressantes pour en comparer les résultats. Car l'initiative plaît autant à l'apiculteur, en recherche de parcelles implantées par des espèces que ses abeilles viendront butiner, que l'agriculteur, qui verra son sol enrichi et pourra faire pâturer une prairie après avoir récolté ses céréales. Selon Loïc Kerautret, apiculteur au Percy, « cette expérimentation est une bonne idée, car il y a des pratiques innovantes ou oubliées qui peuvent résoudre des problèmes de disette en protéines pour les abeilles ». Pour Olivier Beaup, agriculteur à Prébois et président de Sitadel, « c'est une opération qui devrait devenir une Mesure agro-environnementale, car sans pollinisation, les agriculteurs aussi seraient bien embêtés ».

Une parcelle identifiée

Très vite, la phacélie et le trèfle sont remarquées. Toutes deux mellifères, le trèfle permet aussi de fixer l'azote pour la céréale qui sera implantée ensuite. Un protocole comprenant cinq bandes test est proposé. L'idée est d'introduire dans une parcelle de blé semé à l'automne une bande de trèfle d'Alexandrie, une bande de phacélie, une bande composée de 50 % de phacélie et de 50 % de trèfle d'Alexandrie, une d'un tiers de phacélie et de deux tiers de trèfle d'Alexandrie et une dernière de deux tiers de phacélie et d'un tiers de trèfle d'Alexandrie.

Une parcelle test a été identifiée chez Bernard Clavel, agriculteur à Saint-Sébastien. La coopérative Dauphinoise, associée à la démarche, offre les graines. Les semis devraient donc être effectuées au cours du mois d'avril. Des visites de terrains seront programmées pour constater et comparer les différentes levées et récoltes.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre du projet « Cultures mellifères dans le Trièves », initié par l'association les « Pouces vertes » en début d'année 2015, avec l'appui des étudiants en BPREA de la MFR de Vif. Ce projet vise à accroître la ressource en pollen et nectar pour les abeilles domestiques et sauvages lors des périodes creuses de début d'été et de fin d'automne.

Isabelle Brenguier