Le trésor de Pupetières
A l'origine, il s'agissait plutôt d'une maison fortifiée. Mais sa reconstruction, réalisée entre 1860 et 1870 par Eugène Viollet-le-Duc, l'a érigé au rang de château. Implanté au milieu des forêts et des plans d'eau de la commune de Châbons, le château de Pupetières, est la propriété de la branche cadette de la famille de Virieu, alors que la branche ainée est dans la commune éponyme. Depuis 2007, Aymar de Virieu est le propriétaire de Pupetières qui l'a lui-même hérité de son oncle, le comte Jacques de Virieu.
Témoin du Moyen-Age et de la Renaissance
Détruite lors de la révolution française, la maison forte de trois étages, construite au XIIIème siècle, a nécessité une complète reconstruction, commandée par le marquis Alphonse de Virieu, à Viollet-le-Duc, renommé en matière d'architecture médiévale et de construction néogothique*. Le remarquable état de conservation du château (tant l'extérieur que l'intérieur) témoigne aujourd'hui de l'œuvre de l'architecte et d'un patrimoine local de grande qualité.
« Le château de Pupetières se déploie comme un édifice aux lignes nettes, sans décor extérieur, mais qui, animé par la multiplicité des écritures conférées à chaque façade, atteste d'une diversité fondée sur l'économie », explique Arnaud Timbert, maître de conférences en histoire de l'art, dans son guide « Le château de Pupetières ». Les murs de pierres, côtoient ceux de briques, de pisé et de galets en pesci. Selon Aymar de Virieu, l'architecte associe les techniques de construction de deux époques qui se sont succédées. En témoignent les gargouilles simples, caractéristiques du Moyen-Age et les fenêtres à meneau que l'on voyait à la Renaissance. L'intérieur du château est classique de la seconde moitié du XIXème siècle. Les services sont au sous-sol. La réception est au rez-de-chaussée. Les chambres des propriétaires sont au premier étage, quand celle des invités sont au second. Les combles sont occupées par les domestiques. Les trois bibliothèques du château rassemblent plus de 45 000 ouvrages qui témoignent de l'intérêt des différents propriétaires qui se sont succédés pour les livres, et notamment de celui de Wilfried de Virieu, passionné par les sciences, mais aussi par la photographie, la course automobile et la chasse.
Le père, le Fils et le Saint-Esprit
« A l'époque, le vide ne devait pas exister », indique en préambule de la visite du château, Aymar de Virieu. « Il n'y avait que l'ouverture vers l'extérieur qui permettait le passage de la lumière et le lien vers la nature qui était tolérée ». D'où une décoration extrêmement chargée, mais harmonieuse, composée de tapisseries du XVème siècle, de boiseries et de peintures au sein de lesquelles la fleur de lys, emblème de la royauté française, règne en maître. « Elle est partout présente, sur les poutres, les ferronneries, les plafonds à la française, les rideaux, l'habillage du mobilier, car Alphonse de Virieu était convaincu d'un retour de la monarchie après Napoléon III », explique le maître des lieux. « Les armes de la famille aussi sont largement représentées. Les trois vires autour de Dieu incarnent le Père, le fils et le Saint-Esprit », ajoute Aymar de Virieu. Toutes les pièces sont encore meublées d'un mobilier postérieur à la révolution qui conservent aux lieux leur âme.
Pour ce passionné de patrimoine (Aymar de Virieu est administrateur de l'abbaye de Chaalis pour le compte de l'Institut de France), le château de Pupetières représente un héritage exceptionnel, classé aux Monuments historiques en 1872. Il a donc à cœur de l'entretenir et de le restaurer petit à petit, mais aussi de le rendre accessible au grand public pour qu'il se l'approprie.
* Eugène Viollet-le-Duc, qui a vécu de 1814 à 1879, est l'un des plus importants architectes du XIXème siècle. Attaché à l'administration des Monuments historiques et inspecteur général des édifices diocésains, il a restauré de nombreux monuments dont la Madeleine de Vézelay, Notre Dame de Paris, la cité de Carcassonne ou la cathédrale de Lausanne et a construit différents édifices tels que des églises ou des châteaux. Le plus prestigieux étant celui de Pierrefonds, dans l'Oise.
Isabelle Brenguier
« Les journées des plantes »
Féru de patrimoine, mais aussi de plantes, Aymar de Virieu, organise, les 24 et 25 septembre prochains, dans l'enceinte du château de Pupetières à Châbons les « Journées des plantes ». Cette manifestation qui accueille chaque année 5 à 6 000 passionnés de jardins et d'amateurs de plantes, rassemble une cinquantaine d'exposants, de producteurs de plantes rares et caractéristiques. « Il y a aussi bien des plantes méditerranéennes, que des vivaces, des graminées, des oliviers, des plantes annuelles ou intérieures », souligne Aymar de Virieu.Durant ce week-end, le propriétaire du château organise également des projections de film (« La révolution des sols vivants » et « le potentiel du végétal », ainsi que conférences « Cuisiner avec les huiles essentielles », « Réussir un jardin bon à vivre », « Les beaux mariages des senteurs de rosiers botaniques et des plantes à parfum », « La semence des plantes à parfum ».Le château de Pupetières est ouvert pour les Journées des plantes les 24 et 25 septembre de 10h00 à 18h00 et pour les groupes sur rendez vous, d'avril à octobre.IB