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Salon international de l'agriculture

Le Vercors s'exporte à Paris

Du 19 au 27 février, le Vercors et ses vaches Villard-de-Lans seront à Paris, au Salon international de l'agriculture. Le but : promouvoir le parc naturel régional au travers de la promotion de la race bovine locale, la Villard-de-Lans.
Le Vercors s'exporte à Paris
C'est un air du Vercors qui soufflera dans les allées du Salon international de l'agriculture, du 19 au 27 février, à Paris. Ses montagnes, son fromage - le bleu du Vercors - et surtout ses vaches, les Villard-de-Lans, seront au rendez-vous, sur un stand dédié au parc du Vercors. Pour Guy Durand, président de l'Apap (association pour la promotion des agriculteurs du parc du Vercors) et président de l'organisme de sélection pour la section Villard-de-Lans, l'objectif de cette participation est simple : promouvoir le parc du Vercors par le biais des vaches Villardes. Un pari auquel adhèrent de nombreux exploitants qui acceptent de se prêter au jeu et d'envoyer leurs plus belles bêtes à l'exposition.

Les Villardes, un atout pour l'image du territoire
Avant d'aller à Paris, il faut passer la première étape, celle de la sélection des vaches. Une "tournée" a donc été organisée mardi 25 janvier, chez trois agriculteurs du plateau du Vercors : Stéphane Vacher, de la ferme des Marmottes à Autrans, Lionel Gaillard, de la ferme de la colombière à Méaudre, et Claude Gaillard, de la ferme du perce-neige à Corrençon-en-Vercors. « Ils ont chacun quelques vaches de la race Villard-de-Lans et adhèrent à l'idée de promouvoir le terroir avec ces bêtes. Une pré-sélection des animaux a déjà été faite lors de la fête du bleu, l'année dernière. Au total, sur le plateau, il y a environ 200 Villardes réparties sur 17 exploitations », précise Guy Durand. Un faible nombre qui permet d'éviter une sélection drastique des animaux. Même si quelques critères induisent le choix de la bête. « On ne peut pas être trop sévère sur le tri car il y a un petit effectif. Globalement, on regarde si elle est élégante, avec un bon aplomb, un bon port de tête. La robe doit être couleur froment, ni trop rouge, ni trop jaune. Elle doit avoir une belle ligne de dos, de belles mamelles et être calme. Ce sont les seules vaches du salon, hormis les Hérens, à avoir des cornes. Et, comme il y a beaucoup de monde, nous devons prendre des précautions », détaille Jacques David, animateur de la race Villarde, au sein de l'OS des races alpines.

Un trop petit effectif
Pour autant, la pression et le stress ne semblent pas peser sur les exploitants. Ici, l'ambiance est plutôt bon enfant. Tous partagent la même motivation et passion : celle de leur "pays" et de ses vaches. « On emmène un bout du Vercors à Paris! Nous allons montrer notre savoir-faire, notre fromage. Et, en tant que producteur de Bleu du Vercors, fromage qui bénéficie aujourd'hui d'une appellation d'origine contrôlée, montrer que nous le produisons avec du lait de vaches Villard-de-Lans, c'est une façon de montrer notre attachement à nos origines », témoigne Claude Gaillard. Comme préparation au salon, il entraîne Taïga, l'heureuse élue, à marcher à ses côtés. « C'est la troisième fois qu'elle va aller à Paris. On la tond un mois avant, mais il n'y a pas vraiment de préparation particulière », ajoute-t-il.
Au total, les bêtes seront présentées environ cinq fois, sur un ring. Pour l'occasion, Stéphane Vacher n'a pas hésiter à investir 550 euros dans une cloche gravée "Autrans 2011". Le but : attirer les regards des spectateurs, mais aussi sensibiliser les autres éleveurs. « C'est important de faire la promotion de cette race et du Vercors, raconte Lionel Gaillard. Les deux vont de pair. Sans la Villarde, il n'y aurait pas de participation du Vercors au Salon de l'agriculture. L'image que nos bêtes donnent à Paris, donne par répercussion celle de notre territoire. Il faut sensibiliser les éleveurs car il manque des effectifs ». Et sans ça, difficile de faire de la sélection pour avoir une race plus performante, notamment en production laitière. Or, ce dernier point pourrait être un levier majeur afin d'inciter les agriculteurs à se lancer dans l'élevage de cette vache "made in Vercors".
Lucile Ageron