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Isère

Les acteurs de la forêt sur la voie de la contractualisation

FORET/ Mi-mars, l'association départementale des entrepreneurs de travaux forestiers isérois s'est réunie en assemblée générale. Profitant de l'occasion pour faire le point sur les projets 2011, elle a surtout lancé le débat sur la contractualisation des échanges entre les donneurs d'ordres et les entrepreneurs de travaux forestiers.
Les acteurs de la forêt sur la voie de la contractualisation
La contractualisation, sujet phare de l'actualité agricole de ces derniers mois, était au cœur des débats de l'assemblée générale de l'association départementale des entrepreneurs de travaux forestiers isérois (Adetfi), fin mars. « Comment se positionnent les donneurs d'ordres des travaux sur ce dossier ? C'est important de le savoir pour que les entrepreneurs de travaux forestiers (ETF) puissent s'organiser au mieux », note Olivier Perrin, conseiller en développement forestier à la Chambre d'agriculture.

Une meilleure vision de l'avenir
Créée en octobre 2009, l'Adetfi est née « suite aux Assises de la forêt. Nous avons organisé plusieurs réunions car nous nous sommes rendus compte que les ETF n'étaient pas très bien représentés dans la filière », explique Stéphane Coing-Belley, président de l'Adetfi. Le but ? « Développer l'économie de nos entreprises en tenant compte des réalités de marché et de la situation de notre profession », ajoute-t-il.
C'est donc dans ce cadre que l'ONF (office national des forêts), la Coforêt (coopérative des sylviculteurs du centre Est), la Cofor38 (association des communes forestières de l'Isère) et l'ASLGF (association syndicale libre de gestion forestière des Bonnevaux Chambaran) ont exposé aux entrepreneurs forestiers leur vision de la contractualisation. « Nous souhaitons la faire avec vous, sinon, rien ne sera possible, a assuré en préambule, Alain Fonton chargé de la commercialisation à l'ONF. Nous voulons proposer aux ETF de signer un contrat de trois ans, avec un bon de commande pour chaque parcelle. Nous nous engagerons aussi sur un volume et un secteur géographique ». Un point approuvé par Guy Charron, président des Cofor38 : « Vous avez besoin d'une vision d'avenir, car nous savons que vous êtes un maillon essentiel pour mobiliser et sortir nos bois. Trois ans, c'est un bon début. Nous voulons aussi contractualiser nos relations sur la qualité des travaux entrepris, et pas seulement sur le prix et le volume ».

Valoriser le travail par la qualité
Ce critère de la qualité est important aux yeux des donneurs d'ordres comme l'explique Didier Joud, responsable au sein de Coforêt. « Nous devons nous assurer de la qualité des travaux faits chez nos propriétaires. Nous avons un système de référencement des sous-traitants depuis l'obtention de la norme Iso 14 001, relative au respect de l'environnement. Nous mettons en place un contrat sur la responsabilité et la qualité du travail des entreprises. Sa philosophie est d'intégrer le cahier des charges de PEFC*». Et, devançant les remarques par rapport aux exigences de ce programme, il ajoute : « Nous l'avons tous vécu comme une contrainte... Mais, l'idée est vraiment de faire comprendre que l'on peut utiliser du bois tout en gérant bien nos forêts. C'est un outil de valorisation de notre travail ».

Les entreprises locales plébiscitées
Du côté de l'ONF, Alain Fonton rappelle également la volonté de l'office d'augmenter le volume de bois façonné pour la forêt publique et demande aux entrepreneurs de travaux forestiers d'être « prêts à s'engager sur un travail de tri et de classement, car les acheteurs demandent aujourd'hui, une certaine catégorie de produits. Si nous voulons faire évoluer nos pratiques, nous devons être capables de trier le bois. Nous allons demander aux ETF d'aller sur ce terrain-là ». Ce responsable a également précisé l'importance pour l'ONF de travailler avec des entreprises locales. Tout comme l'association syndicale de gestion forestière des Bonnevaux Chambaran, représenté par Loïc Casset, chargé de l'animation de l'ASLGF et technicien forestier au Centre régional de la propriété forestière. « Nous avons planifié les travaux et coupes de notre secteur pour les quinze prochaines années. Un régisseur s'occupe du suivi et les ETF s'occupent des travaux, suite à des appels d'offres. Comme nous ne dépendons pas du code des marchés publics, nous avons fait le choix de favoriser les entreprises locales ».
Lucile Ageron
*PEFC: programme de reconnaissance des certifications forestières. Ecolabel visant à contribuer à la gestion durable des forêts.

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Les projets de l'Adetfi

Créée à la fin de l'année 2009, l'association des entrepreneurs de travaux forestiers n'a véritablement lancé ses activités qu'en 2010. Une année chargée avec entre autres, l'adhésion à l'interprofession Créabois Isère, l'étude d'un partenariat avec la MFR de Vif, ou encore le projet d'organiser des journées techniques à thèmes « câble synthétique et sécurité des personnes et des chantiers ». Autre projet important pour l'Adetfi : la création d'un événement majeur - les trophées des entrepreneurs forestiers de l'Isère - pour mettre en avant et récompenser leurs initiatives. Pour cette nouvelle année, et parce qu'elle souhaite se faire connaître, l'association participera à la fête de forêt de montagne le 24 juin. Elle a aussi pour projet d'être présente à Agrivillage lors de la prochaine foire de Beaucroissant, de créer un groupement d'achat ainsi qu'un kit de balisage de chantier. Lors de son assemblée générale, le président Stéphane Coing-Belley a également lancé un appel à ses adhérents car quelques territoires restent encore sans élu au conseil d'administration. Il s'agit du Haut-Rhône dauphinois, du territoire Porte des Alpes, du Sud-Grésivaudan, de la Matheysine, l'Oisans et des Vals du Dauphiné.
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