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Grésivaudan

Les Adrets, au coeur d'une enquête (sociologique)

Des étudiants grenoblois ont réalisé une analyse de la vie aux Adrets, dans laquelle il mettent en avant un problème de lien social que connaît le village depuis quelques année. Explication et bilan d'une expérience "utile", vivante et intéressante.
Les Adrets, au coeur d'une enquête (sociologique)

"Vivre aux Adrets, c'est comment ?" C'est la question que se sont posé les 23 étudiants du master 2 SEST (Stratégie et Economie du Sport et du Tourisme) de l'UPMF.

Ils ont ainsi réalisé une étude commandée par le LabexItem. Ce réseau de chercheurs en sciences humaines et sociales, qui regroupe plusieurs laboratoires basés en Isère et en Savoie, analyse les territoires de montagnes autour de plusieurs thèmes, tels que le transport, la mobilité, la culture, la sociologie...

L'étude menée par les étudiants de l'université Pierre Mendès France avait pour ligne directrice la problématique du lien social, dans un village transformé par l'augmentation du niveau de vie. Cette augmentation est dûe à l'arrivée récente de cadres travaillant dans la vallée grenobloise et qui cherchent un environnement plus agréable et reposant que la vie urbaine. Les étudiants se sont donc interrogés sur la transformation potentielle du village en «village dortoir», et sur une éventuelle confrontation entre les «anciens» habitants des Adrets et les «nouveaux». Déjà, cette dénomination a posé un problèmes aux étudiants. «Est-ce que par anciens, on parle de personnes qui se sont installées dans le village il y a 15 ans, ou est-ce que se sont des familles qui vivent ici depuis plusieurs générations ?» se demande Léonore, qui participait à l'étude.

Ainsi, les étudiants «se sont sentis utiles», car ils ont soulevé plusieurs problématiques (sans que ce ne soit des problèmes) que les Adraisiens eux-mêmes ne définissaient pas forcément. Il y aurait ainsi un manque d'intégration des "anciens" dans la vie associative, et donc sociale, du village. "Il n'y a pas de guerre dans le village, mais c'est un peu les anciens contre les nouveaux", expliquent deux étudiantes. Ils ont également soulevé un paradoxe : les habitants ne veulent pas que le village vieillisse, mais ils ne veulent pas non plus qu'il s'agrandisse.

 

L'école et la Marmite, cœurs sociaux du village.

Les recherches ont donc été réalisées en trois mois environ. Et la coordination à 23, ce n'est pas facile ! Mais les étudiants s'en sont sortis, avec la participation de leurs professeurs et d'un intervenant indépendant. Ils se sont ainsi divisés en plusieurs groupes, chacun travaillant avec une partie de l'échantillon, composé d'une cinquantaine de personnes. Pendant les deux mois d'enquête, ils ont ainsi interrogé, en plus des habitants, les élus, qui ont été très actifs dans ce projet, les habitués du restaurant la Marmite, le véritable cœur social du village, les écoliers et leurs institutrices (car il faut dire que l'école constitue un deuxième lieu social pour le village), et les membres des quelques 80 associations du village (pour un peu plus de 900 habitants). «On ne voulait pas arriver avec nos gros sabots d'étudiants en prétendant leur expliquer la vie de leur village», racontent Léonore et Séverine.

Cette expérience a été bien vécue, par les habitants comme par les étudiants. Ces derniers ont «adoré» travailler sur le terrain, avec des professionnels, et ont été bien accueillis. «Nous avons rencontré des gens ouverts, et nous nous sommes sentis utiles, nous avons eu l'impression de leur apprendre quelque chose».

L'étude, qui a débuté fin octobre, sera restituée le premier avril, à l'UPMF.

 

Marion Pical