Accès au contenu
Informatique

Les agriculteurs à l'heure d'Internet

De plus en plus d'agriculteurs se servent de l'informatique dans le cadre de leur travail. A quoi cela leur sert-il vraiment ? Témoignages de trois professionnels qui avouent pouvoir difficilement s'en passer.
Les agriculteurs à l'heure d'Internet
Ils sont "nés" avec. Ou du moins, ont rapidement baigné dedans. L'informatique et internet, deux outils dont l'usage s'est banalisé depuis quelques années, sont également de plus en plus utilisés par les agriculteurs. Que ce soit pour la comptabilité, l'envoi de courriers électroniques, ou encore la consultation de leurs comptes en banque, Internet leur permet d'avoir accès à plusieurs types de service, sans bouger de leur exploitation. « C'est très utile et je ne m'en passe pas, confie Laurence Chavance, gérante du Gaec La Matinière, à Cognin-Les-Gorges. Je l'utilise tous les jours. C'est tellement simple d'envoyer un mail, de consulter la météo, de demander des devis ou de contacter les fournisseurs... » Cette jeune exploitante n'a pas eu de difficultés à se former, « je travaillais dans un bureau avant de m'installer sur l'exploitation en 2002 ». Première étape de l'informatisation de l'exploitation : un logiciel pour gérer la comptabilité, installé il y a quinze ans. « Mon frère qui était à l'époque gérant avait voulu instituer ça. Cela va vite et permet de gagner de l'argent car de ce fait, nous ne faisons appel à aucune personne extérieure pour nous aider ». Dernièrement, c'est un site internet pour « présenter la ferme, faire une sorte de vitrine » qu'elle a lancé avec l'aide du syndicat mixte du pays sud-grésivaudan.

Un outil à développer
Comme elle, Jean-Yves Colomb, céréalier à Creys-Mépieu, a débuté par un logiciel de comptabilité, « dès mon installation en 1992. Puis, je suis ensuite passé à un logiciel de gestion parcellaire. Cela me permet d'enregistrer toutes les interventions que je fais sur mes parcelles. Je n'ai pas eu besoin de formation spécifique, car j'ai plus ou moins toujours utilisé l'informatique ». Pour lui, le principal avantage est de pouvoir sauvegarder toutes ses données, « même s'il faut faire très attention car il y a un grand effet de dépendance. Si le disque dur me lâche, je perds tout ! Mais, laisser de côté cet outil ne serait pas envisageable car, grâce à ça, on peut faire beaucoup plus de choses sans forcément se déplacer », assure-t-il. Concernant la déclaration en ligne de la Pac, si pour lui cela n'est pas forcément plus simple que la déclaration papier, pour Philippe Pascal, nuciculteur à Saint-Hilaire-du-Rosier, « c'est quand même pratique. La cartographie est très bien faite et permet d'être précis. Cela évite d'avoir des retours de dossier ». Lui utilise l'informatique depuis 1997, dans un premier temps pour la comptabilité, puis ensuite pour la gestion de ses parcelles. « C'est un outil qui s'est développé à une vitesse incroyable. Après, c'est vrai qu'il vaut mieux avoir l'ADSL (ndlr : une connexion à internet à haut débit), sinon on ne peut rien faire », lance-t-il. Convaincu de son utilité, « si je n'avais pas ça pour m'aider, ce serait ingérable, je devrais faire appel à une aide extérieure », il pousse les jeunes à s'installer avec. « Les générations à venir doivent s'y mettre, mais je comprends que les plus âgés aient des réticences. Ceux qui ont tout à apprendre risquent de perdre un temps fou. Il faut le développer, sans pour autant l'imposer » Lucile Ageron