Accès au contenu
Entretien

« Les agriculteurs ont une place à conserver »

A la veille de sa première sortie officielle à la foire de Beaucroissant en tant que vice-président départemental en charge de l'agriculture, l'irrigation, la filière bois et l'environnement, Robert Duranton a accordé une première interview à Terre dauphinoise
« Les agriculteurs ont une place à conserver »

Elu conseiller départemental puis vice-président du département à l'agriculture, l'irrigation, la forêt et l'environnement au mois de mars dernier, Robert Duranton est également maire de Roussillon depuis mars 2014. Cet élu UMP avait ainsi ravi une mairie que la gauche dirigeait depuis 1959. Issu du milieu agricole - ses parents étaient arboriculteurs et céréaliers à Saint-Rambert-d'Albon - il a mené sa carrière sans le milieu industriel, notamment en tant que directeur des ressources humaines sur la plateforme chimique de Roussillon, pour l'entreprise Rhodia, puis pour le GIE* qu'il a créé en 1999. En 2009, à l'heure de la retraite, il s'engage en politique, siégeant d'abord dans l'opposition municipale de Roussillon. « J'ai toujours été un gagneur, glisse cet ex-sportif, qui a été membre du Rhodia club football. Je n'aime pas perdre et je me suis lancé en politique pour gagner dans l'intérêt de tous. »

Comment envisagez-vous votre mandat en tant que vice-président à l'agriculture ?

D'abord, je vais être accompagné d'un vice-président délégué à la filière bois et à l'environnement, Fabien Mulyk. Je vais commencer par reprendre la situation et les dossiers tels que laissés par mon prédécesseur, sans brusquer les choses. Beaucoup d'initiatives ont été prises en agriculture par le conseil général comparé à d'autres départements. Il est possible que des actions soient menées de façon ponctuelle, en fonction du moment. Mais nous continuerons sur ce qui est lancé. Je suis à la disposition du monde agricole. L'agriculture iséroise est très variée, s'étend de la plaine du Rhône jusqu'aux zones de montagne. Et tout le monde cherche à développer des formules pour mieux vivre, comme les circuits courts ou la vente directe.

Vous serez à la foire de Beaucroissant d'avril, samedi prochain. Quel sera votre message aux agriculteurs ?

Cette foire me permettra de rencontrer tout le monde, de voir et d'écouter les problèmes de chacun. C'est un endroit où l'on reçoit beaucoup de doléances. Je leur dirai de continuer à travailler, notamment dans un sens plus écologique que ce qui a été fait jusqu'à aujourd'hui. Mais les choses sont déjà bien engagées. Je suis partisan d'une agriculture qui s'inscrit au niveau européen, mais les règles ne doivent pas être plus dures en France qu'à l'échelle européenne. On m'a par exemple souvent rapporté le problème de l'utilisation de certains traitements qui n'ont plus cours en France, alors qu'ils sont autorisés dans d'autres pays européens, ce qui pose des problèmes concurrentiels de rendement. Les agriculteurs ont une place à conserver au sein de la société française et celle-ci ne peut pas continuer à se dégrader. Lorsque je rencontre des agriculteurs, ils expriment souvent leurs difficultés par rapport au cours des produits. Leurs coûts de revient sont trop élevés. Pour essayer de vendre à un coût correct, les agriculteurs ont fait de gros efforts dans toute la région pour se regrouper.

Vous avez suivi le dossier concernant la voie de fret entre Beaurepaire et Saint-Rambert. Où en est-on ?

Il faut maintenir cette voie ferrée. Nous sommes cependant dans un phénomène d'ordre régional. Pour autant, le département peut apporter son aide, non seulement au maintien de la ligne, mais pourquoi pas au développement de la partie voyageurs. Il convient d'éviter les flux de véhicules entre Saint-Rambert et Beaurepaire pour améliorer l'impact environnemental et éviter de créer encore des parkings et des encombrements autour du péage de Chanas. Les infrastructures ferroviaires peuvent être aussi concernées par le plan de relance annoncé par le président Jean-Pierre Barbier. 

Justement, le secteur de l'Isère Rhodanienne, avec la ZIP, est fortement marqué par la pression des autres activités économiques. Dans quelle mesure l'agriculture est-elle prise en compte ?

Le développement économique doit être lié à celui de l'agriculture comme à toutes les autres activités. Il n'est pas question d'industrialiser toute la plaine de la Bièvre ! Le développement de la partie économique s'opèrera sur les sites existants, à Roussillon, comme à Beaurepaire, avant d'envisager des extensions. Le PLU, qui vient d'être voté en conseil municipal de Roussillon, tient compte des observations au sujet des surfaces restantes en zones d'activités. Le secteur est encore en majorité agricole, mais il y a aussi de moins en moins d'agriculteurs...

Propos recueillis par Isabelle Doucet

 

*GIE : groupement d'intérêt économique