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Les Etats généraux en Isère

Les agriculteurs ouvrent le débat

Prenant appui sur la dynamique amorcée avec les Etats généraux de l'Alimentation, les producteurs isérois invitent tous les acteurs de l'alimentation à construire des propositions avec eux.
Les agriculteurs ouvrent le débat

Au lendemain de l'ouverture des Etats généraux de l'Alimentation à Paris, le 20 juillet 2017, les paysans de l'Isère s'organisent pour faire entendre leur voix. Alors que la plateforme participative sur internet a déjà généré plus de 2 500 contributions, ils comptent profiter des chambres d'écho que sont les comices et les manifestations rurales comme le concours d'élevage de Pressins ou la foire de Beaucroissant pour lancer une réflexion collective à l'échelle du département, en y associant tous les acteurs de l'alimentation. « Nous voulons parler de qualité, de gastronomie, d'empreinte carbone, de paysages, de services environnementaux, mais aussi débattre avec les consommateurs de ce qu'est un prix, indique Jérôme Crozat, producteur laitier à Janneyrias et secrétaire général de la FDSEA. Quand on fait de la merguez " française " à 5 euros le kilo, ça ne peut être que du déchet qui vient d'on ne sait où. Ce n'est pas ce qu'on appelle un produit français. »

Ateliers participatifs

Pour donner corps à cette réflexion, le syndicat majoritaire va animer des « ateliers » à l'occasion de la foire de Beaucroissant, mi-septembre. Objectif : débattre, avec le grand public, les élus et les professionnels, des thématiques discutées dans le cadre des Etats généraux de l'Alimentation (comment rémunérer plus équitablement les producteurs, comment mieux intégrer la réalité des coûts de production, comment accompagner la transformation de l'agriculture française...) (1).

L'ensemble de ces échanges fera l'objet d'une synthèse qui devrait être présentée lors d'un grand événement festif à la fin du mois de septembre. Pour le président de la FDSEA, cette initiative citoyenne et paysanne est symptomatique d'une « volonté de travailler de manière transversale, avec tous les partenaires de l'alimentation » qu'ils soient producteurs, consommateurs, transformateurs, distributeurs, techniciens ou politiques. La démarche s'inscrit en effet dans la lignée de la dynamique engagée à l'automne 2015 pour construire et structurer le pôle agro-alimentaire isérois. « C'est le signe d'une convergence qui n'existe pas dans beaucoup d'autres départements », note Pascal Denolly. Sans doute un legs du passé, si l'on se souvient qu'en juillet 1788, à Vizille, la réunion des Etats généraux du Dauphiné avait déclenché un processus qui aboutit à la prise de la Bastille un an plus tard...

Marianne Boilève 

(1) L'ensemble des thématiques de la consultation est à retrouver sur www.egalimentation.gouv.fr