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Elevage

Les blondes d'Aquitaine championnes de l'organisation

Pour la cinquième année, les blondes d'Aquitaines profitent de la foire de Beaucroissant de printemps pour organiser leur concours régional. Le local de l'étape, Jean-Paul Reymond, éleveur au col de Parménie, s'occupe de la logistique.
Les blondes d'Aquitaine championnes de l'organisation

Il suffit de basculer de l'autre côté du col de Parménie pour quitter la plaine de l'Isère pour celle de la Bièvre. La ferme de Parménie est lovée dans ce coteau : Jean-Paul Reymond, en Gaec avec sa belle-sœur Jocelyne Reymond, élève des blondes d'Aquitaine depuis 1993. « Une des meilleures races à viande », assure-t-il. Loin de son berceau d'origine, le cheptel isérois de blondes d'Aquitaine s'élève à un millier de têtes. Le troupeau de Jean-Paul Reymond compte de 120 à 130 vaches, dont la viande est entièrement transformée à la ferme et vendue en direct à l'exploitation et à la halte fermière de Voiron. La blonde d'Aquitaine se caractérise par la finesse de son grain de viande, sa longueur squelettique qui garantit un rendement de sa carcasse à 75% et une importante proportion de morceaux nobles.

Depuis sa création, la ferme a beaucoup évolué. Le bâtiment d'élevage s'est agrandi pour occuper une superficie de 1 300 m2, avec le point de vente ouvert en 1996 et le laboratoire et la salle de découpe créés en 2001. La surface agricole atteint 70 hectares. Mais le pâturage sur le coteau et le fourrage dans la plaine apportent leur lot de contraintes pour l'exploitant, qui songe à une diversification dans la noix. Il possède déjà cinq hectares de noyers et compte en replanter deux à trois hectares chaque année. A l'été, entre 25 et 30 génisses sont également menées sur l'alpage de Gresse-en-Vercors.

Des bêtes sélectionnées

Dans les années 90, l'exploitant a choisi la race blonde d'Aquitaine d'abord pour ses qualités de vêlage. « Je travaillais à l'extérieur et je ne pouvais pas toujours être présent à ce moment-là », explique l'éleveur. Il y a désormais une cinquantaine de naissances chaque année dans l'exploitation, étalées sur toute l'année pour les besoins de la vente directe, mais avec des périodes plus soutenues en octobre-novembre et mai-juin. Veaux, génisses, taureaux : l'agriculteur sélectionne ses bêtes en fonction de leur morphologie, de leurs origines. Les mâles ou les moins performants passent en veaux avant six mois. Toutes les génisses sont gardées jusqu'à leur veau - le 1er vêlage intervenant vers trois ans - puis réformées à l'âge de quatre ans. Les bêtes sont abattues à Grenoble puis préparées et conditionnées par un boucher à la propriété. « Je sélectionne les quatre à cinq meilleurs veaux pour les vendre en reproduction », poursuit l'éleveur dont toutes les bêtes sont inscrites au registre de l'organisme de sélection. Il achète ses taureaux aux origines certifiées dans des élevages réputés. Le dernier arrivé est Hyacinthe, un taureau prometteur de deux ans acheté avec deux autres éleveurs en direct de la station génétique de la race de Casteljaloux (47).

Se prendre au jeu

Le beau géniteur sera d'ailleurs présent lors du concours régional organisé à Beaucroissant le week-end prochain. Il sera accompagné de trois génisses et de deux vaches, dont probablement Victoire, une mère de dix ans qui affiche une beau palmarès et fait la fierté de l'élevage. Cependant, Victoire étant sur le point de vêler, sa présence demeure incertaine. « C'est un animal qui vieillit bien », assure Jean-Paul Reymond au sujet de cette race. Des vaches de neuf ans peuvent être recherchées tant leur viande conserve toutes ses qualités gustatives.

L'éleveur, qui, par sa situation géographique est au plus près de Beaucroissant, assure une partie de l'organisation du concours et reconnaît se prendre au jeu. « On se compare aux autres élevages. Sur un troupeau, il y a toujours deux ou trois animaux aux caractéristiques supérieures, mais il est intéressant de voir son niveau. On espère toujours faire mieux l'année d'après ». Il prépare ses animaux quelques mois à l'avance, surveillant leur alimentation, leur apprenant à marcher, portant une attention particulière aux génisses pas encore habituées à sortir dans le monde. « Je n'avais jamais amené de taureau jusqu'alors. En revanche, j'ai remporté pas mal de prix avec des vaches », rapporte l'éleveur.

Isabelle Doucet

 

Manifestation / Le concours régional de la race blonde d'Aquitaine de Beaucroissant est entièrement auto-organisé et auto-financé par les éleveurs.

Un concours régional système D

Le concours régional des blondes d'Aquitaine a été lancé en 2010 sur l'initiative de la section Rhône-Alpes Sud-Est, dépendant de l'Organisme de sélection (OS) blonde d'Aquitaine, appelé France blonde d'Aquitaine sélection. Comme tous les OS, son but est de définir les caractéristiques de la race et de certifier l'appartenance d'un animal à cette race. Il rassemble 1 300 adhérents dans toute la France et représente 36 500 animaux inscrits, dont 4 000 dans la région. L'OS assure donc le suivi technique auprès des éleveurs et tient à jour le livre généalogique des animaux.
Il manquait à la région son concours, en marge du sommet de l'élevage de Cournon dans la Loire. « Nous sommes éloignés du berceau racial, explique Jean-Paul Reymond, adhérent de l'OS, les élevages sont dispersés et il nous fallait trouver un site où tout le monde puisse se retrouver. Beaucroissant se prêtait bien à se rassemblement, d'autant que la foire attire beaucoup de public. » A chaque édition, les organisateurs, menés par Henri Gueydan, le président de la section Rhône-Alpes Sud-Est, arrivent à réunir une quinzaine d'éleveurs et 80 animaux. Deux juges venus de l'Ain évalueront les bêtes.
A la Beaucroissant, tout est fait maison, par des bénévoles et avec l'aide de partenaires comme les sociétés MSE, qui fournit le chapiteau, ou Redipe, qui assure le transport des bêtes venues de toute la région. Un groupe d'une dizaine d'exploitants locaux se charge de toute la logistique, mais aussi de la fourniture du foin et de la paille. « C'est un concours entièrement autofinancé », insiste Jean-Paul Reymond, le local de l'étape. Pour les éleveurs, très dispersés géographiquement, le nouveau rendez-vous de la Beaucroissant revêt un intérêt particulier tant il est l'occasion de se rencontrer pendant deux jours et d'échanger. Ils arrivent des Savoie, de la Loire, de l'Ain, des Hautes-Alpes et se retrouvent rarement en dehors des grands rendez-vous tels que le salon de l'agriculture à Paris ou le sommet de l'élevage.
Concours régional de la race blonde d'Aquitaine, samedi 26 et dimanche 27 avril, de 10h à 18h. Présentation des sections et des animaux lauréats des concours nationaux, samedi 26 avril. Poursuite du concours et remise des prix, dimanche 27 avril.