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Tourisme équestre

Les boucles quadrillent les territoires

Lors de son assemblée générale, qui s'est déroulée fin février à Grenoble, l'association Isère cheval vert a fait le point sur le développement de ses circuits.
Les boucles quadrillent les territoires

« La création du circuit de la Porte de l'Isère nous a réservé de belles surprises, annonce Marie-Noëlle Ode, la directrice de l'association Isère cheval vert. Nous avons découvert une campagne très préservée, avec des pépites et des espaces naturels sensibles, ainsi que des cabanes de chasse, ces relais "cynés" qui permettent d'accueillir des cavaliers pour un bivouac. » Le lancement du projet a permis de réunir chasseurs, cavaliers, agriculteurs et restaurateurs. « Tout un territoire s'est mobilisé », s'enthousiasme la responsable. Cette réalisation porte à six* le nombre de circuits équestres balisés en Isère, soit 1 700 km de chemins ponctués de 45 hébergements.
Les circuits les plus fréquentés restent les Chambaran et le Trièves, la Bièvre ayant toujours attiré les cavaliers. Dans le Sud-Isère, les actions de communication mises en place ont permis d'animer les itinéraires. « C'est une vigilance permanente, indique Pierre Colin-Manda, le président d'Isère cheval vert. Des circuits meurent très vite. » L'association invite ses adhérents à prendre part aux travaux de caractérisation des chemins pour leur intérêt équestre ou pour l'attelage. Ainsi, après le Valbonnais et le Vercors sud, Isère cheval vert a répondu à un appel d'offre du département pour la Bièvre-Valloire.

De Grenoble à Menton

Parmi les grands chantiers de l'année, la relance de la route Napoléon déroule ses 350 km sur les traces de l'Empereur, traverse quatre départements, deux régions et devient le premier itinéraire équestre reconnu par la Fédération française d'équitation. Il compte près d'une soixantaine de lieux d'hébergement et plus de 40 sites remarquables et devrait bénéficier d'animations. Autre projet régional d'envergure, la Grande traversée des Alpes à cheval se précise dans ses contours puisque son itinéraire a fait l'objet d'une étude.

Le cheval pour tous, ce sont bien entendu les circuits en attelage, au nombre de cinq (Chambaran, Tour-du-Pin, Trièves, Matheysine et Portes de l'Isère). Ils intéressent les familles ou les groupes et les personnes en fauteuils roulants, le temps d'une balade d'une demi-journée. « Il y a trois boucles en Matheysine et on peut aller en calèche jusqu'à La Salette à 1 800 m d'altitude », signale Marie-Noëlle Ode. Un gros travail d'accessibilité a aussi été réalisé dans le Trièves : six boucles itinérantes desservant des gîtes adaptés ou des structures équestres impliquées et 125 km de chemins carrossables ont été identifiés. Une nouvelle calèche, plus particulièrement dédiée au secteur, est en cours d'acquisition. Elle sera livrée le 8 mai à Mens, à l'occasion de l'inauguration de ces circuits, en marge de la course de la Résistance.
Isère cheval vert multiplie les implications auprès du public éloigné et des enfants. Depuis plus de 30 ans, ses actions, souvent exemplaires, sont destinées à faire partager la passion équestre avec le plus grand nombre.

Isabelle Doucet
Tendances

De la surprise, du plaisir, de l'humain

Vincent Delaitre, directeur d'Isère tourisme, a proposé un focus sur les nouvelles tendances de la consommation touristique. Il a identifié quatre ruptures qui révolutionnent l'économie touristique : une évolution des attentes des visiteurs, de nouvelles tendances au regard des valeurs sociétales, une troisième révolution numérique et une ubérisation de l'économie touristique.
Ressourcement, temps pour soi : « Le tourisme évolue du stade de récréation à celui de réparation », note le directeur. Cela tombe bien, « l'Isère est une terre de ressourcement par excellence », affirme-t-il. Grands espaces naturels, lieux chargés d'histoire, produits locaux de qualité, stations thermales etc. : le département possède une palette complète d'offres pouvant répondre aux nouvelles attentes sociétales.
Mais les acteurs du tourisme doivent composer avec de nouvelles concurrences que sont le rester chez soi, les destinations low-cost ou non marchandes, les grandes plateformes et leur offre standardisée et bientôt la mobilité intelligente et artificielle, le « search vocal » qui, d'ici trois ans, donnera réponse à toutes les requêtes.
Face à la « saturation d'offres et de propositions », les acteurs du tourisme ont tout intérêt à capitaliser sur « l'économie de l'expérience » avec une offre personnalisée, authentique, qualitative, simple, humaine. Vincent Delaitre parle d'une offre holistique, comprenant un séjour global ; hédoniste, où le client prend plaisir ; humanisée, avec de vraies rencontres, et sur-mesure. « Stimuler les sens, surprendre, chouchouter pour rendre le séjour exceptionnel » sont désormais les quelques clés d'une expérience touristique réussie.

 

*Les chemins de Mandrin dans les Chambaran, Vercors émotion, Au pied du mont Aiguille, Les châteaux du Dauphiné, la traversée de Belledonne et Terre d'alpages en Matheysine.