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Isère

Les cantons déjà au second plan

Dynamiques territoriales/Alors que les Isérois s'apprêtent à élire leurs derniers conseillers généraux lors des élections cantonales des 20 et 27 mars, nous avons demandé à une série d'élus ainsi qu'au responsable des relations avec les collectivités à la chambre d'agriculture, Jean-Claude Darlet, quel allait être le devenir des cantons dans les trois années à venir. En 2014, les futurs conseillers territoriaux qui remplaceront les conseillers généraux et régionaux seront en effet désignés sur des cantons redécoupés. Rien n'est encore arrêté, mais l'Isère pourrait ainsi perdre une quarantaine de ses élus aux conseils général et régional. S'il y a consensus pour dire que les limites cantonales sont dépassées, les interrogations sur leur avenir sont nombreuses.
Dossier réalisé par Cécile Fandos
Les cantons déjà au second plan
« Pour un bon nombre, les cantons actuels n'ont plus beaucoup de sens, estime Daniel Vitte, maire de Montrevel, conseiller général non inscrit du canton de Virieu et président de l'association des maires de l'Isère. En milieu urbain, il est clair que ce ne sont plus que des limites administratives fictives. Et en milieu rural, l'affirmation de l'intercommunalité rend progressivement le canton obsolète. C'est particulièrement net dans le canton de Virieu, dont les quatorze communes se dispersent en six intercommunalités : six communes font partie de la communauté de communes de Virieu-vallée de la Bourbre, trois appartiennent à la communauté d'agglomération du pays voironnais, deux sont rattachées à la communauté de la vallée de l'Hien, une dépend de Bièvre-Est, une autre relève des vallons de La Tour et la quatorzième, Saint-Ondras, est proche de la communauté de communes de la chaîne des Tisserands ! Toutes les limites cantonales ne sont pas dépassées, mais les bassins de vie, la cohérence territoriale, transcendent les cantons. Cela n'empêche pas que la fonction de conseiller général demeure. Ce dernier peut être présent et efficace, mais souvent en multipliant les déplacements ».
La nécessaire adaptation du monde agricole
Avec la montée en puissance des intercommunalités (que l'Etat souhaite voir s'agrandir), mais aussi la généralisation des schémas de cohérence territoriale, la création de « pôles métropolitains » et de métropoles, « nous sommes en train de migrer d'une politiques de cantons à une politiques de pays, confirme Jean-Claude Darlet, secrétaire adjoint de la chambre d'agriculture en charge des relations avec les collectivités locales. En créant des comités de territoire, la chambre d'agriculture s'est engagée dans cette voie. C'est une première étape, mais il y a encore du pain sur la planche et nous devons maintenant revoir comment on aborde cela en accélérant notre travail de lobbying pour que les collectivités se concentrent sur l'essentiel. Car avec la réforme des collectivités, il n'y aura plus de budget départemental : le futur conseiller territorial aura moins de pouvoir que le conseiller général actuel ». Au-delà de cette perte de pouvoir, Jean-Claude Darlet craint que le redécoupage des cantons et la disparition des conseillers généraux à partir de 2014 ne modifient le profil des élus, qui vont devoir assumer leur mandat à plein temps, et ne créent un éloignement important entre ces derniers et la population.
La détermination des élus ruraux
Cette perte de proximité est également au centre des préoccupations d'Andrée Rabilloud, la présidente de l'association des maires ruraux de l'Isère, maire de Saint-Agnin-sur-Bion, conseillère de la communauté de communes de la région saint-jeanneaise, conseillère régionale sous la bannière de l'union de la droite et du centre. « Un conseiller général reste pour l'instant un conseiller général et c'est important en zone rurale, où les gens y sont attachés, à la différence des zones urbaines, où ils sont moins connus. Pour l'instant, on se dit qu'ils nous reste encore trois ans. Mais les élus ruraux savent ce qu'ils veulent et ils ne se laisseront pas faire, car ils savent que toutes les réformes importantes pour les zones rurales sont issues de propositions portées par les campagnes ». Les trois prochaines années s'annoncent chargées pour les conseillers généraux qui seront élus les 20 et 27 mars.