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Viticulture

Les cépages anciens sont de retour

Le Syndicat des viticulteurs de l'Isère a engagé une demande de modification du cahier des charges de l'IGP.
Les cépages anciens sont de retour

Les cépages anciens devraient faire leur entrée dans l'IGP Isère. C'est en tous les cas la demande faite à l'INAO par le syndicat des vins de l'Isère. « Le plus important est de pouvoir classer ces vieux cépages* pour les implanter », insiste Wilfrid Debroize, le président de l'organisation. L'arrivée de ces cépages historiques suppose une modification du cahier des charges de l'IGP qui compte deux dénominations : coteaux du Grésivaudan et Balmes dauphinoises. Un dossier unique a été déposé, demandant également l'ajout d'une unité géographique complémentaire avec le Trièves et l'introduction de Grenoble dans la zone géographique de production des coteaux du Grésivaudan. Ce dossier comporte également une demande d'ajout des vins effervescents méthode ancestrale et méthode traditionnelle dans l'IGP. « Nous espérons que les modifications interviendront en 2018 », souligne le viticulteur. Il se montre confiant, sachant que les IGP coteaux de l'Ain et vin des Allobroges ont obtenu début décembre l'IGP sur les effervescents. Or, tous ces vins qui font partie de l'Organisme de défense et de gestion vins des coteaux alpins.

Sélection massale

« Notre partenariat avec la chambre d'agriculture de l'Isère nous a permis de faciliter les démarches », reprend le président du syndicat. La filière viticole va d'ailleurs faire l'objet d'un accompagnement spécifique par une conseillère consulaire. Car les besoins, notamment en soutien technique, sont importants pour cette production encore confidentielle en Isère. Wilfrid Debroize énumère les axes de travail : maladie de l'esca, « une maladie du bois souvent due à des problèmes de taille, de greffe ou de conduite de la vigne », la greffe en sélection massale et l'indépendance des viticulteurs par rapport aux pépiniéristes, « c'est-à-dire avoir notre propre capacité à créer nos greffes pour l'ensemble de la filière ».

Ce sont aussi la mise en place d'échanges techniques avec d'autres régions viticoles, des voyages d'étude « et une meilleure compréhension des problèmes de dépérissement de la vigne liés à des pratiques culturales anciennes, qui concernent surtout les vieilles vignes ». Au programme également, un travail sur la qualité des vins en lien avec la vinification qui pourrait se concrétiser par une journée d'analyse œnologique des travaux réalisés en cave et un échange entre vignerons, mais aussi un accompagnement plus spécifique pour les vignerons désireux de passer en bio ou en agriculture biologique « Nous souhaitons également renforcer nos liens avec le centre ampélographique Pierre Gallet, et être plus présents en tant que représentants du syndicat », ajoute Wilfrid Debroize.

Ambassadeurs

L'organisation veut également se doter d'outils d'animation et de communication, à commencer par un stand Syndicat des vins de l'Isère pour se déplacer dans les manifestations, ainsi que le renforcement des partenariats. Le président foisonne d'idées : revaloriser la filière en désignant des restaurateurs et des cavistes ambassadeurs des vins de l'Isère – « certains le font déjà » - , créer un conservatoire ampélographique des vins de l'Isère. Chaque vigneron aurait ainsi en charge de replanter des cépages anciens sur ses parcelles pour continuer à préserver la diversité du matériel végétal et assurer la pérennité de cépages comme le servanin ou l'onchette du Trièves. « Dans un second temps, conclut Wilfrid Debroize, nous envisageons de créer un film institutionnel pour la promotion des vins et des vieux cépages, mais aussi la mise en place de panneaux indicatifs. »

Isabelle Doucet

*Ils sont au nombre de 13 : bia blanc, chatus noir, clairette, dureza, durif, feunate, marsanne, mollard, mornen noir, onchette, robin noir, romorantin blanc et sérénère.

 

Les vins de l'Isère en chiffres

1 252 exploitations viticoles (dont les structures familiales)
193 ha en AOP (Savoie)
70 ha en IGP (Vins de l'Isère et Collines Rhodaniennes)
195 ha hors AOP et IGP
2 928 hl de production totale dont 1 250 hl en IGP Isère