"Les collectivités ont intérêt à s'appuyer sur nous"
Un automne relationnel, c'est peut-être un peu comme ça que l'on peut qualifier la période actuelle pour la chambre d'agriculture de l'Isère. Le congrès des maires en octobre, puis un enchaînement de rencontres informelles avec l'ensemble des intercommunalités du département, ont transformé Jean-Claude Darlet, son président, en VRP de l'institution.
« Le congrès des maires a vraiment été fructueux, analyse-t-il, les contacts ont été nombreux avec les élus qui nous ont hyper sollicités. » Cela a peut-être tenu au fort renouvellement des conseils municipaux en 2014 et donc, à une plus grande curiosité des nouveaux élus qui essayent de se repérer dans le maquis des relations indispensables quand on dirige une commune. « Ne pas être à ce congrès aurait conduit à un déficit de contacts regrettable, constate le président de la chambre. Le coût du stand doit être prise comme un réel investissement. »
Faire sauter les incompréhensions
Depuis quelques semaines, Jean-Claude Darlet et son directeur, Philippe Guérin, ont pris leur bâton de pélerin pour nouer des contacts avec les intercomunalités. « La chambre d'agriculture est un outil au service de la politique agricole départementale, avec des compétences et des services spécialisés. Les collectivités territoriales ont intérêt à s'appuyer sur nous pour traiter un certain nombre de dossiers. Cela leur coûtera moins cher et la relation avec la profession agricole en sera simplifiée.» Car Jean-Claude Darlet a un leivmotiv : « Nous devons revenir aux fondamentaux de l'agriculture et faire en sorte qu'il y ait un retour des actions publiques aux agriculteurs. Mais cela passe par la reconnaissance du réel rôle de notre institution par nos interlocuteurs dans les territoires. » Aujourd'hui, le président de la chambre a de bons espoirs : « Ces tournées permettent de zoomer sur des enjeux locaux, fonciers, économiques selon les endroits et doit aboutir à faire sauter des incompréhensions mutuelles. »
Si le représentant consulaire courtise les intercommunalités, il n'en oublie pas pour autant le conseil général qu'il considère toujours comme un partenaire essentiel. « Son budget consacré à l'agriculture s'élève autour de cinq millions d'euros », rappelle-t-il, pragmatique. Et se réjouit de rencontrer le nouveau président du Département, Alain Cottalorda, avant la session du conseil général (le 21 novembre le même jour que la session de la chambre d'agriculture, ndlr) afin d'évoquer les lignes budgétaires agricoles. « C'est la première fois depuis bien longtemps que le président de la chambre d'agriculture est reçu par le président du conseil général pour échanger sur le budget », souligne-t-il. Avec une idée en tête : « Les sommes prélevées sur la taxe espace naturel sensible au profit de l'agriculture sont équivalentes à celles fléchées vers la culture. On pourrait peut-être accentuer le retour sur l'agriculture... »
Résistances de l'administration
Les relations ne sont pas toujours bonnes avec tout le monde. Celles avec l'administration d'Etat sont un peu tendues en ce moment. « Nous n'avons pas de trop mauvaises relations dans l'ensemble, avance diplomatiquement Jean-Claude Darlet. Mais dans certains services administratifs, nous avons affaire à quelques résistances et nous devons rencontrer le préfet régulièrement pour rappeler quelques notions. Ce n'est pas le fonctonnement que nous souhaitons. ».