Les communes forestières cherchent l’équilibre
Trouver l'équilibre financier, l'équilibre sylvo-cynégétique, l'équilibre des usages de la forêt... les communes forestières (Cofor) ont soulevé plusieurs problématiques relationnelles durant leur assemblée générale à la Rivière. Tout d'abord, les finances. Le contrat d'objectif et de performance (COP) de l'ONF, signé en 2016 et valable jusqu'en 2020, pose plusieurs questions aux communes forestières. « La gestion des forêts publiques coûtent cher aux communes. Les négociations sont en cours auprès de l'Office national des forêts (ONF) qui demande une augmentation du financement. Les communes ne l'accepteront probablement pas », raconte Clara Rougier, animatrice du réseau Cofor. Afin de préparer au mieux le prochain COP en 2020, un groupe de travail au niveau national a été lancé. « On est dans les perspectives d'économie de financement de l'Etat pour préparer l'avenir de la gestion de forêts. Comment pouvons-nous fonctionner au mieux ? », explique Guy Charron, président de la Cofor Isère.
La gestion de la forêt concerne aussi l'utilisation qui en est faite par les particuliers, autant connaisseurs que novices. « Il y a un vrai enjeu pédagogique car c'est la recette de la vente de bois qui permet de réinvestir dans les voiries forestières et les chemins empruntés par les randonneurs », explique l'animatrice. Pour les particuliers connaisseurs de la forêt, l'affouage, à savoir l'exploitation de certains feuillus par des particuliers à la demande des communes forestières, soulève quelques questions. « Il y a des interrogations à propos de la sécurité. Si les affouagistes ne portent pas de casques, par exemple, qui est responsable ? » interroge Guy Charron. L'ONF a donc envoyé des courriers aux Cofor pour préciser cette problématique. Le département ainsi que ceux adjacents sont d'autant plus à risque d'accidents en raison de certaines parcelles montagneuses pentues. La Cofor de Savoie recommande ainsi l'affouage façonné par des professionnels, et non plus un affouage sur pied. « L'affouage est essentiel car sinon ces bois ne seraient plus exploités. Faire appel à un prestataire pour ces chantiers est coûteux et certains ne se déplaceraient pas », souligne l'animatrice de la Cofor Isère.
Equilibre sylvo-cynégétique
Le dernier sujet en cours : la chasse. Depuis début 2018, les forestiers et chasseurs doivent mettre en place un plan régional forêt bois, suivant le plan national. « Le comité régional cherche une solution pour les zones prioritaires identifiées. Début 2019, les premières observations et réflexions devraient être disponibles », explique Clara Rougier. Si cela prend du temps, c'est que ce n'est pas une mince affaire : le comité régional regroupe 10 structures, 5 du côté de la chasse, 5 du côté forestier, le tout présidé par le service de la Direction régionale de l'alimentation, l'agriculture et de la forêt (Draaf). « Il y a beaucoup d'espoir dans cette commission », confirme l'animatrice. C'est que le temps et le gibier pressent. Quatre espèces problématiques ont un plan chasse : chamois, mouflon, chevreuil et cerf. « Il y a beaucoup d'actions de chasse pour ses espèces, mais le sanglier, qui se nourrit de tout ce qu'il trouve, lui, n'est pas soumis à un plan chasse », souligne-t-elle. Même si l'élaboration de ce plan régional forêt bois n'en est qu'à ses débuts, quelques fiches de travail concernant la chasse sont en préparation. Guy Charron fait partie du groupe technique départemental, chargé de faire remonter quelques propositions au niveau régional : « On travaille sur une fiche de dégât de gibier. Le but est de travailler sur de nouveaux indicateurs faunistiques et de nouvelles façons de travailler pour mesurer la pression du gibier. » Deux réunions sur ce thème ont déjà eu lieu dans le département pour informer les élus.
Virginie Montmartin