Les cours d'eau du Grésivaudan étudiés de près
Le travail est long et minutieux. Déjà effectué dans les bassins versants de l'Isle Crémieu, la Bourbre, les Quatre vallées, Bièvre-Liers-Valloire, Vienne, le sud-Grésivaudan, Paladru et le Vercors, la cartographie des cours d'eau vient d'être initiée dans le Grésivaudan. La première réunion de concertation, a eu lieu le 18 octobre à Crolles. Elle a rassemblé des élus du territoire, des agriculteurs, des responsables d'Asa (Associations syndicales autorisées), du Symbhi (Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère), qui exerce la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), des associations environnementales, des techniciens des services du RTM (Restauration des terrains de montagne), pour leur expliquer la méthodologie employée et les sensibiliser à la consultation.
« Pour qu'un cours d'eau soit identifié comme tel, il doit respecter trois critères. Il doit s'agir d'un écoulement d'eaux courantes dans un lit naturel à l'origine. Il doit être alimenté par une source. Et il doit présenter un débit suffisant la majeure partie de l'année », indique Clémentine Bligny, chef du service environnement à la DDT de l'Isère. A ces trois critères principaux s'ajoutent quelques éléments d'identification complémentaires comme la présence de berges et de substrats, d'une vie aquatique ou d'une continuité amont-aval. C'est sur cette base théorique qu'a donc été établie, par les agents de l'AFB (Agence française pour la biodiversité), une première classification. Elle est aujourd'hui soumise à l'avis des acteurs du territoire, qui ont trois mois pour se rapprocher des services de l'Etat pour leur faire part de leurs remarques. L'exercice semble simple, mais sur le terrain, il s'avère beaucoup plus complexe. D'où l'initiative de la DDT d'organiser une visite de terrain, du côté de Crolles dans la plaine de l'Isère, et du côté de Belledonne, de façon à s'approprier la méthode de classification. En étant sur place, carte en main, chacun a pu directement comparer la classification proposée et voir ce qu'il en était sur le terrain. Certains écoulements, comme le ruisseau de Crolles, ont été facilement et unanimement identifiés comme cours d'eau. D'autres ont été facilement et unanimement identifiés comme fossé. D'autres encore ont fait l'objet de plus de discussions. Elles ont permis de comprendre comment mener la réflexion.
Cours d'eau ou fossé
Cette cartographie précise et exhaustive est la finalité d'un travail lancé en 2015 à la demande de la profession agricole pour pallier les nombreux écarts entre la cartographie existante et les réalités de terrain. L'enjeu est important car il s'agit de déterminer quels sont les écoulements qui sont des cours d'eau, et qui sont donc définis par le Code de l'environnement et assujettis à la loi sur l'eau, et quels sont ceux qui s'apparentent davantage aux fossés et qui ne font donc pas l'objet de cette réglementation.
Ce travail, piloté par la DDT, est accompli en concertation avec l'ensemble des acteurs de terrain évoluant autour de cette problématique, bassin versant par bassin versant.
Dans le Grésivaudan, le travail est maintenant lancé, il doit se poursuivre. Des réunions vont être organisées par la FDSEA pour inviter les agriculteurs à faire part de leurs remarques. Leur participation est importante en raison de leur connaissance du terrain et de leur contribution à l'entretien de ces cours d'eau. A noter que pour l'instant, ce n'est pas cette cartographie qui sert de référence pour les bandes enherbées et les ZNT (Zones non traitées), ce sont toujours les cartes IGN (Institut géographique national).
Isabelle Brenguier