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Pays viennois

Les déchaumeurs en première ligne contre l'ambroisie

La chambre d'agriculture de l'isère et Vienn'agglo ont proposé une journée d'information sur les déchaumeurs pour diminuer la pression de l'ambroisie.
Les déchaumeurs en première ligne contre l'ambroisie

Une demi-journée de démonstration avait été programmée le 8 août chez Jérémy et Gérard Guinet à Eyzin-Pinet par la chambre d'agriculture de l'Isère avec comme objectif d'évoquer la lutte contre l'ambroisie dans les chaumes de céréales. Les maïs, soja et tournesol, mais aussi dans une moindre mesure, les prairies, sont touchées par l'invasion de la plante. Mais la politique de lutte alliant les organismes professionnels et les collectivités locales portent ses fruits et « des échos positifs se font entendre » d'après Isidore Pollo, élu de Vienn'agglo.

Les fortes pluies du matin du 8 août n'ont pas permis de faire évoluer les outils dans la parcelle. La demi-journée a tout de même été maintenue ce qui a amené des exploitants et quelques élus à se rencontrer.

Pollen en quelques semaines

La période d'inter-culture est favorable au développement rapide de l'ambroisie en raison de la suppression de la concurrence de la culture associée induisant un accès direct à la lumière. L'ambroisie peut émettre du pollen quelques semaines après la récolte. Dans le cas d'une contamination de la parcelle par l'ambroisie, une intervention s'avère nécessaire. Elle peut-être chimique via un désherbage et/ou mécanique par un déchaumage. L'application d'herbicide peut s'avérer nécessaire si la présence de vivaces est avérée. Elle pourra être suivie d'un déchaumage. Pour réussir son traitement, il faut laisser redémarrer les plantes et avoir des conditions climatiques favorables, c'est-à-dire une hygrométrie de l'air supérieure à 60 % et des températures inférieures à 20°C.

Double fonction du déchaumage

Le déchaumage remplit deux fonctions : d'une part détruire l'ambroisie présente et les adventices en général ; d'autre part créer un faux-semis en faisant lever les graines d'adventices pour les détruire ensuite. Pour une efficacité optimale, il ne faut pas travailler le sol à plus de 5 cm de profondeur et intervenir avant que les adventices ne soient trop développées. Le déchaumeur a cependant certaines limites : on ne peut pas l'utiliser sur sol sec, alors que ceux à disques sont déconseillés lorsque des vivaces sont présentes (liserons, etc). Si ces derniers sont observées dans les parcelles conduites en agriculture biologique, les déchaumeurs à dents seront proscrits et les socs pattes d'oies favorisés.
Un deuxième déchaumage peut s'avérer nécessaire car de nouvelles ambroisies peuvent lever après la première intervention, hormis dans le cas où un couvert végétal est semé en interculture.
Amandine Roux, conseillère agro-environnement de la chambre d'agriculture de l'Isère, a présenté différentes actions portées par l'organisme consulaire dont une pour le compte du conseil départemental de l'isère avec la réalisation d'un plan de communication dédié à l'ambroisie, ainsi qu'un suivi de la gestion de l'ambroisie en bordure de routes départementales et de parcelles agricoles. La chambre d'agriculture travaille également avec l'Inra sur l'évolution de la flore adventice dont fait partie l'ambroisie.

Appui nécessaire

Face au matériel présenté, les discussions sont allées bon train notamment sur les critères de choix selon la taille de la parcelle, la largeur de l'outil, la résistance à l'usure, le type de sol et la pente. Si un outil donne une terre fine, le résultat peut présenter un danger vis-à-vis de l'érosion. Il est donc nécessaire d'avoir un rouleau pour rappuyer sur la bande travaillée.
Quand il reste de petites mottes de terre, l'ambroisie peut reprendre. Une plus grande efficacité est obtenue par les outils dotés de pattes d'oie car elles sectionnent les amas de terre.
Les outils de déchaumage bénéficient d'un aide de 40% dans les zones vulnérables.

 

Le matériel présenté

- Amazone : Certos 5001-2TX : deux rangées de deux disques traînés, indépendants, 8 à 25 cm de profondeur. Équipement : bandes de palettes de nivelage + rouleau pour le rappui. 50 000€, 4ha/heure, 10km/h, roues avant pour homogénéiser le poids.
- Grégoire et Besson : disques et dents, rouleau barre : sur ambroisie peu développée, 3m large, 10km/h
- Pôttinger : 3m, diques sur 2 rangées, indépendants de 500 mm de diamètre, vitesse 10-12km/h, profondeur 5-8 cm
- Lemker : smaragd 9 : pattes d'oies sur deux rangées + disques + rouleau cage
- Kuhn : cultimer : pattes d'oies + disques sur 1 rangée + rouleau cage
- Pôttinger symkro 3030 : 3 rangées pattes d'oies + 1 rangée de disques + 1 rouleau

 

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