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Irrigation

Les deux versants de la gestion collective de l'eau

La future gestion des volumes et la capacité à se développer mobilisent fortement les irrigants de l'Isère (ADI 38) réunis en assemblée générale à Saint-Barthélémy-de-Beaurepaire.
Les deux versants de la gestion collective de l'eau

Le département de l'Isère ne manque pas d'eau. C'est la raison pour laquelle les irrigants se montrent particulièrement vigilants quant aux modalités de la mise en place de l'organisme unique de gestion collective (OUGC). Certes, c'est la chambre d'agriculture qui pilotera l'outil à l'horizon 2018, pour autant, elle le fera sur la base des résultats des études portant sur les volumes prélevables, lesquelles ne recueillent pas forcément le consensus. En outre, ce transfert de compétences, depuis l'administration vers l'institution consulaire, représente un coût. Enfin, ce qui intéresse les agriculteurs, c'est de pouvoir développer un réseau pour garantir leur niveau de cultures.

Des solutions alternatives

Lorsque la chambre d'agriculture deviendra organisme unique de gestion, elle devra se baser sur une autorisation de volumes prélevables. Ces volumes sont calculés en fonction du volume maximum consommé + 20%, de marge pour intégrer les nouveaux arrivants sur les bassins versants où il n'y a pas de problème. Dans les autres secteurs, « les volumes sont notifiés et validés dans le cadre des phases de concertation », indique Nathalie Jury, de la chambre d'agriculture. Des secteurs posent encore problème comme les Quatre vallées du Bas Dauphiné, l'Est lyonnais ou le Sud Grésivaudan. « Les concertations sont encore en cours. Nous devons être présents », insiste Franck Doucet, le président de l'Adi38. L'objectif est de proposer des solutions alternatives, comme le lissage des volumes sur plusieurs années.
2017 sera donc une année test, la chambre définira un plan de répartition en fonction des demandes. Des volumes seront attribués, mais sans conséquence s'ils ne sont pas entièrement respectés. Mais, en 2018, les volumes attribués par la DDT seront à respecter. La chambre se substituera à toutes les autorisations en cours. Le rôle de la police de l'eau restera à la DDT. Les autorisations en volumes et en débit seront délivrées par bassins versants.

Haute valeur ajoutée

Et c'est bien ce qui inquiète les agriculteurs. Les contrôles porteront par exemple sur les volumes globaux prélevés par une Asa*. « C'est un risque pour la pérennité des Asa, explique Franck Doucet. Ce sera compliqué pour elles de gérer cela. » « Je pense que 90% des volumes ne seront pas dépassés, estime Jean-Claude Darlet, président de la chambre d'agriculture. Il reste quelques points noirs limités, pour lesquels nous devront trouver de nouvelles ressources, notamment en augmentant les capacités de stockage en hiver, avec des aides de la Région, du Département et de l'Agence de l'eau. » Il ajoute : « Nous devons nous prendre en main au niveau de la profession. Sinon, d'autres le feront pour nous ».
Le président de la chambre d'agriculture plaide pour la relance du plan départemental d'irrigation pour financer « une agriculture à haute valeur ajoutée ». Il attend des engagements de la part de l'Agence de l'eau. Laquelle répond qu'elle ne finance pas le développement des surfaces irriguées, mais des projets d'obédience environnementale. « Optimiser l'existant ou substituer des ressources, c'est le rôle de l'Agence de l'eau, mais pas le financement du développement économique ». Il faudra donc veiller à la formulation des projets... Jean–Pierre Barbier, le président du département a déclaré que les engagements de 2016 seront à la même hauteur que 2015. Il débloquera des aides dans le cadre de la politique régionale.

Isabelle Doucet

Asa* : association sydicale autorisée

 

La clé de répartition

Les critères de partage des volumes entre irrigants d'un même bassin versant s'effectue par sous unités de gestion. 60% sont attribués en part fixe ; le ratio par hectare est le même pour tous. 40% sont attribués en parts variables ; il est tenu compte du type de sol et de cultures. Les quotas sont établis par unités de pompage.
A noter, 43% des volumes concernent des installations individuelles et 57% des collectifs (Asa, Cuma, communes, syndicats d'irrigants).
En 2015, le volume consommé en Isère est de 51 millions de m3, soit légèrement inférieur aux années 2004 à 2009 où il était de 58 millions de m3.