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Energie renouvelable

Les éoliennes : une énergie complémentaire

Selon certains opposants, les éoliennes ne produiraient de l'énergie que 25% du temps et l'Isère ne serait pas un département propice à leur installation... Ces immenses machines suscitent souvent la polémique et engendrent de nombreuses idées reçues. Eléments de réponse avec l'aide de François Pocquet, chargé de mission énergie à l'Ageden (association pour une gestion durable de l'énergie en Isère) à Grenoble.
Les éoliennes : une énergie complémentaire
L'Isère, département propice au développement de l'éolien ?
Il existe quelques niches où le vent est suffisamment fort pour implanter des éoliennes. « Il y a par exemple, le plateau de Corps avec la commune de Pellafol, le Nord-Ouest de l'Isère, les Chambaran, le plateau du Sénépi, en Matheysine ou encore la vallée du Rhône », précise François Pocquet, de l'Ageden. En Isère, sur les 8 700 heures que compte une année, le vent soufflerait à plus de 5 à 6 mètres par seconde pendant au mieux 2 500 heures par an. « C'est un bon potentiel, même si le département est moins venté que d'autres », juge-t-il.

Les opposants aux éoliennes affirment que l'énergie produite n'est pas une réponse aux besoins électriques des Français. Qu'en est-il vraiment ?
Aujourd'hui, l'éolien ne représente qu'1,5 % de la production électrique française. Et selon François Pocquet, « elles ne répondront jamais à elles-seules à nos besoins. C'est évident qu'il faut l'associer avec un autre type d'énergie comme l'hydraulique ». Le problème soulevé fréquemment est celui de la gestion des pics de consommation hivernaux. Dans cette situation, les centrales nucléaires, seules, ne suffisent plus. Des centrales thermiques (au gaz, fioul ou charbon), prennent alors le relais. Selon les opposants, la production électrique des éoliennes n'est pas une réponse à ce besoin, car elles ne produiraient de l'énergie que 25 % du temps. « Nuance : elles ne produisent de l'énergie, à pleine puissance, que 25% du temps. Le reste du temps, elles continuent à produire, mais à un vent plus faible. Plus on associera l'énergie éolienne avec un autre type de production, comme l'hydraulique notamment, plus on pourra diminuer l'usage des centrales thermiques. Mais, c'est avant tout quand on changera nos comportements que l'on pourra véritablement diminuer la part de l'énergie nucléaire. Selon RTE (le réseau de transport d'électricité), il faudrait 20 gigawatts d'éoliens pour remplacer la puissance de quatre gigawatts de centrales thermiques ».

Le réseau électrique est-il capable d'absorber cette nouvelle électricité ?
La réponse de François Pocquet est claire : « Tant que le réseau sera aussi mal fait, il y aura toujours une limite pour intégrer ce type d'énergie. Il y a encore trop peu de postes sources sur le territoire pour augmenter la part de l'éolien ».

Effet de mode ou réel intérêt ?
Les objectifs du Grenelle de l'environnement sont très ambitieux. Le problème ? « Les actes ne suivent pas. Au départ, il y avait des aides pour les photovoltaïques, mais le gouvernement revient dessus. Les démarches administratives sont très complexes et favorisent les groupes industriels. Le Grenelle a pour objectif de passer à 20 gigawatts d'éoliennes d'ici 2020, mais de nouvelles contraintes ont vu le jour comme l'obligation de faire partie d'une zone de développement éolien et d'un schéma régional éolien. Comment arriver à cet objectif alors qu'il y a autant de freins ? »
L.A