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Sécurité routière

Les élèves de 3e proches du 10 de conduite

Les élèves de 3e de l’école privée Sainte Marie à La Verpillière ont testé pour la première fois la conduite accompagnée dans leur cour de récréation durant l’opération « 10 de conduite ».
Les élèves de 3e proches du 10 de conduite

L'école privée Sainte-Marie de La Verpillière a reçu mi-septembre pendant une semaine la piste « 10 de conduite » de Groupama, pour sensibiliser les élèves de 3e à la conduite. Après quelques questions de code en salle de classe, ils ont pu conduire une dizaine de minutes, accompagnés d'un gendarme, dans la cour de récréation. « On organise des conférences au sein de l'école pour sensibiliser à la prise de drogues. On avait envie de recevoir le « 10 de conduite » pour la pratique de la conduite. Les enfants sont ravis car ils n'ont jamais conduit », raconte Danielle Giroud, éducatrice auprès des classes de 3e. Pour les gendarmes, c'est le bon âge pour sensibiliser. « On intervient juste avant qu'ils entament la conduite accompagnée l'année suivante. Ils sont plus attentifs. Au lycée, les jeunes pensent déjà qu'ils savent tout et que rien n'est grave en conduite », explique le gendarme Florence, du peloton motorisé de La Verpillière.

Perdre les pédales

Durant la session de code, le but est de revenir sur les grandes causes d'accidents de la route telles que l'alcool et la prise de drogues. « Comment peut-on faire diminuer l'alcool après avoir bu ? », interroge le gendarme Florence. « On boit du café ? De l'eau ? On mange ? », les idées reçues ont la vie dure. « Tout cela ne change rien, on dort ! », reprend-t-il. La session revient également sur l'utilisation du téléphone au volant. « Ils connaissent déjà certaines conduites à risque », explique le gendarme Chiapelli, du peloton motorisé de la Verpillière et chef de la piste « 10 de conduite ». Mais les jeunes n'ont pas forcément toutes les bonnes réponses pour réagir. Afin de prendre conscience du danger, les 160 élèves passent ensuite à la pratique de la conduite. Dans la cour de récréation, des plots ont été installés pour simuler un rond-point, un stop et quelques tournants, accompagnés des panneaux réglementaires. « On les laisse s'installer au volant. On voit que certains ont déjà conduit, d'autres sont très stressés », raconte le gendarme adjoint volontaire Pourreaux, de la brigade de Villefontaine, instructeur de conduite pour la journée.
A côté de la piste, les jeunes attendent leur tour. « J'ai trop hâte, mais j'ai trop peur », raconte Shannon. Pour Ambre, le problème est plutôt technique : « Je pensais qu'on aurait des petites voitures et pas des grandes comme ça ! » En fonction des envies des jeunes, certains utilisent les pédales, d'autres préfèrent se concentrer sur le volant et le frein. « J'ai pas mis les clignotants, ça fait trop d'informations », explique une jeune fille, passée la première derrière le volant. « C'est la première conduite avec un véhicule, ils sont très stressés au premier tour. Au deuxième tour, ils sont déjà plus détendus et se mettent à toucher l'accélérateur. Cela leur enlève l'appréhension de la voiture », explique le gendarme Hopgood, du peloton motorisé de Rives, chargé de contrôler leur conduite.

Sensibilisation aux risques

Afin de comparer les questions de code, et les sensations pour tenir le volant, les gendarmes prêtent deux paires de lunettes montrant l'effet de l'alcool sur le corps, comme la vue floue et le champ de vision rétréci. Les élèves doivent slalomer, faire un tour sur eux-mêmes, toucher leurs pieds et repartir vers leurs collègues. La démarche titubante, l'exercice est compliqué. « Ils prennent conscience que lorsqu'on a bu, on voit moins bien, qu'on perd l'équilibre... et que c'est impossible de reprendre le volant derrière », confirme le gendarme Pourreaux. Du code à la phase pratique, chaque élève a été noté. Les premiers, ainsi que la meilleure classe, reçoivent un prix offert par Groupama. « Le premier reçoit 120 euros, le deuxième un CD pour s'entraîner au code, et le troisième les doubles-rétroviseurs pour faciliter la conduite accompagnée », détaille Danielle Giroud. La classe reçoit, quant à elle, un trophée. C'est un bon encouragement à la découverte de la conduite avant de passer aux premières heures d'auto-école et aux campagnes de sensibilisation des gendarmes. « Au lycée, on attaque le volet répressif dans la présentation et les vidéos choc », confirme le gendarme Chiapelli. De quoi appuyer sur le frein.

Virginie Montmartin