Les éleveurs au Sommet
1 500 stands professionnels regroupés sur 18 hectares. La 27éme édition du Sommet de l'élevage de Cournon a de quoi répondre aux interrogations des 95 000 visiteurs professionnels durant les 3, 4 et 5 octobre. Yves Souillet-Désert, éleveur allaitant à Saint Marcel Bel-Accueil, est venu pour la première fois au salon, accompagné de ses deux fils. Loïc, en 1ère année du Bac à la maison familiale et rurale (MFR) de Mozas, est en stage dans un élevage laitier tandis que son frère, Luc, 1ère année de CAP à la MFR, réalise son stage chez son père. Ils se promènent ensemble au milieu des nombreuses allées de matériels agricoles du Sommet. « J'aime bien voir les nouveautés. Le salon regroupe beaucoup de marques et cela permet de rencontrer quelques commerciaux », explique Yves Souillet-Désert. Adhérent aux mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC), il a acheté récemment un broyeur pour entretenir ses haies. Il s'est donc rendu au stand du fabricant pour échanger sur sa machine.
Trouver des débouchés
Derrière les tracteurs rutilants et les bêtes bien brossées, les préoccupations des éleveurs au salon sont concrètes. Certains, comme Yves Souillet-Désert, ne sont présents qu'en raison de la sécheresse qui s'éternise. « C'est exceptionnel que je visite un salon en semaine. D'habitude, un tel évènement à cette période ne concorde pas avec le travail. Cette année, c'est tellement sec qu'on ne peut rien faire », explique-t-il. Deuxième problème : les débouchés. « Je faisais du veau de lait mais le marché est saturé alors je dois garder mes veaux plus longtemps, jusqu'à deux ans, pour les vendre en broutards », explique l'éleveur. Pour garder les broutards, il faut de l'espace. Il aimerait déplacer son espace de stockage pour agrandir sa stabulation, en limitant les coûts. Lui et ses fils poursuivent donc la visite vers les fabricants de tunnels pour prendre quelques renseignements. Le tunnel doit pouvoir garder les stocks au sec. L'éleveur souhaite donc se renseigner sur les modèles avec sols et petits murs en béton. « J'ai posé quelques questions sur les permis de construire. J'ai pris des contacts, on verra ce que ça donne ».
Rester groupés
Pour Didier Bréchet, éleveur d'une centaine de prim'holstein à Saint-Chef, direction l'entreprise Evolution pour parler génétique et croisement. « J'ai échangé sur quelques accouplements à prévoir », explique-t-il. Pour sortir de son exploitation et avec l'envie de s'engager, l'éleveur est aussi administrateur de la Coopérative dauphinoise et président de Cerfrance Isère. Il s'est donc rendu sur les deux stands professionnels pour échanger avec les confrères. « Je ne venais pas forcément au Sommet avec un objectif en tête. Je viens plutôt voir l'ambiance et prendre la température », raconte-t-il.
Si certains éleveurs isérois se sont rendus au salon par leurs propres moyens, 40 agriculteurs, comme Yves Souillet-Désert et Didier Bréchet, ont embarqué pour l'occasion dans le bus de la FDSEA Isère. Parmi eux, des éleveurs allaitants et laitiers, mais aussi des céréaliers intéressés. La diversité des profils agricoles se retrouve d'ailleurs à Cournon. Selon les chiffres annoncés, 58% des visiteurs sont du secteur allaitant, 28% du secteur laitier, et 11% des cultures.
Concours et démonstrations
En dehors des espaces commerciaux, le Sommet de l'élevage de Cournon fait aussi la part belle aux concours de races, autant laitières qu'allaitantes. Durant trois jours, sont présentées sur des rings séparés chaque catégorie. Pour le plaisir, Yves Souillet-Désert et ses fils ont admiré les bovins allaitants présentés aux différents concours. « Les bêtes sont belles mais très calmes. Cela donne une bonne image au grand public mais c'est pas forcément les bêtes qu'on a dans nos près », raconte l'éleveur.
Du côté des ovins, les races rustiques du massif central ainsi que les démonstrations de chiens de bergers en ont intrigué plus d'un.
Pour Bernard Verdel, éleveur isérois qui a présenté deux prim'holstein au sommet de l'élevage, l'événement est particulier. « C'est le rendez-vous le plus important de l'année. On a accès à tout, autant en élevage, qu'en matériel, qu'en alimentation... » Pour répondre aux attentes, une seconde halle d'exposition, en dur, est prévue pour 2020.
Virginie Montmartin
Bravo l’Isère
L’Isère a été primée aux concours des blondes d’aquitaine et des prim’holstein au Sommet de l’élevage.
Chez les prim’holstein de Bernard Verdel, on est primée de mère en fille. Cette année, c’est Jurianne, une jeune vache en 2ème lactation, classée deuxième de sa catégorie, et Eglantine, vache en 5ème lactation, classée troisième. « On ne sait jamais le résultat et les attentes du jury. J’ai monté deux vaches, et les deux sont primées, c’est la cerise sur le gâteau », explique Bernard Verdel. L’éleveur de Saint-Didier-de-la-Tour monte au salon chaque année depuis 11 ans. « C’est une passion de la race et de l’élevage mais aussi un plaisir. On ne connaîtrait que les éleveurs de notre coin sans ces rencontres ».Deux éleveurs ont aussi été récompensés dans la section blonde d’aquitaine. Henri Gueydan, de la SCEA Redipe à Courtenay, a vu son taureau Mimosa classé 4ème dans la section taureaux âgés de 2 à 3 ans. Pour Mickael Tracol, éleveur à Notre-Dame-de-Vaulx, deux femelles ont été primées : Imagine, classée 2ème dans la section femelle plus de 3 ans, et Lili, classée troisième dans la section femelles âgées de 2 à 3 ans.L’élevage en famillePourtant, le sommet n’aurait pas la même saveur que les autres années. « J’ai l’impression qu’il y a moins d’éleveurs que les autres éditions et qu’ils ont moins le moral. Entre la sécheresse et le prix du lait, certains parlent d’arrêter dans les allées », raconte Bernard Verdel. Pour lui, le salon est un « moyen de se vider un peu la tête ».C’est son fils, Stéphane, qui a emmené leurs deux vaches au sommet. Pour le père, il ne faut pas oublier que derrière les prix, l’élevage est avant tout un travail d’équipe. « J’ai mon fils, ma femme et un salarié qui m’aident au quotidien. C’est un travail familial ». VM