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Charolais

Les éleveurs charolais se professionnalisent

Les éleveurs de charolais ont tenu leur assemblée générale mi-février à Viriville. Après avoir évoqué les incertitudes liées à la nouvelle politique européenne, ils sont revenus sur les bons résultats des concours, visiblement mieux préparés, et ont annoncé le lancement d'une opération "panneau de ferme".
Les éleveurs charolais se professionnalisent

Quand on évoque la nouvelle Pac, les éleveurs de charolais, comme beaucoup de leurs collègues, affichent leur inquiétude : « On ne sait pas à quelle sauce on va être mangés. » Lors de leur assemblée générale, les visages se sont crispés lorsqu'Audrey Vigoureux, conseillère à la chambre d'agriculture de l'Isère, a présenté les grands axes de la politique européenne. « Les éleveurs se sont rendu compte que très peu allaient gagner en dépit des mesures en faveur de l'herbe », soupire Raphaël Loveno, président du Seci (syndicat des éleveurs charolais de l'Isère). Toutes les dispositions ne sont pas encore arrêtées et nombreuses sont les zones d'ombre. Quid des contrats d'herbe en plaine par exemple ? Qu'en sera-t-il des éleveurs qui bénéficient de primes herbagères (PHAE), sans pour autant se trouver dans des zones pouvant prétendre à l'ICHN ? Beaucoup craignent de perdre une part importante de leurs revenus. David Rivière, vice-président du syndicat, cite le cas critique d'un jeune éleveur installé récemment qui, ayant intégré ces aides dans son plan de trésorerie pour financer la construction d'un bâtiment, risque de se retrouver en fâcheuse posture.

Sursaut de professionnalisme

Ces inquiétudes mises à part, les éleveurs de charolais vont de l'avant. Certes, la situation du syndicat est fragile. « Nos seules rentrées financières sont dues au revenus que nous tirons de la restauration à la Beaucroissant d'avril, prévient Raphaël Loveno. Mais cette année, avec le temps calamiteux, nous n'avons fait aucun bénéfice : nous avons juste couvert nos frais. Il n'y a donc rien d'acquis. » La santé des exploitations est moins préoccupante. Le bilan de l'année 2013 est même plutôt favorable. Les cours de la viande ont été convenables et, en dépit de récoltes fourragères tardives et de qualité grossière, « nos animaux tirent leur épingle du jeu », s'est réjoui le président du syndicat. Pour preuve, les résultats satisfaisants du concours départemental de Saint-Laurent-du-Pont, en août, qui ont conduit aux bonnes performances du concours inter-départemental charolais sud-est : « Par rapport à l'année précédente, marquée par un défaut de préparation manifeste, notre participation au départemental trois semaines avant, nous a permis de présenter des animaux mieux sélectionnés et préparés, ce qui s'est ressenti dans les résultats », a déclaré Raphaël Loveno, visiblement heureux de ce sursaut de professionnalisme.

Autre motif de satisfaction : le travail de fond en faveur de l'investissement génétique dans les élevages du département. Le Syndicat a décidé de renouveler son aide de 150 euros pour les transplantations embryonnaires, les achats de dose de grands raceurs et les achats de reproducteurs mâles ou femelles inscrits issus de parents qualifiés. Seule condition pour bénéficier de l'aide : fournir une copie de la facture correspondante.

Panneaux de ferme

Dans un autre registre, le syndicat s'est associé aux éleveurs limousins pour une opération « panneau de ferme ». Inspirée de ce qui se fait en Saône-et-Loire, l'idée mûrit depuis trois ans dans l'esprit des éleveurs isérois et devrait voir le jour au printemps. Il s'agit d'apposer une pancarte nominative à l'entrée de chaque exploitation qui en fera la demande, et de la compléter d'un dispositif de fléchage : « C'est super pour les livreurs ou les gens qui viennent chez nous et qui ne parviennent pas à nous trouver », s'enthousiasme Cédric Berruyer, du Gaec du Camp, à Viriville, qui avait invité ses confrères à venir visiter son exploitation. Les panneaux, d'une valeur de 250 euros environ, devraient faire l'objet d'un soutien financier accordé par le syndicat.
Enfin, David Rivière a annoncé la tenue de l'assemblée générale de l'association des jeunes éleveurs charolais (AJEC) le 17 mai prochain à La Côte-Saint-André. Une grande première pour le département.

Marianne Boilève