Les éleveurs montbéliards en Haute-Savoie
Le modèle est différent de celui qu'ils connaissent. C'est justement pour le découvrir que le syndicat des éleveurs montbéliard a organisé, le 8 février, la visite du Gaec du Champenois, dirigé par la famille Duclos.
Implantée à Frangy, en Haute-Savoie, cette exploitation familiale fait travailler dix associés et deux salariés. Ces derniers exploitent 300 hectares de SAU, produisent 1 500 000 litres de lait grâce à leur 150 vaches (valorisé autour de 460 euros les mille litres) et élèvent 20 à 25 000 volailles par an. Ils transforment également une cinquantaine de vaches à l'année, 200 porcs et un ou deux veaux de lait par semaine. Ces produits sont commercialisés dans le magasin de la ferme et dans deux magasins de producteurs. Les résultats économiques de l'exploitation interpellent. Le Gaec réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires d'1,6 millions d'euros, un EBE de 500 000 euros et supporte 200 000 euros d'annuités.
L'exploitation n'a pas toujours eu cette dimension-là. Au départ, ils étaient quatre, mais quand la troisième génération s'est installée, les nouveaux associés se sont lancés dans la volaille. Leur lait étant soumis au cahier des charges des IGP tomme de Savoie et raclette, il leur aurait fallu – beaucoup - plus de surfaces et de vaches. Impossible.
Un autre fonctionnement
Cette exploitation n'a pas été choisie au hasard par le syndicat montbéliard. Elle fait partie des plus importants Gaec de Haute-Savoie et elle est propriétaire d'un des meilleurs troupeaux de France. Les membres du syndicat l'avaient déjà visité en 1999. « Nous avons constaté que l'exploitation n'avait plus rien à voir avec celle qu'elle était à ce moment-là. Nous voulions voir l'évolution. Elle est importante », souligne Stéphane Richard, président du syndicat. « D'autres ateliers ont été créés. Dernièrement, ils ont fait récemment d'importants investissements comme une nurserie pour les veaux et un séchage en grange », ajoute-t-il. Sur le plan humain, le Gaec connaît une dynamique intéressante. Quatre nouveaux associés se sont installés en quatre ans et deux générations travaillent ensemble. Le plus âgé a 53 ans et le plus jeune a 19 ans.
Pour les éleveurs, il était intéressant aussi de voir le fonctionnement de la structure. « Tout est bien organisé. Les associés ne font pas de réunion mais déjeunent tous les jours ensemble », raconte le président du syndicat.
La visite a intéressé les éleveurs isérois. Au-delà de la dimension conviviale de la journée, ils ont apprécié la qualité des animaux, d'autant que l'augmentation du nombre de bêtes n'a pas fait diminuer le volume produit par chacune. Il reste aux environs de 9 500 - 10 000 kilogrammes par an. Ils ont découvert un autre fonctionnement dans lequel les Gaec importants sont fréquents. « C'est un état d'esprit différent », note Stéphane Richard.