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Horticulture

Les horticulteurs et pépiniéristes jouent collectif

Le salon Isère végétal, dans sa première édition, prend la relève du salon Bièvre végétal. Organisé jeudi 20 septembre au château Louis XI de La Côte-Saint-André, il a regroupé une dizaine de pépiniéristes, horticulteurs et paysagistes du département.
Les horticulteurs et pépiniéristes jouent collectif

« Nous venons de passer des années difficiles avec la disparition de 20% des entreprises horticoles en France ces cinq dernières années ». Pour Dominique Bonnardon, président de la Fédération départementale des producteurs de l'horticulture et des pépinières (FDPHP), les professionnels du secteur doivent se serrer les coudes pour accéder aux marchés. C'est le but de la première édition du salon Isère végétal qui regroupe une dizaine de professionnels. Il prend le relais de Bièvre Végétal. « Nous sommes 69 producteurs dans le département mais beaucoup travaillent auprès des particuliers ou des jardineries. La cible d'aujourd'hui, ce sont les collectivités », explique-t-il. « Beaucoup de marchés nous échappent par les appels d'offres », raconte David Boully, horticulteur associé de la roseraie Félix. Près de 30% des végétaux plantés en France viennent de l'étranger. La FNPHP a donc développé une charte de l'achat local pour inciter les collectivités à favoriser la production française. Les horticulteurs et pépiniéristes doivent aussi faire face au risque de suppression du dispositif d'aide à l'embauche de travailleur occasionnel demandeur d'emploi (TODE). « Les travailleurs saisonniers sont déjà 37% plus chers que les Italiens, et 27% de plus que les Allemands », signale Dominique Bonnardon à l'adresse de Monique Limon, députée de l'Isère et Didier Rambaud, sénateur.

Une nouvelle stratégie

Pour Jérémy Vaudaine, de la pépinière Fougère-Vaudaine, c'est une question de stratégie. « Cela dépend des choix des élus des communes. En fonction du budget, certains privilégient les variétés locales, d'autres achètent tout à l'étranger via des plateformes. Aujourd'hui, on doit tout avoir dans nos pépinières pour être compétitifs ». Afin de favoriser ce regroupement, les organisations syndicales développent des outils numériques comme Végéstock. « C'est un catalogue des stocks des professionnels. Le but est de vous fournir aux alentours de chez vous des compléments de gamme pour répondre à la demande », présente Thierry Roy, de la FNPHP. Cet outil est complémentaire de Floriscope développé par l'interprofession française de la floristerie, de l'horticulture et du paysage Val'hor, à destination des professionnels du secteur et des collectivités. « C'est un outil de consultation de données scientifiques fiables, assorti de photos pour choisir et connaître les végétaux », précise Benjamin Pierrache, chargé d'étude chez Val'hor.

Privilégier le zéro phyto

Se regrouper peut être une solution, mais pour l'Union nationale des entreprises du paysage (UNEP), le problème viendrait en premier lieu des cahiers des charges des communes. « Les collectivités demandent du zéro phyto. Mais elles privilégient aussi le prix. Elles devraient demander des conseils en aménagement dès la conception du projet, explique Laetitia Dumas, les produits français sont plus chers à l'achat mais ils résistent mieux dans le temps. » La part du chiffre d'affaires du secteur envers le marché public est de 27,5%, à égalité avec les entreprises privées.
Entre les demandes des élus, l'UNEP et la FNPHP, les services des espaces verts des communes ont du mal à résoudre l'équation. « Je souhaite favoriser les entrepreneurs locaux car ils proposent des produits adaptés au territoire. Mais il y a une baisse des dotations, donc on doit sélectionner des projets rentables, efficaces et peu coûteux », explique le responsable des espaces verts de la ville de Rives. Il estime qu'il faudrait harmoniser les lieux où le zéro phyto est obligatoire afin d'éviter les exceptions comme les cimetières. Cela faciliterait les choix de produits et le respect de chaque cahier des charges.

Virginie Montmartin

Technique /Entretenir les espaces verts en zéro phyto

La plantation pose question aux différentes filières professionnelles. L'entretien des espaces verts a également connu quelques changements ces dernières années.

L'entreprise Bonfils travaille avec des collectivités. Depuis quelques années, le concessionnaire observe quelques changements dans les demandes. « La taille des espaces verts est de plus en plus restreinte et les collectivités privilégient le matériel qui fonctionne à l'essence et non plus au diesel », explique Régis Glenaz, commercial du matériel espaces verts dans le secteur du Nord-Isère, venu présenter quelques machines au salon Isère végétal. En fonction de la taille des communes, la stratégie logistique n'est pas la même. « Certaines vont acheter une machine de taille imposante dont on change la partie avant pour s'adapter aux différents travaux. D'autres vont acheter plusieurs petites machines pour chacun des travaux ».
De nouvelles solutions pour le zéro phyto
Depuis quatre ans, l'entreprise développe aussi des solutions pour répondre à la demande d'entretien en zéro phyto. Pour les grandes étendues, la marque propose du travail mécanique comme la herse étrille. Pour les actions plus ciblées, l'entreprise conseille un système thermique innovant. « On utilise une mousse à base d'huile issue de différentes plantes chauffée à 92°C qui encapsule la plante. On va jouer sur l'épuisement de la plante », raconte Régis Glenaz. L'avantage principal d'un tel système est qu'il peut être utilisé à proximité des cours d'eau, des habitations ou des jeux pour enfants et indépendamment des conditions météo. Pour les petites surfaces, l'entreprise propose aussi un système basé sur de l'air chaud pulsé à 600°C. Cela permet de détruire les structures de la plante. Cependant, à l'inverse de produits tel que le glyphosate qui ne demandait que deux passages, c'est la répétition qui fait aussi l'efficacité du produit. « On doit faire environ trois répétitions pour le produit à base de mousse et quatre à cinq répétitions pour le système à air pulsé », détaille Régis Glenaz.
VM