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Horticulture

Les horticulteurs planchent sur la convention collective

Les métiers changent et l'environnement évolue : de quoi alimenter un ordre du jour très fourni lors de l'assemblée générale de la FNPHP à Moirans.
Les horticulteurs planchent sur la convention collective

Les horticulteurs et pépinéristes sont d'importants employeurs de main-d'œuvre. Réunis en assemblée générale à Moirans le 31 janvier, les adhérents de la FNPHP(1) se sont penchés sur la future convention collective agricole en négociation depuis deux ans. Valérie Pocard, juriste à la FRSEA, a présenté les avancées du dossier. Le document définitif ne devrait pas être signé avant le Salon de l'agriculture 2021. Son champ d'application portera sur la production agricole et les Cuma. Le contenu de la convention collective nationale (CCN) comporte des apports comme le télétravail, le droit à la déconnexion et une retraite supplémentaire. Les accords locaux (11 pour 12 départements) présentent quant à eux quelques avantages pour les salariés comme les congés pour événements familiaux, la prime d'ancienneté ou la majoration des dimanches et jours fériés qui ne figurent pas aujourd'hui dans la future CCN. La principale évolution concerne la nouvelle classification car ce sont les compétences qui seront désormais ciblées afin de répondre à l'évolution des métiers.

Nouvelle grille

Les grilles de classifications prendront en compte cinq critères d'appréciation. Il s'agit de la technicité ; de l'autonomie ; de la responsabilité ; du management et du relationnel. Il y a six degrés par critères auxquels correspondent des points attribués. L'addition du nombre de points indique la position du salarié. La fourchette de points donne un palier (il y en a douze) auquel correspond une rémunération minimale. « L'objectif de la convention nationale est de pouvoir embrasser tous les métiers », indique la juriste. Pour les horticulteurs, le passage à la nouvelle grille s'annonce compliqué, « mais ça l'était déjà », ironisent-ils. « C'est une valorisation de l'employé, mais cela permet aussi de le cadrer », estime le rosiériste Philippe Laperrière.

Reste aux professionnels à poursuivre les discussions pour parvenir à un accord d'ici 12 à 18 mois, sur la base d'un cumul des conventions locale et nationale ou bien d'une renégociation ou d'une dénonciation. Mais sans accord, c'est le cadre national qui s'appliquera. L'enjeux est l'attractivité de ces entreprises qui ont fortement recours à la main-d'œuvre.

Intempéries

Dominique Bonnardon, le président de la FDPHP, est revenu sur les intempéries qui ont endommagé les cultures en 2019. L'épisode neigeux des 14 et 15 novembre, qui a particulièrement affecté le secteur de la plaine de Bièvre, fait l'objet d'une reconnaissance de calamité agricole. Le dossier de perte de fonds est à remplir. Sont concernés les végétaux destinés à être vendus l'année suivante. Quant aux plantes récupérables, leur dépréciation s'exprime en pourcentage. Il convient de conserver le maximum de preuves. Enfin, le président rappelle que le brûlage des végétaux pour raisons sanitaires est soumis à déclaration auprès des instances (DDT, mairie, gendarmerie etc.). Répondant à Jérôme Crozat, président de la FDSEA au sujet des actions syndicales menées pour un moratoire sur les ZNT, Dominique Bonnardon a souligné combien les entreprises horticoles sont concernées par le sujet, « car elles sont très enclavées ».

Au niveau national François Félix, qui achève son deuxième mandat et passe la main, a annoncé le lancement d'une étude comparative internationale sur les coûts de production afin que les producteurs sachent jouer sur leur avantages concurrentiels. Il a aussi signalé qu'un indice national des prix dans l'horticulture et la pépinière sera mis en place en juin 2020 « pour permettre aux entreprises d'avoir une base fiable et solide pour négocier leurs tarifs avec leurs clients ».

Isabelle Doucet

 

(1) FNPHP: Fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières

 

Concours /Le département de l'Isère a confié au CAUE la gestion du label Villes et villages fleuris.

Villes et villages fleuris : adieu le jury local

Le département a confié au CAUE(1) de l'Isère l'évaluation des collectivités pour le label Villes et villages fleuris. C'est une petite révolution pour ce qui était jusque là un concours piloté par un jury. L'ingénierie désormais mise en place consiste d'une part à sensibiliser les communes désireuses d'obtenir le label ou de progresser dans cette distinction, d'autre part d'animer ce réseau de communes labellisées ou susceptibles de l'être. Pour obtenir ce label, les collectivités bénéficient d'une évaluation individuelle menée par le CAUE puis d'un accompagnement collectif. A ce jour, le CAUE a réalisé 19 diagnostics dans les communes pour lister les actions qu'elles devront mener. Des visites d'une demi-journée sont conduites par des élus-techniciens, des paysagistes du CAUE et des experts label. Le principe de la visite croisée a été mis en place afin que les communes se visitent et s'évaluent entre elles. Le CAUE peut ensuite formuler des conseils et proposer à la commune une échéance pour présenter son dossier devant un jury régional. Le département de l'Isère, qui expérimente ce nouveau dispositif, est le seul à n'avoir ni jury, ni palmarès. « Nous avons l'impression que les professionnels et les producteurs sont évincés du dispositif », a fait remarquer dans un message Emmanuel Valentin. Les inquiétudes sont nombreuses d'autant que les critères environnementaux sont prépondérants par rapport au fleurissement. Les fleurs comptent pour 11% dans l'évaluation, les végétaux pour 32% et la biodiversité, l'environnement, les espaces nature et la qualité de vie pour 63%.
Marylise Fillon, chargée de mission, et Rachel Antoine, responsable du pôle paysage au CAUE, ont souhaité rassurer les horticulteurs et pépinéristes en les associant au futur forum isérois des Villes et villages fleuris. Il s'agit d'une série d'actions pour l'animation du réseau qui va d'un rendez-vous annuel avec les communes à des rencontres avec les partenaires. La nouvelle règle du jeu veut que le label soit soumis à une adhésion préalable payante des communes. Elles ne reçoivent plus de dossier d'inscription mais font l'objet d'un mailing d'information. Il y a 48 communes labellisées en Isère, soit 9%, ce qui place le département largement en dessous de la moyenne nationale qui s'établit à 14% de Villes et villages fleuris. Dans ce nouveau dispositif, rien n'est prévu pour les particuliers.
ID
CAUE : Agence Conseil architecture urbanisme environnement