Les jeunes éleveurs se penchent sur les génisses
C'est un exercice récurrent pour les étudiants de deuxième année en BTS productions animales du CFPPA de La Côte-Saint-André. La journée des jeunes éleveurs (JJE) mobilise l'ensemble des compétences des jeunes apprentis autour d'un thème imposé. Cette année la journée était centrée autour de L'optimisation des conditions d'élevage des femelles de renouvellement ; bovins, ovins, caprins.
Les étudiants avaient à peine trois mois pour proposer un état des lieux, technique et économique, des stratégies de renouvellement des troupeaux. Les treize jeunes ont bâti leur dossier à partir de l'expérience de leurs maîtres d'apprentissage et de la rencontre d'une quinzaine d'éleveurs en production laitière, auxquels ils ont soumis un questionnaire. « Ce qui nous permet de voir les enseignements du cours en pratique, explique Charlotte Chauvin, une étudiant du BTS PA. Sur le terrain, on comprend mieux les différents systèmes d'exploitation. »
Dans l'amphithéâtre du lycée tout juste rénové, devant environ 200 jeunes de BTS Acse, BTS PA 1e année, bac pro production animale 2e année et des MFR de Chatte et Mozas, les étudiants ont déroulé le résultat de leurs recherches. Comment sélectionner ? Quel âge pour la mise en reproduction ? Vêlages groupés ou non ? Monte naturelle ou insémination ? Le travail est fouillé, les élèves mettent en perspective vêlages et système fourrager au service de la performance économique de l'exploitation. Ou encore soulignent le recours grandissant à l'insémination animale.
Age du vêlage
Lors du débat qui a suivi la présentation, Mathilde Vial, du contrôle laitier, confirme les conclusions proposées par les étudiants. « Les femelles de renouvellement sont le point central d'une exploitation. La rentabilité de l'exploitation dépend de la réflexion autour du taux de renouvellement, de l'âge du vêlage ». Christian Descours, vétérinaire à la DDPP38, insiste sur le bien-être animal et sur « l'évolution des conditions d'élevage des femelles de renouvellement. C'est le devenir de l'élevage et il faut en tenir compte, faire le bon choix. Suivre une ligne directrice est important ». Quentin Charvet, exploitant à Belmont, apporte une approche pragmatique : « Il faut que la génisse grandisse bien, mieux elle sera élevée et plus elle produira de lait. » « Entre zéro et six mois, ce n'est pas le moment de se rater pour une génisse et de faire des économies, reprend Mathilde Vial. Le plus compliqué à gérer est le stress au départ du sevrage. C'est une phase à réfléchir et à optimiser. » Dans la salle, les étudiants s'interrogent sur la précocité des vêlages. « Ce qui est important c'est le poids et non pas l'âge », explique Rémi Durand, nutritionniste.
Taux de renouvellement
Interrogée sur le nombre de litres de lait qu'un veau consomme, Mathilde Vial recommande de « se repérer à 2% du poids vif consommé ». L'essentiel est que l'animal boive suffisamment dès le 1er jour pour avoir le colostrum nécessaire. « La prise de colostrum au démarrage est essentielle pour l'immunité », confirme Rémi Durand. Une fois cette phase passée, il souligne qu'il y a deux écoles chez les éleveurs : la poudre de lait ou le lait entier. « Il faut 400 litres de lait pour sevrer une génisse, ce qui revient à une centaine d'euros, ou alors deux sacs de poudre à 45 euros chacun. » Il faut compter environ 1 300 euros pour élever une génisse. Le taux de renouvellement d'un troupeau se situe, d'un point de vue économique, entre le produit généré par les vaches de réforme et la charge des génisses. Certains élevages sont à 20%, d'autres renouvellent de façon plus soutenue, détaillent les experts. Elèves et intervenants s'accordent à penser que les femelles de renouvellement, qui sont l'avenir du troupeau, méritent, au même titre que les vaches, toutes les attentions en matière de bien-être animal, de logement, d'alimentation, de génétique et de sélection.
A l'issue des débats, les deuxième année de BTS PA ont passé le flambeau aux première année qui devront se pencher sur Les services rendus à la société par l'élevage en France. « Bon courage ! » leur ont-il souhaité.
Isabelle Doucet
Résultats du CJAJ Bovin et du CJAJ Equin
Le concours de jugement des animaux par les jeunes (CJAJ), catégorie bovins, est ouvert aux jeunes professionnels et aux apprenants des établissements agricoles, à partir de la classe de seconde, âgés de 15 à 25 ans. La finale départementale, qui s'est déroulée le 6 décembre dernier, a réuni 37 candidats.La finale nationale est organisée lors du Salon de l'agriculture de Paris :
Le concours distingue, pour l'espèce bovine, les Trophées du meilleur pointeur de race (TMPR), pour les races montbéliarde, prim'holstein, charolaise et limousine.
Les gagnants, qui iront en finale à Paris, sont :
En race charolaise : Mathilde Gonin, élève de Seconde professionnelle à la MFR de Chatte. Suppléant : Alban Guillaud de la MFR de Mozas.
En race limousine : Etienne Mestre, élève en BTS ACSE 1 au LEGTA LCSA. Suppléant : Maxime Girard, également au LEGTA LCSA.
En race montbéliarde : Étienne Guillet, en Seconde professionnelle à la MRF de Chatte. Suppléant : Romain Liecht du LGTA LCSA.
En race prim'holstein : Alexandre Robin-Brosse, en Terminale bac techno STAV au LCSA. Suppléant : Josselin Franoz de la MRF de Chatte.Pour la première fois, l'Isère organisait un concours équins. La finale départemental du CJAJ Equin a réuni 26 candidats. Le jugement portait sur des animaux de trait et de selle.
La candidate sélectionnée, qui se rendra au Salon de l'agriculture à Paris, est Alexia Delaporte, élève en Terminale bac pro techno STAV au LEGTA LCSA. Sa suppléante est Marie-Sarah Chalençon du LEGTA LCSA.