Les limousines veulent faire parle d'elles
Ils sont une trentaine d'éleveurs de bovins de race limousine adhérents à l'Udelim 38, le syndicat de l'Isère, que préside Laurent Michel, éleveur à Primarette. Ils se sont retrouvés chez Clément Guillaud, où se déroulait leur dernière assemblée générale, à Sainte-Blandine. Motivés par une volonté commune de faire progresser la qualité de leur bêtes, les éleveurs de race à viande, limousins et charolais, conduisent de plus en plus fréquemment des actions en commun, à l'image des projets de panneaux signalétiques aux abords des fermes ou d'un concours départemental d'animaux qui pourrait se tenir en août, dans le cadre d'un comice. Auparavant, il y aura eu le comice de Feurs, fin mars, et une assemblée générale de section herd-book limousin, fin avril. Les éleveurs participeront aussi au concours départementl du Rhône le 30 août et feront une sortie élevage à l'automne. Enfin, une journée technique est prévue en décembre.
Elevage de qualité
Pas de concours sans des animaux biens préparés, c'est pourquoi les limousins ont prévu l'achat d'une tondeuse pour parachever les animaux lors de leurs déplacements. Laurent Michel a également fait part à ses adhérents d'une demande émanant de quatre bouchers de Grenoble désireux de s'approvisionner en race limousine en filière courte. Un cahier des charges sur la qualité de l'élevage des bêtes est requis (ni maïs ensilage, ni farine). Il s'agirait de quelques très belles bêtes de trois à cinq ans prélevées chaque année dans les élevages. Si le projet n'en est qu'à ses balbutiements, le président admet qu'il s'agit d'une reconnaissance pour la qualité de l'élevage limousin. Plus généralement, les animaux de l'Isère passent par la filière Dauphidrom ou en vente directe. Enfin, François Gigaut a présenté le site internet entièrement dédié au syndicat, qu'il vient de développer et de mettre en ligne. Les adhérents y ont vu un outil supplémentaire d'échange d'informations et de promotion de leurs activités.
Atelier d'engraissement
L'assemblée générale s'est poursuivie par la visite de l'exploitation de Clément Guillaud à Sainte-Blandine. Il a repris la ferme familiale en 2009 et était un des plus jeunes installés de l'Isère, à tout juste 18 ans. Réparti sur deux sites, son cheptel se compose de 25 mères, 14 génisses de 18 mois, quatre génisses de un an, neuf broutards, un taureau, 53 génisses à l'engraissement et 32 taurillons. Le troupeau allaitant est constitué depuis 2001. En 2012, l'exploitation s'est diversifiée avec la construction de deux poulaillers label de 4 400 poulets chacun. Le jeune exploitant a eu 27 vêlages en 2013. Les génisses sont inséminées sur chaleurs naturelles avec un retour assuré par le taureau et les vaches en monte naturelle. Quant à l'atelier d'engraissement, il accueille 100 génisses par an, 100 taurillons et dix vaches. Les animaux sont commercialisés chez Dauphidrom.
Dérobées
Située à 480 mètres d'altitude en zone défavorisée, l'exploitation dispose d'une SAU de 85 hectares et d'un parcellaire groupé. L'assolement se décompose en 12 ha d'orge et 18 ha de blé permettant de dégager deux fois 25 tonnes de céréales pour l'engraissement. Il y a encore 5 ha de maïs grain et 19 ha de maïs ensilage, 24 ha de prairie permanente et 7 ha de prairie temporaire. Cependant, l'exploitation a besoin de 125 tonnes de matière sèche (TMS) par an qu'elle couvre par une production de 104 tonnes d'herbes, et complète par des dérobées (ray grass derrière les céréales à paille et avant le maïs), mais achète tout de même six TMS pour s'octroyer une marge de manœuvre.
Concernant les dérobées, Michel Fournier, conseiller technico commercial des Etablissements Bernard, conseillait, en zone vulnérable, le sorgho fourrager BMR, en raison de sa rusticité, de sa bonne tenue au sec, de sa capacité de repousse importante et de sa digestibilité. Il préconise le Moha tardiva pour l'enrubanage et le foin, « qui passe très bien auprès des bêtes, malgré sa présentation ». Enfin, deux types de ray grass ont sa préférence : le bartiga ou diploïde, qui sèche mieux, ou le tétraploïde, qui présente mieux.