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Immobilier

Les logements neuf ont la côte

Désaffection de l'ancien, intérêt pour le neuf. Les comportements évoluent. D'autant que le département et l’agglomération grenobloise restent dynamiques.
Les logements neuf ont la côte

Le foncier et l'immobilier. Deux secteur indépendants mais qui ne manquent pas d'interactions. Pour croiser les regards et les problématiques, le conseil départemental et l'observatoire foncier partenarial de l'Isère (OFPI) ont réunit le 8 octobre à Grenoble les différents acteurs professionnels intervenant sur le marché foncier et immobilier isérois. Le département en général et l'agglomération grenobloise ne manquent pas d'attractivité. Pour preuve, après de très fortes chutes en 2011 et 2012, les constructions de logements neufs se sont confortées depuis 2014, et se sont accélérées en 2015. Ce n'est pas le cas dans le département de la Loire, ni à Saint-Etienne. « Avec le dispositif Pinel et surtout, des taux historiquement bas (autour de 2,10 %), c'est le moment d'acheter », estime Gilles Trignat, de la Fédération des promoteurs immobiliers des Alpes. « Mais, pour investir, il faut se projeter, avoir confiance en l'économie, en l'emploi. Dans l'agglomération, nous sommes encore attractifs. Il faut que ce poids économique reste présent », insiste-t-il. Car le besoin en logement est toujours là. « Il y a eu une baisse du logement disponible qui permet d'éloigner le spectre des logements disponibles non vendus », précise Gabriel Roques, du centre d'études de la conjoncture immobilière.

Revenir vers les centres urbains

D'autant que le parc immobilier des années 1960 et 1970 n'intéresse plus les acheteurs et notamment les primo-accédants. « D'une part, ils sont considérés comme des passoires énergétiques. D'autre part, ils ne correspondent plus aux attentes des acquéreurs potentiels, qui, aujourd'hui, recherchent un bien intéressant sur le plan énergétique, décoré, à leur image. Le logement est devenu un produit de consommation comme un autre. La relation des jeunes ménages envers leur habitation a changé. Ils ne l'occuperont plus toute leur vie comme le faisaient les générations précédentes, mais environ huit ans », indique Gabriel Nallet, de la chambre des notaires de l'Isère. Et les experts d'analyser une tendance à revenir vers les centres urbains pour se rapprocher des services, de leur travail, des commerces, des lieux de loisirs...

Isabelle Brenguier

Foncier agricole : poursuivre les efforts

Economiser le foncier agricole. Plus qu'une nécessité, une obligation, pour Nicolas Agresti, directeur de la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural) de l'Isère, et Jean-Claude Darlet, président de la chambre d'agriculture de l'Isère, qui ont participé au débat sur la consommation de l'espace lors des échanges sur le foncier et l'immobilier. « Même si des efforts ont été faits*, ils sont à poursuivre, car un terrain qui quitte l'agriculture ne revient jamais », estime Jean-Claude Darlet. Et de lancer quelques pistes : «  Utiliser des outils tels que les PAEN (Périmètre d'aménagement des espaces agricoles et naturels) et les ZAP (Zones d'activités protégés) pour maintenir l'agriculture sur les terrains le temps de la carrière d'un agriculteur, et non pas seulement pour quelques années. Réhabiliter les friches industrielles, même si cela coûte plus cher que le foncier agricole.  « Il faut considérer l'agriculture et les milliers d'emplois qu'elle génère comme une activité économique à part entière », martèle ainsi le président de la chambre d'agriculture.  
Destabilisation de la collecte
Pour Nicolas Agresti, il est important « de bien urbaniser la ville pour moins prendre sur le foncier agricole ». Car sa disparition peut avoir des effets induits lourds de conséquences pour les agriculteurs mais aussi pour l'ensemble d'un territoire comme : « la baisse d'activité des coopératives et des marchands de matériel agricole dans le cas de disparition d'exploitations céréalières, ou le risque de destabilisation de la collecte de lait dans le cas de disparition d'exploitations laitières ».
* Il y a dix ans, l'agriculture du département perdait chaque année 1 500 hectares et aujourd'hui, ce ne sont plus « que » 480 hectares qui bascule de l'agriculture à l'urbain.
Source : N. Agresti et J.C. Darlet. 
 I.B.