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Isère

Les multiplicateurs de semences face au plan Ecophyto 2018

PORTE-GRAINES/Tout comme les autres cultivateurs, les producteurs de semences ne disposent pas de techniques alternatives à l'ensemble des moyens de lutte contre les maladies ou les ravageurs des cultures qui ont été interdits. Leur fédération cherche à en trouver.
Les multiplicateurs de semences face au plan Ecophyto 2018
L'usage phytosanitaire « Lutte contre les campagnols des champs » étant devenu un usage orphelin (c'est-à-dire un usage pour lequel plus aucune spécialité commerciale n'est autorisée) au début de l'année, la dernière assemblée générale du syndicat des agriculteurs multiplicateurs de semences de l'Isère (Sams38), le 25 février à Colombe, est l'occasion d'évoquer les conséquences du plan Ecophyto 2018 sur les cultures porte-graines avec l'ingénieur de la fédération nationale, Louis-Marie Broucqsault, basé à la ferme expérimentale de l'Etoile-sur-Rhône (Drôme).
Le technicien mentionne tout d'abord le rôle des auxiliaires, par exemple dans la lutte contre le mildiou de l'oignon, pour laquelle les insectes et les acariens peuvent être de précieux alliés. Ces derniers peuvent être introduits par le biais de « plantes relais », qui sont des graminées volontairement infestées de pucerons des céréales parasités par un auxiliaire.
Auxiliaires de lutte et substances sémiochimiques
Louis-Marie Broucqsault revient ensuite sur le cas du tychius de la luzerne, car il est compliqué de lutter contre ce charançon après la baisse de la dose de Talstar Flo autorisée en floraison l'an dernier. Cette substance ne pourra plus être utilisée à partir du mois de juin. « Comme l'efficacité du Karaté Zéon est limitée et que nous avons peu de pistes en expérimentation, nous explorons d'autres méthodes de lutte afin de trouver des solutions techniquement efficaces et économiquement acceptables », indique l'ingénieur de la Fnams, avant de présenter les recherches menées sur les luttes par parasitisme et par utilisation de substances sémiochimiques (c'est-à-dire des phéromones capables de perturber la reproduction du tychius ou des allomones pouvant l'empêcher de reconnaître les parcelles de luzerne ou d'y pondre).
Alternatives au désherbage chimique
Dans le cadre de la recherche sur les cultures économes en pesticides, Louis-Marie Broucqsault évoque enfin les façons d'intégrer des interventions mécaniques aux programmes de désherbage, en associant désherbages mécanique et chimique en un passage ou par une succession d'interventions. Quelle que soit la méthode retenue, il faut investir dans une bineuse, une herse étrille, une houe rotative, une multi-fraises et/ou une écimeuse. Le problème des multiplicateurs de semences est que les espèces travaillées en mixte ou en mécanique seul sont de la luzerne, des protéagineuses ou des potagères, pas des céréales, ni de graminées fourragères autres que la luzerne. Difficile, dans ces conditions, d'évaluer l'intérêt d'un investissement... Si « les récoltes ont été, dans l'ensemble, assez correctes en céréales, maïs et oléagineux en 2010, un peu moins en fourragères », selon le Sams38, Ecophyto a donc déjà des répercussions sur la production de semences.
Cécile Fandos
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Politique agricole commune
Pour un premier pilier fort
Même si rien n'est encore arrêté, les céréaliers s'attendent à ce que la Politique agricole commune (Pac) leur soit moins favorable après la réforme de 2013. « Il est vrai que les éleveurs, en particulier les producteurs de viandes blanches, ont des difficultés à dégager un revenu décent, a commenté Jean-Paul Prudhomme, le président de la commission Grandes cultures de la FDSEA lors de l'assemblée générale du Sams38, le 25 février à Colombe. Mais, au-delà de l'évolution des droits à paiement unique, il faut sans doute que les consommateurs acceptent de payer les produits alimentaires à leur juste prix, car un blé à 200 euros la tonne, ce n'est jamais que le prix de 1990. Alors que les charges actuelles ne sont pas celles de 1990. Nous devons donc maintenir un premier pilier de la Pac fort et convaincre de la nécessité de gérer les volumes, comme pour toutes les autres productions ».
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