Isère
Les nombreux débouchés de la Salers dauphinoise
Elevage/Du haut de ses trois ans d'existence et de sa quinzaine d'adhérents, l'association Salers du Dauphiné semble avoir trouvé sa place dans le paysage de l'élevage isérois en multipliant les actions commerciales et en s'investissant dans la promotion de la race.
Née en 2008 de la difficulté des éleveurs du département à trouver des animaux reproducteurs en race Salers, l'association Salers du Dauphiné (Assalda) s'est en fait concentrée, depuis trois ans, sur les débouchés de cette activité. Même si une partie des adhérents engraisse ses animaux jusqu'au bout, l'enjeu portait notamment sur la commercialisation des broutards, « plus compliquée hors du berceau », selon Philippe Mange, le président des éleveurs de Salers de l'Isère, qui se réjouit que l'association ait pu « dresser des pistes de travail » en la matière.
Vente directe et négoce avec le Cantal
La première d'entre elles est plus qu'une piste, puisqu'un négociant du Cantal s'approvisionne désormais régulièrement en Salers dans la région en faisant appel à un transporteur italien. « Les livraisons s'organisent en quelques jours et tout le monde est ravi, notamment parce que les prix sont fixés à l'avance », précise le responsable professionnel. Les veaux mâles Salers écoulés par ce biais sont achetés environ deux euros le kilo, tandis que les « jaunes », c'est-à-dire les broutards issus d'un croisement de taureau Charolais avec une vache Salers, sont cotés entre 2,40 et 2,50 euros. « Pour le Gaec que je forme avec mon frère, cela a représenté une valorisation légèrement supérieure à celles des circuits locaux », témoigne Philippe Mange, dont l'élevage ne dépasse pas la centaine de bêtes, comme la plupart des adhérents de l'association.
Si la plupart des membres de l'Assalda ont saisi cette opportunité d'engranger des recettes supplémentaires, d'autres ont fait le choix de la vente directe. Notamment en zone de montagne, car « dire qu'on vend de la vache Salers de Chartreuse, c'est un message qui passe bien auprès des consommateurs, sensibles à la rusticité de la race, note Philippe Mange. Ces éleveurs sont très contents de leur choix ».
Par l'intermédiaire de la maison de la Salers, quelques animaux ont, par ailleurs, fini sur les tables de restaurants auvergnats à Paris, où les ressortissants du massif Central constituent l'une des communautés de provinciaux les mieux structurées.
De nouvelles pistes de travail
Ces résultats ont attiré l'attention d'une entreprise matheysine fournissant des restaurants collectifs et d'un abatteur du Nord-Isère souhaitant développer une gamme de viandes bio. « Du fait de sa rusticité et de ses qualités maternelles, la vache acajou est adaptée à la production bio, souligne Philippe Mange. Nous allons donc creuser cette piste. Les élevages Salers de Chartreuse sont déjà labellisés et nous sommes quelques-uns à vouloir y aller. Mais, pour l'instant, le chemin n'est pas balisé ».
Il faut dire que l'association Salers du Dauphiné fonctionne grâce à une quinzaine de passionnés. Lors de l'assemblée générale récemment organisée à Artas, ces derniers se sont toutefois pliés aux exigences de la vie associative en payant leur première cotisation.
Ce rendez-vous comprenait également des informations techniques sur l'autonomie alimentaire et le croisement Charolais culard en race Salers. Ce type d'interventions pourrait être renouvelé dans le cadre de journées techniques. Mais les éleveurs Salers de l'Isère étaient trop occupés à développer leurs débouchés pour en organiser jusqu'à présent.
Cécile Fandos
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Le Sim 2013 déjà en ligne de mire
Au-delà de l'étude de nouveaux débouchés, l'association Salers du Dauphiné a planché, au cours des derniers mois, sur le Salon international de la montagne (Sim), qui devait se tenir à Alpexpo du 28 au 30 avril derniers. Le Sim a été reporté en 2013, mais la motivation des éleveurs Salers n'a pas bougé d'un iota. « Nous voulons démontrer que la Salers a sa place parmi les races de montagne, dans les exploitations comme sur les tables », explique Philippe Mange, qui chérit la vache acajou pour sa capacité à s'humaniser et sa polyvalence. Qualité des aplombs, résistance au climat, aux variations alimentaires, fertilité, facilité de vêlage, qualité de la production laitière évitant de compléter l'alimentation des veaux élevés sous la mère, précocité de ces derniers, longévité des mères... Il est vrai que les arguments développés par l'union de promotion de la race Salers sont nombreux. C'est pourquoi « nous ne sommes globalement pas amateurs de concours, mais sommes présents sur le stand d'Eliacoop chaque mois de septembre, pour la foire de Beaucroissant, nous nous impliquons dans le Sim et nous rendons disponibles pour recevoir les collègues attirés par cette race ».
C.F.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Vente directe et négoce avec le Cantal
La première d'entre elles est plus qu'une piste, puisqu'un négociant du Cantal s'approvisionne désormais régulièrement en Salers dans la région en faisant appel à un transporteur italien. « Les livraisons s'organisent en quelques jours et tout le monde est ravi, notamment parce que les prix sont fixés à l'avance », précise le responsable professionnel. Les veaux mâles Salers écoulés par ce biais sont achetés environ deux euros le kilo, tandis que les « jaunes », c'est-à-dire les broutards issus d'un croisement de taureau Charolais avec une vache Salers, sont cotés entre 2,40 et 2,50 euros. « Pour le Gaec que je forme avec mon frère, cela a représenté une valorisation légèrement supérieure à celles des circuits locaux », témoigne Philippe Mange, dont l'élevage ne dépasse pas la centaine de bêtes, comme la plupart des adhérents de l'association.
Si la plupart des membres de l'Assalda ont saisi cette opportunité d'engranger des recettes supplémentaires, d'autres ont fait le choix de la vente directe. Notamment en zone de montagne, car « dire qu'on vend de la vache Salers de Chartreuse, c'est un message qui passe bien auprès des consommateurs, sensibles à la rusticité de la race, note Philippe Mange. Ces éleveurs sont très contents de leur choix ».
Par l'intermédiaire de la maison de la Salers, quelques animaux ont, par ailleurs, fini sur les tables de restaurants auvergnats à Paris, où les ressortissants du massif Central constituent l'une des communautés de provinciaux les mieux structurées.
De nouvelles pistes de travail
Ces résultats ont attiré l'attention d'une entreprise matheysine fournissant des restaurants collectifs et d'un abatteur du Nord-Isère souhaitant développer une gamme de viandes bio. « Du fait de sa rusticité et de ses qualités maternelles, la vache acajou est adaptée à la production bio, souligne Philippe Mange. Nous allons donc creuser cette piste. Les élevages Salers de Chartreuse sont déjà labellisés et nous sommes quelques-uns à vouloir y aller. Mais, pour l'instant, le chemin n'est pas balisé ».
Il faut dire que l'association Salers du Dauphiné fonctionne grâce à une quinzaine de passionnés. Lors de l'assemblée générale récemment organisée à Artas, ces derniers se sont toutefois pliés aux exigences de la vie associative en payant leur première cotisation.
Ce rendez-vous comprenait également des informations techniques sur l'autonomie alimentaire et le croisement Charolais culard en race Salers. Ce type d'interventions pourrait être renouvelé dans le cadre de journées techniques. Mais les éleveurs Salers de l'Isère étaient trop occupés à développer leurs débouchés pour en organiser jusqu'à présent.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Au-delà de l'étude de nouveaux débouchés, l'association Salers du Dauphiné a planché, au cours des derniers mois, sur le Salon international de la montagne (Sim), qui devait se tenir à Alpexpo du 28 au 30 avril derniers. Le Sim a été reporté en 2013, mais la motivation des éleveurs Salers n'a pas bougé d'un iota. « Nous voulons démontrer que la Salers a sa place parmi les races de montagne, dans les exploitations comme sur les tables », explique Philippe Mange, qui chérit la vache acajou pour sa capacité à s'humaniser et sa polyvalence. Qualité des aplombs, résistance au climat, aux variations alimentaires, fertilité, facilité de vêlage, qualité de la production laitière évitant de compléter l'alimentation des veaux élevés sous la mère, précocité de ces derniers, longévité des mères... Il est vrai que les arguments développés par l'union de promotion de la race Salers sont nombreux. C'est pourquoi « nous ne sommes globalement pas amateurs de concours, mais sommes présents sur le stand d'Eliacoop chaque mois de septembre, pour la foire de Beaucroissant, nous nous impliquons dans le Sim et nous rendons disponibles pour recevoir les collègues attirés par cette race ».----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------