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Prix de l'immobilier

Les notaires scrutent le marché

2015 sera-t-elle l'année de la reprise des ventes immobilières ? Bien malin sera celui qui le dira. Les notaires, la profession la mieux placée pour s'exprimer à ce sujet, est bien en peine de faire un pronostic tant les indicateurs sont flous.
Les notaires scrutent le marché

La chambre des notaires de l'Isère en présentant son observatoire annuel de l'immobilier n'a donné que des indications sur la situation du marché 2014, celle constatée par les praticiens. Avec une nouveauté pour leur part : les chiffres donnés ne sont plus des moyennes qui intègrent par nature les extrêmes (les plus bas ou les plus hauts réalisés), mais sont désormais des prix médians, ceux situés à l'exact milieu, qui ne tiennent donc pas compte des aberrations possibles dans un marché un peu déboussolé.

Grande hétérogénéité

Alors pas de surprise : hormis certains prix astronomiques atteints dans certaines  stations de montagne (Huez connaît des niveaux de 3700 euros/m2 dans les appartements anciens), liés au tourisme hivernal et à la fréquentation d'une clientèle étrangère aisée, les prix ont plutôt étaient orientés à la baisse dans l'ensemble du département avec cependant de fortes disparités possibles entre des régions, voire des communes voisines.

« Le marché du nord Isère connaît moins de brusques variations que le sud Isère, peut-être dues à un tempérament moins méditerranéen des habitants », commente Maître Malatray. En revanche, la proximité de l'agglomération grenobloise ne protège plus les appartements anciens d'une baisse  : Saint-Marcellin, Tullins, Voiron, ont vu leur prix diminuer, notamment de presque 12% pour la première.

Volumes et prix en baisse

Si le Grésivaudan ne résiste pas trop mal, c'est en revanche dû à une forte pression entre Grenoble et Pontcharra et parce que les biens y sont plutôt rares. Mais c'est pratiquement le seul secteur où l'on constate cette tendance. « Dans la plupart des endroits, la diminution des volumes entraînent paradoxalement une baisse des prix » constate, Maître Ambrosiano, président de la chambre des notaires, par attentisme à la fois des vendeurs que celui des acheteurs. Aujourd'hui, les biens proposés ne le sont que par obligation, en raison d'un divorce, d'un partage dans une succession, pas pour une raison de confort et de rentrée d'argent non urgente.

Mais même si les prix des transactions baissent, celui du mètre carré vendu ne suit pas forcément la même courbe. Ainsi, les biens sont souvent moins grands, notamment le marché des maisons avec terrain, dont les surfaces se réduisent. La politique de densification commence à porter ses fruits. Le phénomène est également vérifiables dans les terrains à bâtir : ceux de moins de 600 m2 représentent désormais 46% des transactions, mais les prix restent très hétérogènes entre des communes proches et nécessitent souvent l'avis d'un professionnel, les notaires en particulier, pour obtenir une analyse locale du marché.

 

Jean-Marc Emprin

Des propositions pour dynamiser le marché

Les notaires ne veulent plus seulement constater les évolutions du marché immobilier, mais souhaitent également devenir une force de propositions envers le législateur notamment, en s'appuyant sur la connaissance fine des mécanismes juridiques. Ainsi, lors de la présentation de son dernier observatoire annuel de l'immobilier, la chambre des notaires de l'Isère a-t-elle présenté plusieurs axes de réflexion à l'intention des élus.
Pour dynamiser l'immobilier ancien, les professionnels du droit proposent qu'un dispositif d'aide à la rénovation et à la modernisation de ce parc ancien soit mis en place. Cela pourrait prendre la forme d'un remboursement total ou partiel des droits de mutation en contrepartie de la réalisation de certains travaux. Car le marché de l'ancien, notamment des immeubles des années 1955 à 1970 souffre de ses faibles performances énergétiques face à un marché du neuf qui a vu les exigences en cette matière rapidement augmenter ces dernières années.
Pour alimenter rapidement le marché en logements disponibles (déficit d'au moins 200 000 logements neufs par an), les notaires proposent un cadre fiscal encourageant en faveur des logements soumis à la taxe sur la vacance.
La chambre des notaires propose également une mesure fiscale temporaire d'exonération de taxe sur la plus-value de biens mis en location pendant une quinzaine d'années, afin de redonner confiance à des investisseurs quelquefois rendus prudents par l'instabilité fiscale concernant les investissements immobiliers.
En matière foncière et de construction collectives neuves, les notaires et les professionnels de l'immobilier, promoteurs et secteur du bâtiment, s'insurgent contre les recours juridiques ou administratifs innombrables dont font l'objet de nouveaux projets immobiliers. Les délais de sécurisation juridique d'un projet peut atteindre plusieurs années, freinant d'autant la mise en place de nouveaux logements. Les notaires souhaitent donc une réduction des délais de recours à tous les niveaux.
JME