Les notaires scrutent le marché
La chambre des notaires de l'Isère en présentant son observatoire annuel de l'immobilier n'a donné que des indications sur la situation du marché 2014, celle constatée par les praticiens. Avec une nouveauté pour leur part : les chiffres donnés ne sont plus des moyennes qui intègrent par nature les extrêmes (les plus bas ou les plus hauts réalisés), mais sont désormais des prix médians, ceux situés à l'exact milieu, qui ne tiennent donc pas compte des aberrations possibles dans un marché un peu déboussolé.
Grande hétérogénéité
Alors pas de surprise : hormis certains prix astronomiques atteints dans certaines stations de montagne (Huez connaît des niveaux de 3700 euros/m2 dans les appartements anciens), liés au tourisme hivernal et à la fréquentation d'une clientèle étrangère aisée, les prix ont plutôt étaient orientés à la baisse dans l'ensemble du département avec cependant de fortes disparités possibles entre des régions, voire des communes voisines.
« Le marché du nord Isère connaît moins de brusques variations que le sud Isère, peut-être dues à un tempérament moins méditerranéen des habitants », commente Maître Malatray. En revanche, la proximité de l'agglomération grenobloise ne protège plus les appartements anciens d'une baisse : Saint-Marcellin, Tullins, Voiron, ont vu leur prix diminuer, notamment de presque 12% pour la première.
Volumes et prix en baisse
Si le Grésivaudan ne résiste pas trop mal, c'est en revanche dû à une forte pression entre Grenoble et Pontcharra et parce que les biens y sont plutôt rares. Mais c'est pratiquement le seul secteur où l'on constate cette tendance. « Dans la plupart des endroits, la diminution des volumes entraînent paradoxalement une baisse des prix » constate, Maître Ambrosiano, président de la chambre des notaires, par attentisme à la fois des vendeurs que celui des acheteurs. Aujourd'hui, les biens proposés ne le sont que par obligation, en raison d'un divorce, d'un partage dans une succession, pas pour une raison de confort et de rentrée d'argent non urgente.
Mais même si les prix des transactions baissent, celui du mètre carré vendu ne suit pas forcément la même courbe. Ainsi, les biens sont souvent moins grands, notamment le marché des maisons avec terrain, dont les surfaces se réduisent. La politique de densification commence à porter ses fruits. Le phénomène est également vérifiables dans les terrains à bâtir : ceux de moins de 600 m2 représentent désormais 46% des transactions, mais les prix restent très hétérogènes entre des communes proches et nécessitent souvent l'avis d'un professionnel, les notaires en particulier, pour obtenir une analyse locale du marché.