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Entretien des sols

Les nuciculteurs recherchent le bon profil

Les temps humides ne favorisent pas la bonne aération des sols surtout quand des passages d'engins sont obligatoires, comme au moment des récoltes. Les nuciculteurs se sont penchés sur la question.
Les nuciculteurs recherchent le bon profil

« Avec la pluviométrie que nous avons eue à l'automne dernier, la récolte de noix a été réalisée dans des conditions difficiles et les producteurs sont conscients que les sols des noyeraies ont souffert. C'est pour cette raison que Coopénoix a décidé d'organiser cette journée technique sur le décompactage des sols », explique Pierre Gallin-Martel, président de la coopérative de Vinay. « Un tassement structurel peut être corrigé, explique Joséphine Peigné, enseignante-chercheur à l'Isara de Lyon. Un tassement de la texture en revanche est irrémédiable. » Mais avant d'en arriver là, les producteurs peuvent agir. « L'enherbement de la parcelle améliore sa portance, explique la jeune femme, les racines améliorant la porosité. Il faut surveiller deux points : la bonne circulation de l'air, de l'oxygène dans le sol et celle de l'eau. Si un sol perd la bonne circulation de ces fluides, on assiste à une moindre minéralisation des éléments et donc à un appauvrissement du potentiel de la parcelle. » Il faut donc veiller à un bon équilibre entre oxygène et eau. Trop d'eau et moins d'oxygène produit également une situation qui fait barrage aux racines.

Travail naturel

« Un sol peut se régénérer naturellement, rassure Joséphine Peigné. Par le climat : les périodes de gel ou l'alternance de sec et d'humidité travaillent le sol, c'est particulièrement vrai dans les sols argileux ; les vers de terre réalisent également un travail énorme, mais très lent ; enfin, le système racinaire crée de la porosité, mais il en faut un minimum au début pour que le cycle se déclenche. » Si ces facteurs ne sont pas suffisants, l'homme doit intervenir. La scientifique préconise le test à la bêche, accessible à tous les producteurs. « C'est bien, mais ne renseigne que sur les 30 premiers centimètres du sol. Je l'envisagerai plutôt pour un suivi des interventions. » Un profil de sol renseigne bien davantage, mais il faut alors être accompagné par un technicien pour mieux analyser les leçons à en tirer. Un exemple a été réalisé dans une parcelle du Gaec des Ecouges à l'Albenc. Une tranchée en L permet de sonder le sol sur le rang et en travers des interrangs afin de mieux déceler les zones à problèmes, notamment les passages de roues (Voir les photos et l'analyse sur www.terredauphinoise.fr)

Lorsque une intervention s'avère nécessaire, plusieurs machines peuvent être utilisées. Plusieurs constructeurs étaient sur place afin d'expliquer les avantages de leurs engins. Les machines présentées ne proposaient qu'un travail de surface. Les nuciculteurs pouvaient apprécier les outils à dents (type Actisol) et ceux à couteaux (type Aairsol). Mais ces engins ne doivent être utilisés que dans un sol ressuyé, caractéristique absente depuis plusieurs mois dans les parcelles du département.

 

Jean-Marc Emprin