Les passionnés d'attelage ont rendez-vous à Autrans
« Comme des épreuves de patinage artistique », précise avec humour Daniel Perret, à l'origine du concours national d'attelage d'Autrans, au sujet de ces compétitions. « Leur but est de mettre en valeur des chevaux - ou des poneys - qui ont été préparés et dressés, qui doivent être beaux et obéissants. Leurs présentations, notées par un jury, sont le fruit d'un travail de longue haleine », explique Daniel Perret, président du comité d'organisation du concours d'Autrans, qui aura lieu dans la commune les 1er et 2 août prochain, et qui comptera pour le championnat de France.
Une rencontre amicale
Recherche d'adrénaline, diversité des épreuves, goût de la compétition, et surtout engouement pour le cheval, telles sont les motivations de ces passionnés, « qui mettent tout leur temps et leur argent dans sa pratique ». Selon Daniel Perret, il n'y a pas de réel profil des pratiquants. D'autant que : « La discipline s'est un peu démocratisée. Elle compte plus de jeunes que dans le passé. Auparavant, elle était davantage réservée à une classe plus âgée, qui dispose de plus de moyens, car le matériel est onéreux. Mais aujourd'hui, elle a tendance à se transmettre de père en fils », reconnaît-il. L'attelage est une discipline qui se pratique à plusieurs. Un attelage est composé d'un ou de plusieurs chevaux ou poneys, d'un « meneur » qui tient les guides et de ses co-équipiers (un pour les attelages à un ou deux chevaux, et deux pour les attelages à quatre chevaux), qui aident le meneur, en amont des épreuves, dans la préparation de l'équipage et pendant la compétition, durant laquelle ils jouent le rôle de navigateur sur les parcours. Si quelques concours sont le rendez-vous de professionnels, celui d'Autrans est resté une rencontre amicale entre amateurs.
Libre, au pas ou au trot
Les concours d'attelage sont composés de trois épreuves : dressage, marathon et maniabilité. L'épreuve de dressage consiste en un parcours sur une carrière plate de 100 x 40 mètres où l'attelage doit effectuer des figures imposées de mémoire et sans assistance. « Le but de l'épreuve est de juger la liberté et la régularité des allures, l'harmonie, l'impulsion, la souplesse, la légèreté, l'aisance et la bonne position des chevaux dans le mouvement. Le concurrent sera jugé sur sa façon de mener, sa précision, sa maîtrise de l'attelage et sur la présentation de son équipage », indique Daniel Perret. Puis le marathon, une épreuve sportive qui permet de tester le niveau de qualité, la vitesse et l'endurance des chevaux. Trois phases sont prévues à Autrans. Une phase A, distante d'environ cinq à huit kilomètres où l'allure est libre mais la vitesse imposée entre 12 à 14 kilomètres à l'heure. Une phase B, distante d'environ 800 mètres à un kilomètre où l'allure imposée est le pas et la vitesse requise de cinq à sept kilomètres à l'heure. Et une phase E distante d'environ six à dix kilomètre où l'allure imposée est le trot à la vitesse de 12 à 14 kilomètres à l'heure. En fin de phase, six ou huit obstacles seront à franchir dans l'ordre, dans le bon sens, sans mettre pied à terre. Ce passage d'obstacles est chronométré. Le total des points acquis à chaque phase ajouté aux points du dressage donne l'ordre de départ pour l'épreuve de maniabilité. Le but de cette dernière est de tester, dans une carrière au sein de laquelle ont été disposés des cônes surmontés de boules espacés, le bon état, l'obéissance et la souplesse des chevaux après le marathon, ainsi que l'adresse et la compétence du concurrent. Par son coté spectaculaire et traditionnel, et pour permettre au public d'approcher de plus près les concurrents afin qu'il puisse admirer les costumes d'époque, les voitures et la bonne tenue des équipages, un parcours d'élégance est aussi prévu à Autrans. Pour les organisateurs, « c'est une occasion de vulgariser cette discipline qui était le moyen de transport quotidien de nos ancètres ».
Isabelle Brenguier