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Journées des Plantes

Les plantes du passé se conjugent au présent

Environ 5 000 personnes sont venues pour le grand marché aux plantes du château de Pupetières où l'on cultive la mémoire des pierres, des fleurs et des gestes ancestraux.
Les plantes du passé se conjugent au présent

« Nous avons fait un pas en arrière, s'amuse Josette Gros, productrice de pommes d'autrefois à Roussillon. Ces variétés ont existé. Elles figurent dans les livres et aujourd'hui, elles sont là. » Les producteurs de fruits et saveurs oubliés participaient pour la première fois aux Journées des plantes de Pupetières, qui ont réuni 75 exposants, le week-end dernier. Ils ont fait exception à la cueillette de pommes pour venir présenter une partie de leurs fruits et des arbres qu'ils produisent en pépinière. « Je suis le seul à greffer les fruitiers en Rhône-Alpes, précise Jean-Claude Gros. Je sélectionne les porte-greffes et j'utilise pour les pommiers essentiellement le M7 qui résiste à la séchesse, s'adapte aux sols calcaires, à l'altitude. Il passe partout. »

Il y a une vingtaine d'années, les deux exploitants sont « passés de cultivateurs à passionnés ». Leur verger conservatoire compte désormais 150 variétés de pommes. « Nous avons commencé avec les reinettes d'Armoric, confie Josette Gros. Après, c'est parti en flèche. Les dernières sont l'arboisine, la pomme de Grignan, la reinette du Vigan... » La pommologie a rattrapé les producteurs. « Nous avons reconstitué le verger par le bouche à oreille. Les gens viennent nous voir et nous demandent de greffer une variété. » Une poignée d'arbres pour chacune, le tout minutieusement répertorié afin d'être partagé. « Nous constituons des sacs de pommes avec différentes variétés et nous joignons la fiche descriptive pour que les gens sachent ce qu'ils goûtent comme dans une dégustation. Après, il peuvent venir chercher les arbres », explique encore la productrice. Les exploitants se déplacent sur les marchés du quart Sud-Est et dans quelques manifestations.

Du temps des romains

Attiré par l'odeur des pommes, les visiteurs écoutent religieusement les explications délivrées par les producteurs. « La calville existait déjà du temps des Romains, confie Josette Gros, ou encore la patte de loup, elle est extra, mais il faut attendre novembre pour la manger. » Elle désigne la griffure caractéristique de cette pomme. Elle compose les sachets en fonction des goûts de chacun : sucré, acidulé. Son mari coupe une pomme en deux et crée la suprise : le fruit est rouge à l'intérieur comme à l'extérieur. « C'est une sanguinole », déclare-t-il. Une variété rare remise au goût du jour. « Les anciens sont contents et même les jeunes », constate son épouse. La curiosité, la bonne humeur et le petit écriteau « garanti sans traitement » attirent. Opéré du cœur, Jean-Claude Gros ne peut plus monter sur le tracteur et sortir le pulvé. Seuls les pièges à phéromone permettent désormais de lutter contre le carpocapse. Les pommes anciennes n'ont qu'à s'accrocher.

Isabelle Doucet
Tradition / Patrimoine artisanal de la vallée de la Bourbre, la semelle de bois et d'hévéa possède un nouveau musée à Val-de-Virieu.

Du bois dont on fait les semelles

La fabrication de semelles en bois s'est maintenue à Virieu jusque dans les années 60. Cette activité s'est poursuivie dans les années 70 par la fabrication de semelles en caoutchouc. Héritière de cette tradition, la société Reltex, toujours implantée à Val-de-Virieu (ainsi dénommée depuis la fusion début 2019 de Panissage et de Virieu) est la seule manufacture au monde à réaliser des semelles en latex à base de lait d'hévéa. Cette tradition valait bien un musée. Créé en 2011, le musée de l'Histoire de la galoche a inauguré ses nouveaux locaux de 110 m2 le 6 avril dernier. Il s'est installé dans la grange du château de Virieu entièrement rénovée où la scénographie retrace l'histoire des chaussures à semelles de bois. « Il y a trois partenaires : le château de Virieu, la commune et l'association », précise Michel Rigard, le trésorier de l'association Patrimoine de la vallée de la Bourbre, présidée par Louis Fournier. Les bénévoles ont participé aux Journées des Plantes de Pupetières en présentant de vraies galoches fabriquées en France, presque trop belles pour faire le jardin. « Attention, il ne faut pas confondre sabot et galoche », rappellent les membres de l'association. La galoche n'a que la semelle en bois sur laquelle est clouée une tige en cuir.
ID