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Ensilage

Les pneus laissent la place

Le temps où les silos d'ensilage étaient lestés par des pneus est révolu. De nouvelles techniques apparaissent.
Les pneus laissent la place

Utilisés pour lester les silos d'ensilage, les pneus ont longtemps fait partie du paysage agricole. Mais aujourd'hui, les agriculteurs doivent faire autrement et trouver de nouvelles solutions alternatives, car un décret datant de 2015 est en train de mettre fin à cette utilisation massive. Cette réglementation n'interdit pas aux agriculteurs de placer sur leurs bâches d'ensilage les pneus usagés déjà en leur possession. Mais elle les empêche d'en récupérer de nouveaux chez un garagiste ou dans un autre site, et elle précise que ces stocks sont à leur charge financière au moment de leur élimination. Les pneumatiques n'ont donc plus leur place dans les exploitations ; de nouvelles techniques de lestage doivent les remplacer.

Abandon

Des sacs à silos, des filets de protection, des tapis de caoutchouc utilisés en carrière, des géotextiles, des géomembranes, des couverts végétaux... Ce sont autant de nouvelles alternatives intéressantes. Selon Robinson Stieven, de la chambre d'agriculture de l'Isère, « il ne faut pas regretter les pneus. S'il faut les abandonner, ce n'est pas uniquement à cause de la réglementation. Même s'ils sont intéressants financièrement, techniquement, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ils permettent la présence de corps étrangers présentant des risques pour les animaux, de nuisibles. Leur manipulation est salissante et dangereuse, et leur coût d'élimination est important », affirme le technicien, à l'occasion d'une journée « Innov'action » sur le sujet, organisée chez Yann Moine, à la ferme de Reculfort à Rochetoirin, le 17 novembre.

A chacun sa solution

Yann Moine n'utilise plus de pneus pour ses silos d'ensilage depuis 15 ans. « Ils étaient trop lourds à porter et trop salissants », explique-t-il. « Depuis, j'utilise du géotextile en provenance d'une industrie voisine. Je mets l'ensilage, la bâche, des boudins de graviers ou de sable autour. Je place le géotextile, puis quelques boudins sur le dessus. Ce géotextile coûte environ deux euros le mètre carré mais je le réutilise d'années en années. J'estime que cette technique est moins salissante que les pneus et que la bâche est mieux protégée des attaques de corbeaux ». Pour lui, le géotextile a fait ses preuves. Pour Robinson Stieven : « aucune technique révolutionnaire n'a encore vu le jour. Il faut simplement trouver la plus adaptée ».

Isabelle Brenguier