Les portes grandes ouvertes de la ferme du Muguet
A la ferme du Muguet, on cultive l'accueil avec autant de naturel que la terre. La porte est toujours ouverte, et le sourire totalement gratuit. Voisin, ami, client, curieux, vacancier, valide ou handicapé, tout le monde est reçu avec une même générosité, simple et chaleureuse. L'accueil paysan, quoi…
Stéphane et Céline Revol ont repris la ferme familiale en 1992. Tabac, élevage laitier, troupeau mixte : rien que du classique. La suite de l'histoire l'est moins. « Nous avons toujours eu envie de travailler ensemble, mais je voulais un atelier à moi, pour que chacun ait un peu son indépendance », explique Céline. Fille d'agriculteur, passionnée de fromage et formée à sa fabrication, la jeune femme propose « naturellement » à son éleveur de mari de transformer une partie du lait de la ferme en fromages, yaourts et autres produits laitiers. Il accepte et décide de son côté d'arrêter le tabac : « Ça ne me plaisait pas. »
Bousculer les mœurs
A l'époque, le virage pris par le couple fait figure de petite révolution dans le village de Romagnieu. « On arrêtait le tabac, je m'étais mis en non-labour, nous avions décidé de ne plus traire le dimanche, on se mettait à transformer et à vendre en direct : ça bousculait les mœurs ! », s'amuse Stéphane Revol. Très vite, le couple se met en tête de jouer la transparence et se lance, avec quelques agriculteurs du coin, dans l'organisation de journées portes-ouvertes. « Nous voulions que les gens voient où on vit et comment on travaille », raconte Céline. Puis la fermière achète un petit camion et part sur les routes vendre ses fromages. « J'adorais ça... » Vient ensuite le projet de s'associer avec des collègues pour monter un magasin de producteurs, la Ferme des saveurs, à Voreppe.
Accessible à tous
En 2010, les Revol poussent la diversification un peu plus loin. Dans la cour de la ferme, se dresse une adorable maison en pisé, inhabitée, un peu à l'abandon. Son état est bon, mais son avenir incertain. « On pouvait l'écrouler, mais c'était compliqué : elle était trop belle... » Le couple, qui rêve d'ouvrir un gîte à la ferme depuis longtemps, se lance dans l'aventure. Son projet : créer un lieu de grande qualité, accessible à tous, aux familles à petits budgets comme aux personnes en situation de handicap. Quelques mois plus tard, après moult batailles avec les labels et tracasseries administratives, la Bonnette (gîte trois étoiles) accueille ses premiers vacanciers. Un investissement à long terme (pour le moment les locations remboursent le prêt), mais aussi une façon de sauver le patrimoine, pour Céline Revol qui, depuis, a trouvé le temps de se faire élire maire de son village. Tout « naturellement ».