Les producteurs de saint-marcellin s'organisent
« Nous sommes une jeune union de producteurs », déclare Jean-Michel Bouchard, le président de l'UP saint-marcellin, à l'issue de l'assemblée générale de cette dernière, qui s'est déroulée début avril. Des producteurs, qui peu à peu, apprennent à s'imposer dans un paysage industriel constellé, où les négociations s'opèrent laiterie par laiterie. L'UPLSM réunit 86 adhérents, soit près des deux-tiers des producteurs livrant pour le saint-marcellin. « Il nous manque encore une quarantaine d'adhérents. Or, nous discutons pour eux », fait remarquer le président de l'UP. Si l'état d'esprit de l'union des producteurs est positif, le président sait que le poids de l'organisation, sa représentativité, sont des éléments déterminants dans les négociations.
Une meilleure écoute
En 2017, les producteurs laitiers ont travaillé à l'élaboration et la présentation des conditions générales de vente. Le document a été remis à la Fromagerie Alpine et à l'Etoile du Vercors, les principaux fabricants de saint-marcellin. Les grands principes portent sur la gestion collective des volumes, la négociation collective des prix, la facturation par l'organisation de producteurs, ainsi qu'un certain nombre de services complémentaires. « Nous souhaitons arriver à travailler ensemble intelligemment et faire passer le message selon lequel, il y a des difficultés dans les exploitations et qu'il convient de réfléchir à l'avenir de la filière. Car demain, on pourrait manquer d'éleveurs et il ne faut pas décourager ceux qui arrivent. » La prise en compte des coûts de production par les laiteries reste encore une page à écrire, que la tenue des Etats généraux de l'alimentation a mise en attente. Pour autant, ce travail en vue de l'élaboration d'une loi sur l'équilibre des relations commerciales dans les secteurs agricole et commercial a permis aux relations entre producteurs et industriels d'évoluer. « Nous bénéficions d'une meilleure écoute », constate Jean-Michel Bouchard.
Ce qui permet aussi au dossier saint-félicien d'avancer. « Nous continuons à nous battre, il y a du travail. Nous avons rencontré les industriels laitiers en février qui nous ont dit qu'ils étaient prêts à s'engager », reprend le président. Il sait que la reconnaissance d'un signe de qualité est un dossier qui prend du temps. « Nous devons être patients, les quatre chambres d'agriculture concernées sont impliquées dans le dossier. »