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Isère

Les producteurs sont à la fête

Augmenter le chiffre d'affaires de Noël grâce aux animations et autres dégustations, c'est tout un art.
Les producteurs sont à la fête

La période de Noël est souvent une période fructueuse pour les commerçants. Chacun y va de sa stratégie pour attirer le client. Les magasins de producteurs tentent de s'insérer dans ce mouvement. Durant le mois de décembre, certains organisent des animations de Nöel. Mais comment savoir ce qui marche ? Au magasin Ma coop de Saint-Ismier, créé en 2012, on a misé sur l'originalité. Le 8 décembre, un producteur est venu faire déguster ses produits à base de safran. Le lendemain, une dégustation de vin était également organisée. « Ces produits vont avec la période, c'est une belle gamme de produits variés et originaux. Cela change du foie gras et cela permet de se démarquer des concurrents », explique Valentine Sauze, responsable de Ma coop. Au lieu de faire venir le client, on peut aussi aller à sa rencontre. Depuis plusieurs années, le magasin de producteurs Saveurs Paysannes de Crémieu offre la soupe de courge au marché de Nöel à l'occasion de la Fête des lumières de la ville. « Traditionnellement, on est présent. C'est un bon coup de pub et cela permet d'anticiper les commandes de Noël », confirme Nicolas Brouquisse, gérant du magasin.

S'investir, oui, mais à quel prix ?

Certains adoptent une animation ponctuelle, d'autres se mobilisent pour toute la période. Le Mussi (Péage-de-Roussillon), on a vu les choses en grand. Le magasin est recouvert de guirlandes, sapin et boules de Noël. « On s'est carrément éclatés, raconte Valérie Legendre, employée à mi-temps, on avait deux stagiaires avec nous, on a laissé libre cours à notre imagination. Les clients étaient un peu perdus au départ », raconte-t-elle. Pour parfaire le tableau, deux dégustations ont lieu en décembre : les produits à base d'escargot en début de période, et le 22 décembre, c'est le champagne qui sera à l'honneur. Le magasin de producteurs est aussi en lien avec l'association de commerce du savoir-faire roussillonnais qui « invite » le Père Noël dans les magasins. Le Mussi l'a donc reçu pour le plaisir des enfants un samedi matin. Mais est-ce qu'un tel investissement en vaut la chandelle ? « C'est difficile de quantifier le retour d'une telle animation, confie Nicolas Brouquisse, mais on reste présent chaque année au sein du marché car notre force c'est la vente directe. » Même s'il est difficile d'évaluer l'impact de telles actions, le mois de Noël illumine le chiffre d'affaires : « On est à +30% de moyenne en décembre », confirme Nicolas Brouquisse. S'ajoute à cela une croissance constante d'année en année. En bonus, ces animations permettent de faire découvrir les nouveaux produits du magasin que certains n'essaieraient pas forcément sans elles. Malgré tout, la concurrence est rude entre commerçants, sans compter les marchés de Noël qui pullulent en décembre. Sans oublier les aléas de dernière minute, comme la neige, cette année, qui a eu un impact sur la fréquentation des magasins et donc sur les animations organisées.

Le dilemme de Noël

Ils ne sont en réalité qu'une minorité de producteurs à organiser ce type d'actions. Et s'ils le peuvent, elles ont souvent lieu au début du mois de décembre pour avoir le champ libre lors de la préparation des commandes. Par exemple, Au Palais fermier, il y a bien eu une dégustation de boudins fermiers en décembre, non pas parce qu'une animation de Noël était planifiée mais « parce que chaque mois, un producteur présente ses produits. C'est bien tombé ce mois-ci », raconte l'employée du magasin. A l'inverse, la dégustation du mois de janvier est le chapon... un peu tard pour la période. « C'était compliqué de la gérer pour le producteur en décembre, alors on l'a décalée », justifie-t-elle. Mais le carnet de commandes est aussi un atout marketing. Certains magasins offrent par exemple le contenant et le client peut composer à sa guise son coffret cadeau. D'autres proposent directement des coffrets à la vente. Le Palais fermier est en plus sollicité par les communes pour préparer les coffrets de Noël des personnes âgées qui ne peuvent pas se rendre au traditionnel repas de Noël. Enfin, le 24 décembre peut aussi faire partie de la stratégie : dans la plupart des magasins du département, les producteurs seront présents jusqu'à la dernière heure pour répondre aux dernières questions culinaires et emballer toutes les commandes et coffrets. Une manière, pour le producteur, de soigner son image de marque, garant de qualité.

Virginie Montmartin