Les propriétaires-bailleurs acteurs de l'installation
En présentant deux listes aux élections des membres de la chambre d'agriculture de l'Isère, les propriétaires-bailleurs rappellent que le scrutin n'est pas une simple formalité. « C'est une manière d'occuper le terrain et de mesurer notre implantation, estime Jean-Paul Prudhomme. Propriétaire à Saint-Quentin-Fallavier, le titulaire de la liste présentée par la FDSEA et les JA de l'Isère souligne que ces élections consulaires « permettent de définir la représentativité de tel ou tel acteur dans les tribunaux paritaires et les instances décisionnelles », comme la commission départementale d'orientation de l'agriculture (CDOA) ou celle en charge de la préservation du foncier (CDPENAF).
Participer à la gestion de l'espace
La liste annoncée sous l'étiquette Avançons ensemble les pieds sur terre ne se présente pas les mains vides. Elle affiche sa volonté de défendre « une ruralité dynamique », corollaire d'« une agriculture rénovée et innovante ». L'enjeu n'est pas mince. « On assiste aujourd'hui à une multiplicité de structures de décision, à des créations d'intercommunalités de plus en plus grandes, où la parole des propriétaires ruraux n'est pas ou peu reconnue, regrette Jean-Paul Prudhomme. A chaque fois, la collectivité prend des décisions concernant la gestion de l'espace, sans trop de concertation, que ce soit par exemple pour la renaturation des rivières, la gestion des zones inondables ou la création de zones d'expansion des crues. Si l'on veut que la collectivté fonctionne correctement, nous devons tous partager les mêmes prérogatives ! » Le candidat FDSEA-JA propose donc que les propriétaires ruraux soient représentés dans chaque intercommunalité et qu'ils soient « présents à chaque fois qu'il y a des décisions d'aménagement, et ce dans l'esprit de préserver des espaces ruraux équipés et organisés ». Il en profite pour dénoncer le nouvel organigramme qui aboutit à la perte d'un représentant des propriétaires ruraux au sein de la chambre d'agriculture, alors que ceux-ci participent au financement de l'organisme consulaire.
Relations constructives
Tout en faisant siens les mots d'ordre nationaux (1), Jean-Paul Prudhomme précise que l'enjeu de ces élections dépasse la seule sauvegarde des intérêts des propriétaires ruraux. Selon lui, il s'agit aussi de réunir les conditions assurer le renouvellement des générations, autrement dit pour « installer des jeunes sur des exploitations rentables », ce qui passe par l'établissement de « relations constructives » entre propriétaires et fermiers. Pour ce faire, il propose de développer « une charte de bonnes relations entre bailleurs et fermiers », basée sur les intérêts réciproques de chacun. Cette charte, proposée à la signature du bail, serait « le pivot de l'engagement des propriétaires ruraux pour la défense de l'agriculture, de l'installation et du renouvellement des générations ».
MB
(1) Prise en compte des intérêts des propriétaires en cas de mise en place de contraintes environnementales ; diminution des impôts fonciers ; exonération d’impôt des terres louées à bail sur la fortune immobilière et de droit de mutation, comme pour les biens professionnels hors agriculture ; refonte du statut du fermage ; contrôle des structures et protection de la terre « comme une ressource rare ».